DOSSIER : Francis PÉREZ CANONISÉ ‘’Monsieur Propre’’

DOSSIER : Francis PÉREZ CANONISÉ ‘’Monsieur Propre’’

DOSSIER : Affaire Bolloré

Francis PÉREZ CANONISÉ ‘’Monsieur Propre’’

Les juges Serge Tournaire et Aude Buresi ou l’esprit du philosophe des Lumières.

À l’issue d’une garde à vue entamée la veille, l’industriel breton Vincent Bolloré, 66 ans, a fini par être inculpé ce mercredi 25 avril 2018 à l’instar du directeur général du groupe Bolloré, Gilles Alix et du responsable du pôle international de Havas Jean-Philippe Dorent. Mais dans cette affaire où le milliardaire au visage buriné est soupçonné de corruption dans l’obtention des concessions gré à gré en 2010 au Togo et en Guinée, seul l’entrepreneur franco-espagnol tout autant prospère Francis Pérez, quatrième homme placé en garde à vue, a été remis en liberté sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui. Aussi, tous les observateurs et analystes s’accordent-ils pour reconnaitre et saluer à l’unanimité tant la probité dans les affaires africaines du patron du groupe PEFACO que le professionnalisme à nul autre pareil des juges Serge Tournaire et Aude Buresi du pôle financier à Nanterre du tribunal de grande instance de Paris. Dessous d’une justice sans faute en faveur d’un irréprochable homme d’affaire, suivez plutôt.

Inutile de refaire ici la biographie et le parcours exceptionnel du juge d’instruction Serge Tournaire aux états de services applaudi par ses pairs du monde entier dans la traque du banditisme financier dont il a l’inimitable secret pour démêler l’inextricable. En remettant en liberté dans l’affaire qu’il convient désormais d’appeler ‘’Affaire Bolloré des tirpitudes africaines de Vincent’’ le magnat de l’hôtellerie et des jeux en Afrique Francis Pérez, ce juge de choc et de charme ne confirmait pas seulement qu’il sait trier les bonnes des mauvaises graines dans tous ces combats judiciaires. Il entérine aussi surtout la réputation de ‘’Monsieur propre’’ que tous s’accordent à reconnaitre et respecter chez Monsieur Francis Pérez.

Autopsie d’une ratatouille de corruption entre copains coquins

Dans cette affaire des ports africains, il faut croire que l’enquête s’est surtout accélérée à la faveur des plaintes d’un ancien associé franco-espagnol de Bolloré, Jacques Dupuydauby. Celui-ci accusant en effet la présidence togolaise d’avoir été corrompue par le groupe français. Cependant que M. Dupuydauby, qui réside en France, a été condamné en Espagne à trois ans et neuf mois de prison pour “détournement d’actifs” du groupe Bolloré, voici désormais Vincent Bolloré lui-même à son tour inculpé par la justice française de “corruption d’agent étranger”, de complicité d’“abus de confiance” et de “faux et usage de faux”. De fait, c’est connu, la proximité de Vincent Bolloré avec le pouvoir politique vaut aussi bien en France, où le sexagénaire a toujours su cultiver ses connexions avec les décideurs politiques français – de gauche comme de droite, souvenons-nous par exemple du prêt de son yacht à un Nicolas Sarkozy nouvellement élu président de la République en 2007 – qu’en Afrique notamment plus que partout ailleurs. Dès lors, les juges d’instruction ont fini par établir un lien entre les activités de conseil politique de la filiale Havas et l’obtention par le groupe Bolloré de la gestion des ports de Lomé, au Togo, et de Conakry, en Guinée, via une autre de ses filiales, Bolloré Africa Logistics, anciennement appelée SDV. Curieuse coïncidence en effet, SDV avait obtenu la gestion du port de Conakry quelques mois après l’élection d’Alpha Condé fin 2010, et avait remporté la concession à Lomé peu avant la réélection en 2010 de Faure Gnassingbé. C’est dire que les magistrats soupçonnent Havas d’avoir sous-facturé ses services aux deux victorieux de la présidentielle il y a 8 ans afin que le groupe Bolloré décroche ces deux contrats en contrepartie. Dans le cas guinéen par exemple, Cellou Dalein Diallo, chef de l’opposition guinéenne – candidat malheureux au second tour face à Alpha Condé en 2010 et au premier tour en 2015 – s’en était étonné à l’AFP par ces termes : « Dès son arrivée au pouvoir, Alpha Condé a pris une décision qui (en) a surpris plus d’un. La gestion du port sera immédiatement confiée à son ami Vincent Bolloré, sans autre forme de procès » ! ”. Ce qui n’avait pas manqué d’appeler la diligente réplique et sans ambages du Président Alpha Condé, qui en 2016 dans le journal français Le Monde avouait privilégier toujours les amis. « Bolloré remplissait toutes les conditions d’appel d’offres. C’est un ami, je privilégie les amis. Et alors ? », revendiquait-il.

 Mais, que vient foutre Francis Pérez dans la sale affaire’’ ?

A l’instar du Directeur général du groupe Bolloré Gilles Alix,  le responsable du pôle international de sa filiale Havas, Jean-Philippe Dorent, a lui aussi été inculpé mercredi pour ’“abus de confiance” et “faux et usage de faux”. Et, c’est précisément l’unique lien que les juges avaient d’abord pu présumer entre Francis Pérez et les activités africaines incriminées de Vincent Bolloré. Donc, “Vincent Bolloré qui reste présumé innocent pourra avoir enfin accès à ce dossier dont il n’a jamais eu connaissance et répondre à ces accusations infondées”, avait commencé par réagir dans un communiqué le porte-parole du richissime homme d’affaires breton. Encore aux commandes du groupe Bolloré, cet intouchable qui certes a récemment cédé les rênes du géant français des médias Vivendi à son fils Yannick, croupit cependant en prison depuis mercredi 25 avril 2018. Ce qui n’est point le cas de Francis Pérez qui, fort de sa bonne conscience, ne s’était en rien senti inquiété pendant et durant son interpellation judiciaire. Selon son pugnace et teigneux avocat, Jean Robert Phung qui donna à la presse les tous premiers éléments de la ‘’la sale affaire’’ en effet, c’est en enquêtant sur le groupe Pefaco, société spécialisée dans l’hôtellerie et les jeux très implantée en Afrique, que la justice avait resserré ses investigations sur les activités de Vincent Bolloré présent dans pas moins de 46 pays du continent (opérateur de lignes ferroviaires, actionnaire de sociétés agricoles, etc.) et gérant sur le continent 16 terminaux portuaires. Interpellé Autrement dit, le patron de Pefaco dont les relations étroites avec Jean-Philippe Dorent sont connus de tous aura été indexé de ce seul fait. Ce fut donc à Jean Robert Phung, avocat de talent et à la réputation établie de l’homme d’affaire lavé de tout soupçon pour sa probité reconnue partout dans ses transactions, d’éclairer la lanterne de ceux qui pouvaient encore se poser des questions sur ce que vient faire le nom de Francis Pérez dans ce que le praticien rompu de la règle de droit nomme depuis ‘la sale affaire’’. En l’espèce, les enquêtes s’interrogeant-ils alors sur des versements, d’un montant total de 450 000 euros, effectués en 2010 au profit de Jean-Philippe Dorent par le groupe de Francis Pérez, c’est tout logiquement thèse ne souffrant d’aucun doute de cet avocat que confirment les implacables, honnêtes et impartiaux juges d’instruction Serge Tournaire et Aude Buresi que nul ne saurait jamais soupçonner de partialité. « Ces quatre virements sont un prêt à un ami qui a fait l’objet d’un acte notarié et qui est remboursé depuis six ans», avait alors déclaré à l’AFP Jean Robert Phung  qui au passage dénonçait des « fantasmes ». Grâce à votre sacerdoce porté avec la plus grande intégrité, Madame et Monsieur les juges, Montesquieu en France sera toujours chez lui.

                                                                                                                                                                                                                      Prosper A.