GABON / Santé du Chef de l’Etat: Le cache-sexe de la bérézina électorale de l’opposition

GABON / Santé du Chef de l’Etat: Le cache-sexe de la bérézina électorale de l’opposition

LES MAINS NOIRES ET LES MOTIVATIONS CACHEES

 

Etat de santé du Chef de l’Etat Ali Bongo. C’est le sujet qui fait le chou gras d’une certaine presse. La chose est présentée comme la nouvelle du siècle. Une campagne d’intoxication grandeur nature est organisée et participe à semer une véritable psychose au sein de l’opinion. La Présidence de la République a beau démentir, preuves à l’appui,  mais rien n’y fit. Mais ce que le commun des Gabonais l’ignore sans doute, c’est que cette intoxication est loin d’être fortuite. Derrière cette surenchère autour de l’état de santé du Président de la République, se trouvent des pontes de l’opposition qui poursuivent un objectif bien précis.

La Présidence a beau démentir

Tout a commencé le 25 octobre avec un tweet d’un journaliste du Washington Post alléguant le décès du Chef de l’Etat gabonais Ali Bongo. Comme un feu de paille, ces allégations ont pris de l’ampleur en milieu de semaine passée, en marge du sommet extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) à Ndjamena au Tchad. Elles se sont amplifiées, obligeant la Présidence de la République à rompre le silence. Et à cet exercice salutaire pour contrer ces manœuvres manifestes de déstabilisation du Gabon et sauver la paix civile menacée, un homme de compétence, Ike Ngouoni Aila Oyouomi.

Profitant de sa conférence de presse à Libreville, à la veille du second tour des élections législatives ce samedi 27 octobre, le porte-parole du Chef de l’Etat a tenté de tuer dans l’œuf ces rumeurs. « Tout ça est totalement faux et ça fait partie des nombreuses rumeurs qui animent la toile comme d’habitude, mais je puis vous assurer qu’il n’en est rien », a-t-il déclaré, et d’ajouter : « Les médecins ont estimé qu’il lui fallait prendre du repos (…) Franchement rien de grave. Une fatigue passagère due à l’intense activité qu’il a menée ces derniers mois, comme chacun a pu le voir à la fois sur le plan diplomatique mais aussi sur le chantier des reformes ». Ike Ngouoni Aila Oyouomi est revenu à la charge le lendemain dimanche 28 octobre, au travers d’une conférence de presse formelle sur le sujet, avec d’amples détails. Il a rassuré que le Chef de l’État va mieux, qu’il se repose à Ryad en Arabie Saoudite, entouré des membres de sa famille et surtout appelé les Gabonais à « redoubler de vigilance face à la propagation de fake news ».

Mais tous ces efforts n’ont manifestement pas étouffé ces rumeurs. Et cela, Bertin Koovi, psychologique de la communication, consultant en communication politique pour le Président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, en râle. « Qui n’est jamais tombé malade ? Il est souvent dit que les hommes naissent égaux en droit ; mais j’ai toujours pensé que nous naissons plutôt égaux devant la maladie. Il est malsain de voir des Africains s’adonner à cette besogne maladroite qui veut laisser croire que le Président gabonais est mort. A imaginer même que cela soit vrai, est-ce que c’est en ces termes que nous devons parler de la mort de notre prochain ? Dites-moi, vous croyez qu’Ali Bongo mort, RFI, France 24 et j’en oublie, se priveraient d’annoncer le scoop ? Non, Ali Bongo n’est pas mort ! Malade, certainement ; mais il n’y a pas de faute à tomber malade (…) », fulmine l’homme, par ailleurs docteur en Economie fondamentale et ancien candidat à l’élection présidentielle de février-mars 2016 au Bénin, et de lancer cet appel : « Maintenant ca suffit ! Laissez-le récupérer, vaquez à vos préoccupations, pensez à votre santé à vous, parce que comme je vous le dis, nous sommes égaux devant la maladie ».

Les motivations de l’intox

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La santé (ou la maladie) d’un homme ne devrait pas réjouir, même si l’on se trouve sur le terrain politique. Mais ces rumeurs, il faut le constater, font particulièrement la joie d’un courant politique. Elles font les choux gras de certaines chapelles politiques de l’opposition où on sabre déjà du champagne, loin des yeux et des oreilles indiscrets, pour célébrer la mort du Chef de l’Etat. Mieux, elles sont alimentées à travers des réseaux connexes. S’il y a une formation politique qui s’intéresser le plus à la question, c’est l’Union Nationale de Zacharie Myboto. Le communiqué rendu public ce lundi 29 octobre par ce parti d’opposition ayant  subi la plus forte déroute lors des élections législatives et locales d’octobre (avec seulement 5 candidats qualifiés pour le second tour des législatives, contre huit pour le RHM et 13 pour Les Démocrates) est assez illustratif. Mais cette attitude a bien des motivations cachées : détourner l’attention de l’opinion de la bérézina électorale de l’opposition.

En effet, le Gabon vient de sortir d’élections couplées législatives et locales, des scrutins remportés haut les mains par le Parti démocratique gabonais (PDG) du Président Ali Bongo. Le second tour des législatives tenu samedi dernier n’aura été que simple formalité, le parti au pouvoir ayant déjà remporté la majorité absolue des 143 sièges. L’actualité devrait être marquée par le débat sur les résultats, le contentieux électoral. Mais l’autre grande information de ces scrutins, c’est aussi la débâcle de l’opposition. Et c’est ce que l’on tente de noyer dans une diversion bien organisée.

« Les seigneurs de l’opposition ont appelé au boycott. Mais on le sait, ce ne sont pas tous les opposants qui ont respecté la consigne. Certains ont participé à ces scrutins et ont été laminés (…) Sur le plan politique, le boycott des élections n’est jamais une solution de sagesse. Ce sont les conséquences qui seront dramatiques», confie une source, et de révéler : « Leurs militants et le peuple vont leur demander des comptes le moment venu. Mais déjà, ils doivent occuper le débat politique par quelque chose ; et ce qu’ils ont trouvé, c’est la santé du Chef de l’Etat. Ainsi ils détournent l’attention du commun des citoyens qui ne maitrise pas forcément tous les enjeux (…) C’est cynique, mais c’est aussi cela parfois la politique ».

Ceci explique donc bien cela.

Proper A.