De l’Afrique du Sud à la Chine, les timides hommages à Robert Mugabe

De l’Afrique du Sud à la Chine, les timides hommages à Robert Mugabe

Après l’annonce de la mort de l’ancien président du Zimbabwe, Robert Mugabe, l’Afrique du Sud a salué, vendredi, la mémoire d’un « champion » de la lutte contre le colonialisme. La Chine parle, quant à elle, d’un « dirigeant exceptionnel ».

De timides hommages ont été rendus, vendredi 6 septembre, quelques heures après l’annonce de la mort de l’ancien président du Zimbabwe, Robert Mugabe, héros de l’indépendance qui a ensuite dirigé d’une main de fer son pays de 1980 à 2017.

L’actuel chef de l’État zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, a salué le premier « une icône de la libération, un panafricain qui a dédié sa vie à l’émancipation (…) de son peuple ». « Sa contribution à l’histoire de notre nation et de notre continent ne sera jamais oublié. Que son âme repose en paix », a-t-il ajouté.

Dans la foulée, plusieurs ministres de l’actuel gouvernement zimbabwéen ont exprimé leurs condoléances. « Un nuage noir a enveloppé le Zimbabwe et bien au-delà », a réagi un ancien ministre de l’Information sous l’ex-président, Jonathan Moyo.

« Une icône africaine »

« Un jour noir », a également tweeté le porte-parole du National Patriotic Front, parti dirigé par l’ex-président, Jealousy Mawarire. De son côté, l’actuel ministre adjoint de l’Information, Energy Mutodi, a salué « une icône africaine ». « Il n’y a aucun doute que vous étiez (…) un Homme d’État d’un caractère rare, un révolutionnaire », a-t-il estimé.

En Afrique du sud, le président Cyril Ramaphosa a rendu hommage à un « combattant de la libération et [à] un champion de la cause africaine contre le colonialisme ». « Les Sud-Africains s’associent au peuple et au gouvernement du Zimbabwe endeuillés par le décès du combattant de la libération et champion de la cause de l’Afrique contre le colonialisme », a-t-il déclaré dans un communiqué.

En Afrique australe, Edgard Lungu, président de la Zambie, a rappelé le souvenir du « père fondateur du Zimbabwe et panafricaniste dont la « place dans les annales de l’histoire de l’Afrique est assurée ». Toujours dans la région, le président namibien, Hage Geingob, a rendu hommage au « révolutionnaire exceptionnel, combattant tenace de la liberté et panafricaniste » dont les sacrifices ont permis « la libération de l’Afrique australe du joug racial et de l’oppression coloniale ».

« Un dirigeant brave, déterminé »

De son côté, le président tanzanien John Magufuli, également président en exercice de l’organisation des pays d’Afrique australe, a ajouté : « L’Afrique perd un dirigeant brave, déterminé, un africaniste qui a traduit dans les actes le refus de la colonisation ». Le président kényan, Uhuru Kenyatta, a évoqué pour sa part « un homme d’État, un combattant de la liberté et un panafricaniste qui a joué un rôle essentiel dans la formation des intérêts du continent africain ».

Un de ses prédécesseurs, Mwai Kibaki, est l’un des rares à mentionner les « mauvais côtés » du disparu. Mais, « en dépit des sentiments de ceux qui n’ont eu de cesse de le calomnier, Mugabe restera avant tout dans les mémoires pour sa défense courageuse de la dignité des Africains ».

En Afrique de l’Ouest, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a rendu hommage au « militant qui a combattu pour l’indépendance du pays face au régime colonial et a consacré la plus grande partie de sa vie au service du public ».

« Les Zimbabwéens ont souffert trop longtemps »

Seul pays occidental à réagir dans un premier temps, l’ex-colonisateur britannique a choisi au contraire de dénoncer un régime peu respectueux de la démocratie et des droits de l’homme.

« Nous exprimons nos condoléances à ceux qui sont en deuil après le décès de Robet Mugabe. Toutefois, les Zimbabwéens ont souffert trop longtemps sous son règne autocratique », a déclaré le ministère des Affaires étrangères, espérant que le pays puisse désormais « suivre un chemin plus démocratique et prospère »

Considérée comme l’un des rares alliés de l’ex-chef d’État, la Chine a salué en Robert Mugabe un dirigeant « exceptionnel ». « Durant sa vie, il a fermement défendu la souveraineté de son pays, s’est opposé aux ingérences étrangères et a activement promu l’amitié et la coopération entre la Chine et le Zimbabwe et la Chine et l’Afrique« , a déclaré devant la presse le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang.

« Un bon ami du peuple chinois »

Déjà lors de sa démission en novembre 2017, après 37 ans de règne sans partage, la Chine avait assuré que Robert Mugabe restait « un bon ami du peuple chinois ». Le président chinois Xi Jinping fut en 2015 un des rares chefs d’État à effectuer une visite officielle dans ce pays boudé par les dirigeants occidentaux qui y dénonçaient des atteintes aux droits de l’Homme.

En Russie, autre partenaire du Zimbabwe qui s’est toujours opposé aux sanctions économiques contre le régime de Mugabe pour ses violations des droits de l’homme, le président Vladimir Poutine a souligné que « beaucoup de dates importantes dans l’histoire moderne du Zimbabwe sont liées au nom de Robert Mugabe« . Et d’ajouter : « Il a apporté une grande contribution personnelle à la lutte pour l’indépendance » et « pour construire les institutions de l’Etat zimbabwéen ».

 AFP & GROGNE D’AFRIQUE.