Algérie : Emmanuel Macron veut « tourner la page du passé »

Algérie : Emmanuel Macron veut « tourner la page du passé »

Algérie : Emmanuel Macron veut « tourner la page du passé »

Le chef de l’Etat a rencontré les autorités, mais également des représentants de la société civile. Les relations économiques et le terrorisme étaient au cœur de la visite. Le président français Emmanuel Macron était très attendu sur nombre de questions souvent soulevées dans les relations entre la France et l’Algérie.

« Vous êtes bloqué, je ne le suis pas. Ne me posez pas les questions d’il y a vingt ans. » Fidèle à sa réputation, Emmanuel Macron a éconduit le journaliste qui l’interrogeait sur ses différences avec ses prédécesseurs et tentait de le ramener en arrière. « C’est une histoire nouvelle qui s’écrit » entre la France et l’Algérie, a renchéri le président de la République lors de la conférence de presse qui a clos, mercredi 6 décembre, sa première visite officielle dans ce pays du Maghreb depuis son élection.

Se construire sans le poids du passé

Selon lui, les jeunesses des deux pays doivent pouvoir se construire « avec le goût de l’avenir » sans regarder un « passé qu’elles n’ont pas connu ». « Je veux que la jeunesse française issue de l’immigration ou nouvellement arrivée ait envie de réussir en France, qu’elle ait sa part d’identité culturelle, religieuse et historique. (…) Je veux qu’il y ait une jeunesse en Algérie qui regagne son pays en disant : Je veux faire de l’Algérie de demain un très grand pays qui rayonne sur la Méditerranée », a-t-il déclaré. « J’ai envie qu’on crée ici de l’activité économique et de l’entrepreneuriat là où nous avons parfois comme des blocages ou des relations qui sont encore déterminés par le passé. C’est pour cela que je suis venu aussi avec des entrepreneurs », a-t-il ajouté.

« Un visa pour la France, ce n’est pas un projet »

Aux jeunes Algériens qui rêvent d’obtenir un visa pour la France, Emmanuel Macron répond que la « France peut être une étape, mais pas un objectif ». « Avoir un visa pour la France n’est pas un projet. (…) La France elle-même a un immense travail d’intégration et de construction de sa vie économique », a indiqué le président français, qui souhaite des partenariats entre les établissements universitaires des deux pays. « Il faut que la France vienne développer aussi des filières académiques d’excellence en partenariat avec les universités algériennes. (…) Je veux des jeunes qui ont envie de réussir ici, qui réussissent ici et qui montrent l’exemple », a-t-il insisté.

« Il faudrait moderniser l’économie algérienne »

Interrogé sur le peu d’engouement des investisseurs français pour le marché algérien, Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté d’encourager les entreprises françaises à venir investir en Algérie, tout en rappelant les contraintes rencontrées dans le pays. « Nos entreprises doivent venir investir en Algérie. Mais il faudrait aussi qu’il y ait un cadre d’investissements plus ouvert et plus protecteur pour toutes celles et tous ceux qui viennent sur ce marché. Il faudrait moderniser aussi l’économie algérienne pour les Algériens qui entreprennent et pour les étrangers qui sont prêts à venir entreprendre », a estimé le président français, qui a évoqué notamment le contrôle des changes qui reste « très contraignant », selon lui. « Je souhaite aussi qu’il y ait des Algériens qui puissent davantage investir en France parce que vous avez de grands entrepreneurs. M. Rebrab a, par exemple, racheté des marques françaises, des structures et des entreprises en France. Je m’en félicite. Il faudrait qu’il y en ait d’autres puisque le marché français doit être ouvert au marché algérien », a-t-il dit.

Que restera-t-il de ce voyage d’amitié et de travail au détour du style qu’y a introduit le président français. Attendons de voir comment la partie algérienne va réagir sur le terrain.

                                                                                                                              Grogne d’Afrique