Etats Unis : Trump affaibli, les réformes économiques menacées

Etats Unis : Trump affaibli, les réformes économiques menacées

Etats Unis : Trump affaibli, les réformes économiques menacées

 Lâché par les patrons, le président américain est de plus en plus isolé. Les réformes économiques promises sont menacées.

L’avenir des projets économiques de Donald Trump s’assombrit encore. Le président américain n’a pas pu mettre en place son programme depuis son arrivée au pouvoir et cela ne risque pas de changer si son isolement se confirme.

Après ses propos sur Charlottesville, de nombreux chefs d’entreprise l’ont lâché. Et les deux conseils consultatifs dans lesquels ils siégeaient ont été dissous. Les efforts pour tisser des liens avec les milieux économiques, très critiques à l’encontre de Trump durant la campagne, sont donc anéantis.

Et c’est désormais Gary Cohn qui est au coeur des conversations. Le conseiller économique de la Maison-Blanche, ancien dirigeant de Goldman Sachs, est la cible d’attaques permanentes au sein même de l’administration Trump, en particulier de Steve Bannon, l’ancien président du site d’informations d’extrême droite Breitbart News, devenu conseiller de la Maison-Blanche. Gary Cohn, présent lors de la conférence de presse de mardi durant laquelle Trump a refusé de condamner explicitement les groupes suprémacistes, se déclarerait en privé « dégoûté » par ces propos, selon le « New York Times ».

Les rumeurs sur sa démission se sont multipliées ces dernières heures. « Gary a l’intention de rester à son poste en tant que directeur NEC (conseiller économique national) à la Maison blanche. Rien n’a changé », a cependant déclaré un de ses proches, interrogé jeudi par Reuters. Son départ serait un véritable séisme : Cohn ferait alors une croix sur la Fed, alors qu’il était pressenti pour présider la Réserve fédérale américaine, le mandat de Janet Yellen arrivant à son terme en février. Et, surtout, il représente pour beaucoup le dernier lien entre la Maison-Blanche et les marchés. « S’il part, les marchés vont s’effondrer », a ainsi prédit sur CNBC Jeffrey Sonnenfeld, professeur à Yale. Gary Cohn est en effet vu comme le seul à même de mener la grande réforme fiscale promise par Donald Trump. Celle-ci doit notamment abaisser le taux de l’impôt sur les sociétés de 35 à 15 %, y compris pour les commerçants et les professions libérales, imposés aujourd’hui jusqu’à 40 %. « Gary Cohn est l’un des meilleurs aujourd’hui, dans l’administration. Il est essentiel dans les projets d’infrastructures et de réforme fiscale », juge pour sa part le républicain John Engler.

Juste après la conférence de presse de mardi, Gary Cohn assurait encore à des journalistes que la réforme fiscale pourrait être présentée cet automne. Mais celle-ci fait débat dans l’entourage du président, notamment en raison de son coût. Pour de nombreux observateurs, la promesse de cette grande réforme est la principale raison de la bonne forme des marchés depuis la prise de fonctions de Trump. Si elle échoue, la tendance pourrait se retourner violemment. Enfin, au niveau politique, la cassure avec le Parti républicain pourrait être définitive en cas d’échec dans ce domaine, alors que les soutiens de Trump y sont de plus en plus rares.

Les autres projets de la Maison-Blanche sont aussi dans l’impasse. Les chantiers concernant les infrastructures, objet, à l’origine, de la fameuse conférence de presse de mardi, ont été relégués au second plan. Les annonces qui y ont été faites étaient de toute façon mineures.