GABON : « Salon de la Femme » Sidonie Flore Ouwe encore au chevet de la Femme

GABON : « Salon de la Femme » Sidonie Flore Ouwe encore au chevet de la Femme

GABON : « Salon de la Femme », édition 2018

Sidonie Flore Ouwe au chevet de la Femme

C’est devenu une tradition au Gabon, au mois d’avril a lieu le « Salon de la Femme ». L’événement de promotion des droits de la gente féminine a encore lieu cette année autour d’un programme riche en activités. Et à l’œuvre pour cette noble tâche, l’infatigable battante et avocate de la Femme gabonaise, Sidonie Flore Ouwe. Une dame à la tête bien pleine, mais aussi de cœur.

Au menu du « Salon de la Femme » cette année

Le programme concocté pour cette édition a commencé à être déroulé depuis le lundi 16 avril, et ce jusqu’au vendredi 20 avril (aujourd’hui, Ndlr). Cinq (05) jours d’activités en tout. Le programme est fait essentiellement d’animations de stands, de formations sur des thématiques diverses concernant la femme ainsi que d’un diner de gala.

Le « Salon de la Femme », ce sont aussi et surtout des formations sur différentes thématiques. Mardi, c’est le thème « Le chemin à parcourir pour entreprendre » qui a retenu l’attention. Exposé par Mme Ndjave Ndjoye Cecilia, ce thème a été marqué par diverses séquences dont des interventions de femmes sur les difficultés rencontrées dans l’entrepreneuriat, des remises de projets, des interventions de financiers assorties d’offres de financement de projets.

Cette journée de lancement de l’after-work à l’Oasis des Princes à Libreville a connu la visite de la ministre auprès du Premier ministre en charge de la Décennie de la femme, Mme Chantal Mboumba Louey. Après avoir suivi l’exposé, elle  a fait le tour des stands et échangé avec les différentes exposantes sur les difficultés qu’elles rencontrent au quotidien dans l’exercice de leurs activités.

Mercredi, les femmes ont été entretenues sur « La reconnaissance de paternité et ses effets ». Et cette présentation a été assurée par Sidonie Flore Ouwé elle-même. Après l’exposé, elle a été confrontée aux questions du public à majorité féminine et ses réponses ont été satisfaisantes.

« Que doit faire la femme après la mort de son mari ? (L’ouverture de succession) », c’est la question qui a meublé la plateforme du jeudi 19 avril. Cette thématique a été encore assurée par la patronne du « Salon de la Femme », Sidonie Flore Ouwe.

La troisième grande partie de cet événement et servant d’apothéose est le diner de gala programmé ce vendredi 20 avril. Au cours de la soirée, sont prévus des prestations de théâtre et des témoignages.

Du « Salon de la Femme »

Le « Salon de la Femme » a été créé le 14 février 2017, jour de la Saint-Valentin par Sidonie Flore Ouwe. Il est conçu comme un salon d’une maison où les femmes de tout âge et de toutes conditions vont échanger entre elles et s’entraider pour pouvoir affronter des situations délicates de la vie. « Nous n’avons jamais battu le pavé pour revendiquer nos droits, mais nous nous regroupons entre femmes pour faire avancer des idées sur des sujets sensibles, avoue-t-elle. Tous les mercredis et samedis après-midi, par exemple, je reçois au Salon une quinzaine de femmes pour résoudre gracieusement des cas concrets et venir en aide aux plus vulnérables ».

Le but du « Salon de la Femme » et de ses rencontres « after work », à en croire ses initiateurs, est d’identifier tous les textes de loi qui mettent en exergue les droits des personnes vulnérables, puis vulgariser les droits de la femme gabonaise pour que les lois en vigueur soient accessibles et compréhensibles par tous.

 Le « Salon de la Femme » a bénéficié de la collaboration de plusieurs associations féminines et ensemble, ils ont lancé le 10 mars dernier des actions concrètes en faveur des droits de la femme. Ces activités tournent autour de questions importantes comme la problématique de la dot pour les mariages coutumiers (officiellement interdite par la loi du 30 mai 1963 mais toujours pratiquée) ;  les violences faites aux femmes ; les « dépenses intelligentes », un concept visant à aider les femmes à mieux gérer leur argent ; et l’autonomisation des femmes consistant à les aidant, surtout en milieu rural, à initier des AGR (Activités génératrices de revenus) qui leur permettent de mieux se prendre en charge.

Sidonie Flore Ouwé, une tête et un cœur

Qui dit « Salon de la Femme », dit Sidonie Flore Ouwe. Une femme à la tête bien faite, bien pleine, mais aussi de cœur. Juriste de formation, elle a occupé plusieurs hautes fonctions au Gabon. Sidonie Flore Ouwé fut pendant 5 ans Procureur de la République. Affectée en 2004 au Parquet de Libreville, ses compétences l’aideront à gravir très rapidement les échelons de la hiérarchie judiciaire. Elle fut nommée Procureur adjoint de la République en 2011, puis Procureur près le Tribunal de Libreville, avant d’être chargée de la délinquance économique et financière près le Tribunal spécial créé tout spécialement pour s’attaquer à ce fléau.  Elle se fera aussi nommer Présidente de la Cour d’appel judiciaire de Libreville, une première pour une femme au Gabon. Qualifiée de « forte tête » pour sa rigueur pour le respect des droits, elle est faite en 2016 Directrice générale des Affaires administratives au ministère de la Justice, avant d’être nommée en 2017 Directrice de la Formation continue à l’Ecole Nationale de la Magistrature.

Sidonie Flore Ouwe, c’est aussi une femme de cœur. Ses compétences et sa brillante carrière n’ont pas tué en elle l’humanisme. Elle les a plutôt mises au service des œuvres sociales en faveur de la femme gabonaise et des démunis en général. Avec le concours de sa sœur ainée Clarisse, elle s’engage dans le mouvement associatif en 2002 pour venir en aide aux femmes en détresse et aux enfants maltraités, avec des consultations juridiques gratuites initiées à leur profit. «C’était très prenant mais aussi réconfortant, car de petits délinquants m’appelaient ‘Maman’ pour ne pas aller en prison (…) J’ai puisé cette passion pour venir en aide aux enfants des rues ou aux jeunes défavorisés dans l’exemple de ma mère Marcelline, qui ne supportait pas de laisser autour d’elle des gens dans le besoin», justifie-t-elle. Son crédo, « résoudre des cas concrets pour venir en aide aux plus vulnérables », « apporter une assistance juridique aux gens qui en ont le plus besoin »…

                                                                                                                                                                               Prosper A.