Guinée: Sidya Touré, le Haut représentant d’Alpha Condé, jette l’éponge et s’explique

Guinée: Sidya Touré, le Haut représentant d’Alpha Condé, jette l’éponge et s’explique

C’est la fin de l’idylle entre Alpha Condé et Sidya Touré. Le Haut représentant du chef de l’Etat guinéen a présenté sa démission mardi 11 décembre. Cette démission intervient alors que la Guinée est en proie depuis plusieurs semaines à de vives tensions politiques et sociales. 

Sur son compte Twitter, Sidya Touré explique les raisons de sa démission. « Notre pays est confronté à des crises multiples », écrit-il avant de poursuivre: « Cette situation nous interpelle en tant que leader politique pour proposer des solutions qui redonnent espoir à notre peuple. Mon titre de Haut Représentant ne me permet pas de jouer ce rôle. J’ai donc décidé de démissionner de ce poste dès aujourd’hui ».

Cette démission était prévisible. En effet, l’opposant, président de l’Union des forces républicaines (UFR), qui collaborait avec le président Alpha Condé depuis trois ans, envisageait de rendre le tablier depuis déjà plus d’un an.

L’opposant déplore notamment son incapacité à « influer sur la marche des choses » que ce soit sur l’éducation, l’agriculture, la santé ou l’électricité. « Aucune des propositions que nous avons faites, ces trois dernières années, au président Alpha Condé n’a abouti », explique le président de l’UFR.

Par ailleurs, dix mois après les élections communales, certaines communes guinéennes sont toujours privées de maires. Une situation qui ne plaît pas à Sidya Touré. « Cela se fait à la carte selon le bon-vouloir du pouvoir », lâche l’ancien Premier ministre sous Lansana Conté qui dénonce également l’arrestation et l’emprisonnement de plusieurs de ses militants. « Je ne vois pas, poursuit-il, pourquoi j’aurais continué à faire semblant de cautionner cela ».

En outre, certains analystes guinéens estiment que ce départ s’expliquerait aussi par la tentation du président Alpha Condé de briguer un troisième mandat en violation flagrante de la Constitution qui limite à deux, le nombre de mandats présidentiels.