Togo: Des législatives sur fond de tension, des voix s’élèvent pour exiger un report

Togo: Des législatives sur fond de tension, des voix s’élèvent pour exiger un report

Deux morts encore, plusieurs blessés et des arrestations, lundi, à Sokodé, au Togo, après les violents affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre et de défense. La tension est visible partout avec l’important déploiement des militaires qui patrouillent. Et c’est dans ces conditions que l’Union pour la république (UNIR), le parti au pouvoir et onze formations politiques s’apprêtent à aller aux élections législatives le 20 décembre prochain. Un scrutin sans les principaux partis de l’opposition togolaise regroupée au sein de la Coalition des quatorze.

La coalition de l’opposition n’entend pas lever le mot d’ordre des dix jours de manifestation lancé pour empêcher les élections. Dans un communiqué rendu public, ce lundi, la coalition des 14 partis de l’opposition demande une nouvelle fois d’arrêter la « mascarade électorale ». 

Plusieurs appels et initiatives sont pris à divers niveaux pour éviter le pire. Dernier appel en date, ce mardi matin, l’ancien archevêque de Lomé et ancien président de la Conférence nationale souveraine, Mgr Philippe Fanoko Kpodzro a estimé qu’il n’était pas conseillé, dans la situation actuelle d’organiser des élections dans la précipitation.

La société civile n’est pas en reste. Togo Debout a interpelé le secrétaire général des Nations unies lors d’un sit-in hier lundi. « Au regard de la situation de tension palpable dans le pays, a indiqué l’organisation, une action des Nations unies est la fois nécessaire et salvatrice ».

Espérance pour le Togo, pour sa part, demande pour sa part aux Togolais de ne pas accepter l’organisation de cette élection sans les réformes. Pour son premier porte-parole, le révérend père Pierre Chanel Affognon, « il n’est pas question d’organiser les élections sans les réformes ».

Samedi, deux jeunes ont trouvé la mort durant les manifestations de l’opposition. Des témoins affirment avoir aperçu Félix Kadanga, le chef d’Etat-major général des Forces armées togolaises au sein d’un pick-up pointant une arme sur une des victimes, un apprenti mécanicien âgé de 11 ans. Sur la télévision nationale lundi soir, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Yark Damehane a confirmé la présence du patron de l’armée togolaise sur le terrain pour « tester le dispositif sécuritaire » mais que c’est son garde du corps qui avait brandi l’arme.