Bénin : Quand la femme d’un inspecteur des douanes se met au-dessus de la loi

Bénin : Quand la femme d’un inspecteur des douanes se met au-dessus de la loi

Voilà qui vient contredire le semblant de lutte contre la corruption à coup de matraquage médiatique, sous le gouvernement Talon, le gouvernement de la « rupture » ! Des proches des haut-gradés de l’administration Talon qui se placent au-dessus de la loi. Le cas le plus récent est celui de la femme d’un inspecteur des douanes qui se fait délivrer de fausses quittances pour importer ses marchandises.

Elle s’appelle Adeline. Epouse d’un inspecteur de la douane béninoise. Elle est responsable de  l’Ets Oc spécialisé dans la vente de pièces détachées et consommables  électroniques. Très connue à la frontière entre le Bénin et le Nigéria, surtout des douaniers. Pour faire passer ses marchandises, elle a un label : le nom de son mari, le très influent inspecteur des douanes (dont nous taisons le nom dans ce premier article).

Pour une importation d’une valeur de plus d’un million de F CFA par exemple, cette dame peut obtenir, non sans la complicité des douaniers véreux qui opèrent sur cette frontière, une quittance allant jusqu’à moins de deux cent mille. Selon un collaborateur (civil) de la douane béninoise à la frontière de Sèmè, « des instructions sont données sur tout le circuit jusqu’à la sortie de Porto-Novo pour qu’elle  ne soit pas du tout inquiétée ». Tout le monde se met au garde-à-vous au passage de ses marchandises, pour tout dire.

Sur le marché intérieur béninois, cette femme d’inspecteur des douanes écrase toute concurrence. De quoi provoquer l’indignation et la colère chez des commerçants intervenant dans le même secteur qu’elle. « Lorsque tu veux parler, on te dit que c’est la femme de l’inspecteur. C’est cela la rupture sous l’ère Patrice Talon », s’est indignée Sévérine, responsable d’une société de vente de consommables électroniques à Cotonou.

On se demande à quoi sert concrètement le Programme de Vérification des Importations mis en œuvre tambours battants pour lutter contre le phénomène de la corruption devenue presque une pathologie sous le gouvernement dit de la rupture incarné par Patrice Talon lui-même loin d’être un modèle, car confondant l’Etat avec ses affaires privées. En tout cas, en attendant,  le Directeur Général de la Douane, Charles Sacca Boco, est interpellé sur le cas Adeline.