Burkina: Le sucre et l’huile ont du mal à se vendre, les industriels s’inquiètent  

Burkina: Le sucre et l’huile ont du mal à se vendre, les industriels s’inquiètent  

C’est une situation assez inquiétante pour le marché du sucre et de l’huile. Environ 20 000 tonnes chiffrées à 10 milliards de francs CFA et 15 000 tonnes de sucre sont actuellement stockées dans les magasins attendant de trouver acheteur. Chez les industriels burkinabè, ce sont les grincements de dents.

La quantité d’huile encore stockée dans les magasins des huileries du Burkina Faso représente environ huit mois de la consommation nationale. Et au niveau du sucre, environ 15 000 tonnes cherchent des acheteurs. Selon le groupement professionnel des industriels, cette situation est due à l’importation frauduleuse d’huile et de sucres. « Personne n’a de précisions sur la quantité d’huile importée par les commerçants à ce jour au Burkina Faso », s’exclame un membre du groupement. Il y a aussi les unités clandestines de production qui inondent les marchés d’huile impropre à la consommation.

« Depuis 30 ans que je travaille dans les industries du pays, je n’ai jamais vu une telle morosité », se plaint le directeur commercial d’une huilerie. Et si rien n’est fait dans l’urgence, de nombreuses industries fermeront leur porte, avec comme conséquence la mise au chômage technique de milliers de travailleurs, poursuit notre interlocuteur.

Vu l’urgence de la situation, le chef du gouvernement a instruit le ministre du Commerce à entamer dès demain mardi des discussions avec le groupement professionnel des industriels. Harouna Kaboré, le ministre du Commerce, rassure déjà, au micro de RFI, que des brigades mobiles sont en action depuis le mois de mai, en vue de démanteler les unités artisanales de fabrique d’huile.

Quant au combat contre la fraude et le concurrence déloyale, les discussions avec les industriels permettront de proposer des solutions concrètes, précise le ministre du Commerce.