Burkina: fin de l’audition de Gilbert Diendéré dans le procès du putsch manqué

Burkina: fin de l’audition de Gilbert Diendéré dans le procès du putsch manqué

Au Burkina Faso, l’interrogatoire du présumé cerveau du coup d’Etat manqué de septembre 2015 est arrivé à son terme. Le général Gilbert Dienderé qui a rejeté toutes les accusations a réitéré dans ses mots de fin d’audition, devant la Chambre de jugement du tribunal militaire, qu’il « continue de regretter les morts, les blessés et les dégâts matériels », à la suite du coup de force. L’ex-chef d’état-major particulier de Blaise Compaoré demande aux Burkinabè de tourner cette page sombre de l’histoire du pays.

Après treize jours d’interrogatoire, général Gilbert Diendéré a remercié le tribunal de lui avoir permis de s’expliquer, car, souligne-t-il, tel était son objectif en venant à ce procès. Et pour ses avocats, le parquet militaire n’a pas pu produire les preuves pour appuyer les infractions retenues contre l’ex-chef d’état-major particulier de Blaise Compaoré.

« Ils n’ont pas pu, sur une seule infraction, apporter la moindre preuve. [Comme] vous avez suivi, c’est des allégations. S’ils avaient [eu] les preuves, en trois jours, on avait fini. Sur les 80 personnes poursuivies, on ne sait pas qui a fait le putsch », estime maître Mathieu Somé.

Dans son mot de fin, le général Gilbert Dienderé a réitéré sa demande de pardon aux victimes, parents des victimes et au peuple burkinabè. Il a également souhaité que les Burkinabè tournent définitivement cette page sombre et douloureuse de leur histoire.

Pour maître Prosper Farama, l’un des avocats des victimes, cet appel n’est pas sincère : « Ce que je ne comprends pas et qui me paraît tout à fait inconséquent, c’est quand dans le même temps il vous dit -sur la question de savoir est-ce qu’il pense que exécuter un ordre par rapport à réaliser un coup d’Etat, est-ce légal ou illégal-, il vous dit : moi, en tant que général, je ne sais pas.

Cela veut dire très simplement que le général n’a pas encore tourné la page dans son esprit. Sur le fait que le coup d’Etat, le putschisme, doit être banni des pratiques de ce pays ».

A la fin de son interrogatoire, le général Gilbert Dienderé a serré les mains de tous les avocats des victimes et de la défense, avant de regagner sa place parmi les accusés.