Mali – France: Michel Tomi blanchi par la justice

Mali – France: Michel Tomi blanchi par la justice

C’est une affaire qui avait fait les choux gras de la presse malienne et française il y a quelques années. L’homme d’affaires français Michel Tomi  était poursuivi  pour « corruption d’agents publics étrangers», « blanchiment », « trafic d’influence ». Mais rebelote ! En juin dernier, la justice française a blanchi celui que l’on surnomme le « parrain des parrains ». Retour sur cette affaire dans laquelle est également impliqué le président malien Ibrahim Boubacar Keïta.

Dans l’une de ses chansons fétiches, le chanteur congolais Koffi Olomidé disait à juste titre que « le mensonge arrive par l’ascenseur, la vérité prend l’escalier mais finit toujours par le rattraper». Un adage qui s’adapte avec une infinie justesse à l’affaire dite « Michel Tomi » du nom de l’homme d’affaires corse.

L’affaire en question

Tout a commencé en 2014 avec l’achat de l’avion présidentiel malien. Le nom de Michel Tomi apparaîtra alors pour la première fois. Cet achat aurait été effectué grâce à  son intermédiaire.  Très vite, la justice française se saisit du dossier et à clarifier les contours des actions de Tomi qui sera mis en examen pour, notamment, corruption d’agent public étranger, abus de confiance et recel d’abus de bien social.

La justice française s’intéresse à l’origine de ses revenus et à ses relations avec Ibrahim Boubacar Keïta. Les liens avec IBK ne font alors l’ombre d’aucun doute. Le chef de l’Etat attribue même au « parrain des parrains » corse (titre qu’il a souvent rejeté), le titre « d’ami ».

Durant l’élection présidentielle, IBK a voyagé avec les avions d’Afrijet mais Michel Tomi dément avoir financé sa campagne.

Le verdict de la justice française

Il aura fallu quatre ans pour que la vérité éclate au grand jour ! En juin dernier en effet, la justice française  a prononcé un « non-lieu » en faveur de Michel Tomi, « attendu qu’il ne résulte pas de l’information (judiciaire, ndlr), charge suffisante contre » lui.

« Michel Tomi est juste victime de son succès qu’il a construit au fil des ans au prix de mille sacrifices », a commenté un des collaborateurs gabonais de l’homme d’affaires que nous avons joint au téléphone.

Quant au président malien que nous avons rencontré à Nouakchott en marge du dernier sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union Africaine,  il n’a pas souhaité commenter cette décision de la justice française qui « ne le surprend pas ».

Cette décision de la justice interroge sur les réelles motivations des personnes ayant monté cette affaire aussi grotesque que puérile. En quoi les liens d’amitié entre Ibrahim Boubacar Keïta et Michel Tomi constituent-ils un crime au point de tenir en haleine tout un peuple pendant quatre bonnes années ? De l’avis des observateurs de la vie politique malienne, il s’agit là d’un coup monté par les détracteurs d’IBK. En clair, c’est le président malien qui est visé à travers son « ami » Michel Tomi désormais lavé de tout soupçon !