Justice: voici pourquoi Yayi Boni ne doit pas se rendre au Burkina

Justice: voici pourquoi Yayi Boni ne doit pas se rendre au Burkina

De report en report, c’est ce 29 juin que reprend le procès  de Djibril Bassolé et Gilbert Diendéré au Burkina Faso. Les deux généraux sont soupçonnés d’être les cerveaux du putsch manqué de Ouagadougou en 2015, qui avait fait 14 morts et 251 blessés. L’ancien président béninois Yayi Boni, cité comme témoin dans cette affaire, demande aux juges burkinabé de venir à Cotonou s’ils veulent l’auditionner. Et ce n’est pas sans raison. 

C’est Jeune Afrique qui donne l’information. Selon le magazine panafricain, l’ancien président du Bénin n’entend pas se rendre à Ouagadougou pour être entendu par la justice burkinabé dans l’affaire du putsch manqué de 2015 suite au renversement du pouvoir de Blaise Compaoré par la rue en octobre 2014. Alors, Yayi Boni doit-il oui ou non faire le déplacement de la capitale burkinabé? Ou est-ce le contraire qui devrait se faire?

Les autorités béninoises semblent laisser seul à son sort, l’ancien locataire du Palais de la Marina aujourd’hui membre d’une puissante coalition qui s’oppose au pouvoir de Patrice Talon. Elles ont en effet assuré qu’elles  ne feront rien qui pourrait entraver la manifestation de la vérité, à en croire Jeune Afrique. Que faut-il entendre par là? Laisser la justice du Burkina Faso venir auditionner Yayi Boni en territoire béninois? Ou faire pression pour que l’ancien chef de l’Etat soit remis aux autorités judiciaires burkinabé?

Quoi qu’il en soit, il convient de rappeler le rôle qu’avait joué Yayi Boni dans le dénouement de cette crise créée par les généraux Djibril Bassolé et Gilbert Diendéré qui voulaient restaurer le pouvoir de leur ancien mentor Blaise Compaoré.  Les présidents Yayi Boni et Macky Sall du Sénégal étaient désignés médiateurs de la CEDEAO pour régler la crise. Une mission que le Sénégalais quittera plus tôt abandonnant son homologue au front jusqu’à la victoire finale. Et c’est ce bon Samaritain que la justice veut entendre aujourd’hui en tant que témoin, tout comme Macky Sall d’ailleurs. Ce qui s’entend. Mais vouloir que Dr Yayi Boni se déplace à Ouagadougou, c’est ignorer son statut d’ancien président d’un  pays souverain et tous les avantages qui vont avec. Cela relève par ailleurs d’un manque de respect à sa fonction d’ancien chef d’Etat. Si les juges burkinabé veulent auditionner l’ancien Président de la République du Bénin, ils connaissent le chemin qui mène à Cotonou. Le contraire n’est pas possible!