Bénin: Les chefs d’Etat de la CEDEAO exigent des élections inclusives

Bénin: Les chefs d’Etat de la CEDEAO exigent des élections inclusives

La rencontre d’Osaka des Chefs d’Etat de l’espace CEDEAO qui a pris fin le 29 Juin dernier au Nigéria n’a pas manqué de se pencher sur la crise politique née des élections exclusives au Bénin. Entre toutes interprétations et récupérations politiques, le message des Chefs d’Etat n’a vraiment pas varié conformément à leurs intentions dès le début de cette crise. Ils l’ont martelé dans le communiqué final de leur assise à travers des recommandations dont principalement celle de rendre inclusives les élections pour la stabilité du pays et de la sous-région.

Le Nigéria a abrité le sommet statutaire des Chefs d’Etat de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) du 27 au 29 juin 2019. Sommet qui a connu la passation de charges à la tête de la communauté, d’où Mahummadu Buhari Président du Nigéria a cédé sa gouvernance à Mahamadou Issifou Président du Niger, désormais président en exercice de l’organisation sous-régionale.

Au cours de ce sommet, le Bénin qui fait ces derniers jours l’objet de toutes les attentions n’a pas manqué d’être à l’ordre du jour. Et le souci majeur de la communauté, c’est comment rétablir la paix dans ce pays dont les acquis démocratiques sont mis à mal par les dernières élections qui ont exclu l’opposition béninoise.

En clair, les dernières élections législatives n’ont toujours pas recueilli leur légitimité auprès de cette communauté qui souvent dépêche des émissaires sur le terrain pour pouvoir établir la conformité ou non des élections.

Hélas, contrairement à ce que ‘’les klébés’’ (défenseurs sur réseaux sociaux du gouvernement béninois) ont voulu distiller dans l’opinion, la CEDEAO appelle toujours à des élections inclusives.

Ceci dénote même du point numéro 1 de son adresse aux acteurs politiques du Bénin : les recommandations de la CEDEAO ; 1- Veiller à ce que tous les griefs liés aux élections soient traités de manière ‘’inclusive, légale et pacifique’’.

En français facile, la page de ce scrutin qui ne repose sur aucun fondement juridique n’est pas encore tournée.

Au contraire, la CEDEAO précise par ailleurs, les mécanismes de discussions pour pouvoir vider ce dossier dans l’intérêt du peuple béninois, qui désormais sur cette base doit veiller à ce que ces recommandations ne s’effilochent pas en cours de temps (A l’endroit de la commission de la CEDEAO : 1- poursuivre les discussions avec les acteurs béninois concernés et soutenir tous les efforts en vue de trouver des solutions pacifiques face à la situation actuelle).

Donc ne pas baisser les bras, afin que la CEDEAO poursuive son engagement par rapport aux élections inclusives. D’où la vigilance pour ne pas amener le peuple à l’essoufflement et au découragement. Le gouvernement Talon ne doit pas encore crier victoire.

Isabelle MERCIER