GABON: Défense des droits de la Femme au Gabon

GABON: Défense des droits de la Femme au Gabon

Sidonie Flore Ouwe toujours dévouée à la cause

 

Mme Sidonie Flore Ouwe est ce qu’il convient d’appeler « l’avocate de la Femme gabonaise ». Sa plus grande empreinte, c’est sans doute l’initiative dénommée « Salon de la Femme » prise il y a deux ans. L’ancienne Procureur de la République ne tarit jamais d’inspiration quand il s’agit de faire parler ses compétences pour défendre ses congénères.

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A l’occasion de l’édition 2018 du « Salon de la Femme de cette année, Mme Sidonie Flore Ouwe a parlé du concubinage, de l’union libre et du mariage coutumier, avec l’œil de la femme de loi. Mais ce n’est pas tout. Dans un entretien accordé à Grogne d’Afrique, elle parle de l’article 422 du code civil gabonais relatif à la situation de la femme mariée. A l’en croire, cet article permet à la femme mariée de demander le divorce si elle apprend que son époux a fait un enfant hors foyer. L’enfant né de ces relations, bien que reconnu par son géniteur, est adultérin et ne saurait intégrer le foyer conjugal de son père sans le consentement de la femme légale, a-t-elle ajouté. Cette vidéo, selon les témoignages, a éclairé beaucoup les lanternes.

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On le sait, sur le plan de la défense des droits de la femme, une initiative porte plus son empreinte : le « Salon de la Femme ». Créé le 14 février 2017, le « Salon de la Femme » se veut un lieu unique de partage et d’écoute pour faire reconnaître et respecter au Gabon les droits des femmes. C’est un lieu de rencontre conçu comme le salon d’une maison où les Gabonaises de tout âge et de toutes conditions viennent échanger entre elles, s’entraider pour faire face à des situations difficiles et trouver une assistance juridique pour résoudre leurs problèmes. Mme Sidonie Flore Ouwe reçoit ainsi tous les mercredis et samedis après-midi, au Salon une quinzaine de femmes pour les écouter, venir en aide aux plus vulnérables et tenter de résoudre des cas précis.

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Cette initiative, voici quelque temps qu’elle est tenue et elle produit des effets positifs sur la situation de la femme gabonaise. Mais c’est seulement grâce aux investissements personnels et au dévouement de dame Sidonie Flore Ouwe. Pas d’accompagnement pour cette action pourtant noble. Même le ministère de tutelle dénommé de la Décennie de la Femme ne croit pas devoir soutenir l’initiative. Les organisations internationales ou représentations diplomatiques accréditées au Gabon, souvent perceptibles à ces problématiques sous d’autres cieux, y sont aussi curieusement indifférentes. Vivement que le ministère de tutelle et ces institutions se sentent concernées et mettent la main à la poche pour la pérennité de cette initiative. C’est la Femme gabonaise qui s’en porterait mieux, et par-delà, la cité entière, avec cette conviction qu’une femme instruite ou mieux formée est un atout majeur pour la société et un facteur de développement.

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Nul n’est prophète chez soi, dit-on. Cet adage se vérifie dans le cas de Sidonie Flore Ouwe. Pendant que son initiative est méprisée au Gabon, du moins ne suscite pas l’accompagnement nécessaire, elle séduit à l’extérieur. L’ancienne Procureur de la République était déjà sollicitée en Côte d’Ivoire pour partager son expertise en matière de problématique de la femme. Aujourd’hui, c’est le Maroc qui la sollicite. En effet, Mme Sidonie Flore est l’invitée spéciale du Roi Mohamed IV en novembre prochain, en spécialiste, pour une conférence de haut niveau. Comme quoi, les compétences sont toujours reconnues.

Prosper AKPOVI