Afrique: Expédition scientifique sur les traces du plus grand papillon

Afrique: Expédition scientifique sur les traces du plus grand papillon

Papilio antimachus, ce papillon connu également sous le nom de « grand rouge », demeure un mystère entomologique. Plus de 250 ans après sa découverte, l’œuf, la chenille et la chrysalide de ce papillon vivant dans les forêts tropicales du bassin du Congo, restent encore inconnus de la science.

Une équipe constituée de 14 personnes, menée par l’entomologiste français Philippe Annoyer, va s’établir dans la canopée de la forêt tropicale de la République centrafricaine, pour mieux connaitre « le plus grand papillon de jour du continent africain ». Le plus grand du monde (Tysania agripina) fait 3 cm de plus et vit en Guyane et au Brésil.

Documenté pour la première fois en 1782 par des scientifiques européens, on le trouve dans une dizaine de pays, de la Guinée, en Afrique de l’ouest, jusqu’à l’Ouganda, dans la région des grands lacs.

Le « grand rouge » est en danger

Toxique, on ne lui connait pas de prédateur naturel, si ce n’est l’homme qui le chasse pour le vendre aux touristes. Menacé également par la déforestation, Papilio antimachus est actuellement en danger.

Découvrir le cycle de vie de l’espèce et son mode de reproduction permettra de mettre en place un protocole de protection de son biotope, à la fois fragile et menacé.
« On en sait très peu sur ce papillon. Connaître pour mieux préserver. Nous allons essayer d’observer des oeufs, la chenille et la chrysalide, qui sont aujourd’hui inconnus », explique Philippe Annoyer, le chef de file de l’expédition qui doit commencer mi-novembre 2019 ses travaux en Centrafrique.

Malgré ses ailes rouge orangé, sur fond marron, Papilio antimachus est difficile à voir car il vole au-dessus de la cime des arbres des forêts tropicales subsahariennes.

Trois grimpeurs participent à l’expédition car une grande partie des observations se déroule à 50 mètres de haut.
« L’idée est d’élever ce papillon et le réintroduire, de protéger cette espèce comme on l’a fait en Afrique avec l’éléphant », explique l’entomologiste Philippe Annoyer.