Bruno MINKO MI NGWA, le pied à l’étrier

Bruno MINKO MI NGWA, le pied à l’étrier

GabonBruno MINKO MI NGWA, le pied à l’étrier.

La Société gabonaise de transport (SOGATRA), c’est un secret de Polichinelle, a traversé une crise durant des années. Avec la nomination, en février 2019, comme Administrateur Directeur Général, de Bruno Minko Mi Ngwa dont les compétences ne sont plus à démontrer, un vent d’espoir a soufflé sur la société. Mais il doit faire face à une bande organisée de mafieux qui a pris en otage la boite depuis des années. Avec comme chef du réseau le PCA Alexandre Désiré Tapoyo, décidé à lui mettre les bâtons dans les roues…

Une montagne à dévaler pour le nouvel ADG

Problèmes d’ordre structurel, difficultés à payer les salaires des agents et à assurer un service optimum aux usagers, immobilisation de plusieurs dizaines de bus (à peine 40 bus sur 100 fonctionnent) …Les problèmes connus par la SOGATRA étaient énormes, dus à la mauvaise gérance des directeurs successifs. C’est de cette patate chaude qu’a hérité Bruno Minko Mi Ngwa. Le nouvel Administrateur Directeur Général devrait nettoyer les écuries d’Augias, s’occuper particulièrement de la gestion du personnel pléthorique de l’entreprise.

Autre mission de taille, lutter contre la mauvaise gestion et le copinage qui ont élu domicile à la SOGATRA et ont eu l’effet de la plomber. Il devrait surtout combattre les détournements en vogue dans la boite sous les directions précédentes, réduire les effectifs pléthoriques qui plombent le budget pour remettre la société sur les rails.

Il était évident que la tâche ne s’annonçait pas aisée pour le nouveau patron de la boite, vu que ces fléaux ont la peau dure, enracinés qu’ils sont depuis des lustres. Pour relever ce défi, le nouveau patron a besoin de la sérénité nécessaire et surtout du soutien de tous les membres du directoire. Il ne devrait surtout pas s’attendre à la fronde de ceux-là mêmes qui sont censés l’aider à relever ces défis énormes. Mais c’est bien ce qu’il vit. Parmi ses détracteurs, le Président du Conseil d’Administration Alexandre Désiré Tapoyo.

Le PCA, un véritable fléau

Alexandre Désiré TAPOYO, PCA actuel de SOGATRA

Alexandre Désiré Tapoyo se révèle en effet comme le premier obstacle à franchir, la première équation à résoudre par le nouvel Administrateur Directeur Général. Bruno Minko Mi Ngwa doit composer avec une ronce humaine, qui s’érige en frein à sa volonté de se battre et sortir la SOGATRA de l’ornière dans laquelle l’ont plongée les gestions successives précédentes. Le PCA est résolu à lui mettre les bâtons dans les rues, s’illustre plutôt comme le plus grand fléau à régler par Bruno, une véritable arête dans sa gorge.

Cette fronde a conduit Alexandre Désiré Tapoyo à saisir, en date du 7 juin dernier, le ministre des Transports, Justin Ndoundangoye, pour se plaindre de Bruno Mimko Mi Ngwa. Manque de respect, coupure des salaires des employés, voilà, entre autres griefs insignifiants mis en avant. Décidé à lui rendre la vie dure, le PCA va jusqu’à commanditer des articles à charge contre l’ADG dans la presse. Toutes choses qui ont pour effets de mettre ce dernier en difficultés. Mais ce que le commun des citoyens ne sait pas, c’est que les vraies motivations de cette fronde sont à des années-lumière des mobiles mis en avant.

Ce qu’Alexandre Désiré Tapoyo dit « Djo le Rapide » ne dit pas, c’est que la volonté de Bruno Minko Mi Ngwa de bien gérer la chose publique « gâche son marigot », ses affaires cela s’entend. En effet, les sources bien infirmées citent le PCA comme au centre d’un véritable réseau installé à la SOGATRA et qui s’emploie à détourner les fonds et les biens de la société à des fins personnelles. Exemple illustratif, son épouse qui jouit d’un véhicule flambant neuf d’un coût de 13.900.000 FCFA appartenant à la boîte.

ALPHONSE OYABI, ex Directeur Général de la SOGATRA

« Le réseau était déjà assez bien implanté. Mais l’arrivée du précédent DG Alphonse Oyabi-Gnala à la tête de la SOGATRA a été la cerise sur le gâteau. L’équipe était désormais au grand complet et avait toute la latitude de mettre à exécution le plan de détournement. Le PCA intimide même avec sa ceinture noire en taekwondo », rapporte une source au fait des magouilles au sein de la boite depuis des années. Clientélisme, népotisme, les biens étaient bien détournés à des usages personnels.

D’après nos investigations, le nouvel ADG a démantelé ce vaste réseau qui ruine la SOGATRA et tous les efforts fournis par le ministère de tutelle pour redresser la société et assurer le bien-être au personnel, mais qui se révèlent vains. On est donc en face d’une guerre entre le vice et la vertu, l’obscurantisme et la transparence. Un état d’esprit qui s’est encore illustré avec la séance de travail organisée par ses soins le mercredi 10 juillet dernier avec ses collaborateurs ainsi que le contrôleur budgétaire du ministère des Transports et du Tourisme, pour « élucider et apporter plus de lumière sur le fonctionnement du volet budgétaire de la subvention allouée par l’Etat » à la Sogatra société. Avec tous ces paramètres, il est évident que le nouvel Administrateur Directeur Général soit pris par le réseau comme une entrave à leur entreprise malsaine, celle de siphonner les ressources de la société.

Alexandre Desiré Tapoyo ne fait rien pour démentir tout le mal que l’on pense de lui. Chaque jour que le bon Dieu fait, il apporte de l’eau au moulin de ses détracteurs (sic). Son dernier fait d’arme, c’est d’entraver la tenue du prochain conseil d’administration, après celui du 23 mai dernier qu’il a lui-même présidé. En effet, le PCA refuse d’apposer sa signature sous le rapport de cette rencontre devant être amendé par les administrateurs. En plus, il remet en cause la signature du Secrétaire Général du ministère des Transports et du Tourisme, Aloise Bekalé qui se trouve être son ancien dans le Conseil d’administration. Tout porte à croire qu’Alexandre Desiré Tapoyo est décidé à mettre à genou la SOGATRA.

Continuer sur le droit chemin

Il est manifeste que le PCA met le nouvel administrateur en difficulté et l’empêche de s’occuper efficacement de la gestion des différents problèmes de la boite. Lui et son réseau ne vont pas s’arrêter de si tôt de lui mettre les bâtons dans les roues. Mais cela ne devrait pas démotiver Bruno Mimko Mi Ngwa à continuer sur le droit chemin. Pour des observateurs avisés, ces obstacles lui mettent plutôt le pied à l’étrier.

Rodrigue TSANGA, président du SINATRA,de connivence avec le PCA pour semer le chaos

Le bon n’a qu’à continuer sur le droit chemin et faire du bien, quel que soit ce que cela devra lui coûter, recommande la parole biblique. Et le nouvel ADG doit puiser la motivation nécessaire dans la confiance placée en lui par le Président de la République Ali Bongo, en le nommant en février 2019 à la tête de la SOGATRA, en remplacement d’Alphonse Oyabi-Gnala dont le modèle de management, à l’exemple de ceux de ses prédécesseurs, n’a pas été efficace.

 Par ailleurs, Bruno Mimko Mi Ngwa doit puiser la force nécessaire dans le soutien total à lui accordé par l’Assemblée nationale, le 20 juin dernier, lors de son audition par les députés membres de la Commission de l’Aménagement du territoire, des infrastructures et des travaux publics, pour dérouler le plan d’action de restructuration de la société. Au vu des explications assez explicites fournies à la représentation nationale, celle-ci lui a accordé sa bénédiction, avec une forte ovation ayant accompagné son exposé.

 Bruno doit également compter sur ses compétences personnelles qui relèvent d’un secret de Polichinelle. Ancien Secrétaire Général de Postbank et Directeur financier du groupe La Poste, il a suffisamment fait les preuves de ses compétences.

Prosper A.