Décret Trump sur l’immigration: la résistance s’organise

Décret Trump sur l’immigration: la résistance s’organise

Des juges fédéraux ont annulé certaines dispositions du décret signé par Donald Trump sur l’immigration, certains procureurs généraux réfléchissent à la manière de le contourner, tandis les associations de droits civiques commencent à intenter des procès. Dans la rue, la mobilisation ne faiblit pas.

Plusieurs juges fédéraux ont pris des décisions interdisant l’expulsion des détenteurs de visas, concernés par les décrets présidentiels. Les ressortissants des sept pays visés par le texte qui arrivent sur le sol américain ne peuvent être renvoyés avant examen de leur dossier, ils doivent avoir accès à un avocat, et ne peuvent être détenus, affirment-ils.

Par ailleurs, l’entrée aux Etats-Unis ne peut être refusée aux porteurs de carte verte. Ces citoyens peuvent toutefois être soumis à un « interrogatoire approfondi » à leur arrivée ou avant leur départ. La Maison Blanche maintient sa position : « l’entrée aux Etats-Unis n’est pas un droit », explique un porte-parole.

Un décret contradictoire à la Constitution ?

Pour les réfugiés, les Syriens et les autres, rien de changé malgré les décisions des juges. Idem pour les voyageurs des sept pays concernés qui avaient fait une demande de visa, visa qui leur sera refusé. Des procureurs de plusieurs Etats étudient enfin les moyens d’attaquer plus avant le décret : le titre du texte par exemple – « protéger les Etats-Unis contre le terrorisme international » – qui équivaudrait à un verdict sans procès pour les nationalités visées, en contradiction avec la Constitution.

Les procès se multiplient. Le Conseil des relations américano-islamiques va déposer plainte pour discrimination religieuse, son porte-parole Ibrahim Hooper l’a annoncé. « Trump a dit : « les Syriens qui sont chrétiens pourront entrer, les Syriens musulmans n’entreront pas ! » Ce sont les mots qui sortent de sa bouche. Il dit que c’est une discrimination religieuse », explique-t-il.Dans un communiqué ce dimanche, Donald Trump s’est défendu de toute discrimination religieuse, affirmant que son décret n’était pas une « interdiction visant les musulmans ». « Cela n’a rien à voir avec la religion, il s’agit de terrorisme et de la sécurité de notre pays », a-t-il répété, accusant de nouveau les médias de rapporter de fausses informations.

Les manifestations continuent

Les New-Yorkais ont remporté une première victoire judiciaire, samedi 28 janvier au soir, avec l’ordonnance d’une juge de l’Etat qui a demandé de bloquer les expulsions pour tous les ressortissants des sept pays bannis et qui disposaient de papier en règle. Mais ce n’est qu’un sursis, rappellent les associations de défense des droits civils. Une nouvelle action en justice doit se pencher, le mois prochain, sur la constitutionnalité du décret.

En attendant, il faut maintenir la mobilisation, faire pression, user du contre-pouvoir de la rue pour annuler ce décret, disent les manifestants. Dans les faits, entre la signature de ce texte vendredi 27 par le président Trump et aujourd’hui, 109 personnes ont été retenues par les services des douanes. Quatre-vingt-une d’entre elles ont été libérées selon les chiffres fournis par la Maison Blanche. Ce sont pour ceux qui restent que les New-Yorkais prévoient de battre le pavé à nouveau, jusqu’à Federal Plaza où se trouvent les bureaux traitant des affaires migratoires.

New York, bastion démocrate, veut être aux avant-postes de cette mobilisation contre le décret. Eric Schneiderman, procureur de New York, a par exemple promis de faire tout ce qui était en son pouvoir pour le faire annuler.

Les élus républicains restent plus que discrets. Le leader de la majorité conservatrice au Sénat Mitch McConnell assailli de question, estime dans une déclaration sibylline que les tribunaux feront leur travail.