Société – Coups de la vie: Mon fiancé est le fils de mon amant

Société – Coups de la vie: Mon fiancé est le fils de mon amant

Gérard avait une sainte horreur des jeunes filles qui sortaient avec des hommes de l’âge de leurs pères. Il trouvait cela très bas et déplacé surtout si ces derniers ne pouvaient les épouser. Je n’avais donc pas la force de lui avouer que j’étais l’une d’elles. Comment lui dire que quelques semaines encore je couchais avec son père et lui, parce qu’incapable de dire la vérité à son père ? J’avais perdu tout espoir. Connaissant Marc, il allait rester campé sur sa position. S’il disait que jamais je n’épouserai son fils alors je pouvais me sortir l’idée de la tête car il ne parlait pas pour ne rien dire.

Pendant des jours j’essayai de convaincre Marc de me laisser épouser son fils mais sa réponse était sans équivoque. Tu n’épouseras pas mon fils Joyce. Oublies cette histoire c’est perdu d’avance. Tu as une dernière option, revenir avec moi et nous continuerons comme si de rien, bien sûr dans le silence total, tu sais que je t’aime alors je t’attendrai. Mais si il faut que tu te maries alors ce serait avec un autre homme mais pas mon Gérard.

Tu es folle de le penser ou de l’envisager un petit instant. Sois réaliste, je ne peux jamais dormir en pensant que la femme que j’aime et avec qui j’ai passé deux années de ma vie gémit dans les bras de mon propre fils. C’est insensé alors oublies ça n’arrivera jamais. Je ne peux m’y résoudre. Tu vas devoir accepter de le perdre ou nous perdre tous les deux mais tu ne peux définitivement pas avoir Gérard.

Gérard me trouvait bizarre ces derniers jours, il ne pouvait savoir ce qui se passait entre son père et moi. Une de mes amies me proposa de tomber enceinte de lui et que c’était la seule condition pour le garder et obliger Marc à nous coller la paix  mais je refusai catégoriquement cette option car ce serait briser des cœurs tôt ou tard.

Je finis par prendre la décision la plus sage, rompre ma relation avec mon bien-aimé et reprendre ma vie en main. Mais lui dire la vérité était encore plus dur. J’essayai maintes fois sans succès, j’avais mal, mal de devoir le décevoir et le perdre au final ainsi ; perdre l’amour de sa vie, c’est bien cruel, mais pouvais-je forcer quoi que ce soit ? Au risque de détruire les liens d’amour entre un père et son fils aîné. Je décidai de tout avouer à Gérard  et de partir juste après. Mes valises étaient prêtes et je venais de lui dresser la table lorsque Marc débarqua.

– Je veux te laisser épouser mon fils mais à une seule condition.

– Que me veux-tu encore Marc ?

– Je te veux. Je veux que tu m’offres une dernière nuit folle comme tu sais si bien le faire.

– Qu’est-ce que tu racontes ? Je sors avec ton fils.

– Beh à toi de voir. Soit tu acceptes en souvenir du bon vieux temps et tu épouses mon fils. Soit tu dis non et point de mariage. Je t’aime tu vois et c’est la seule formule que j’ai pu trouver pour me résoudre à te laisser partir.

– Pourquoi es-tu si cruel Marc ? Pourquoi m’affliges-tu autant ? Comment peux-tu me demander cela ?

– Attends, tu veux me faire croire que tu n’as donc jamais rien ressenti pour moi ?

Il se rapprochait dangereusement de moi et je n’avais pour tout habit qu’une petite robe.

– Ne t’approche pas de moi Marc. D’ailleurs sors d’ici, pars, je ne veux plus rien de toi et tu peux aussi garder ton fils. J’ai décidé de rompre alors tu n’as plus besoin de faire de chantage je m’en vais. Voilà tu as gagné.

– Pas si vite bébé. Ma demande tient toujours et de quoi as-tu peur, ton fiancé ne rentrera pas avant trois heures encore. Je viens de son bureau il est super occupé là-bas. Aller viens là. Finissons-en.

– Tu es fou Marc, laisse-moi, aller lâche moi je te dis. Fous-moi la paix, plus jamais je ne coucherai avec toi. Tout ça n’était qu’une grave erreur et je le regrette alors n’ose plus t’approcher de moi.

Marc me poussa sauvagement sur le sofa et se mit à déboutonner machinalement sa chemise. Je compris qu’il voulait me prendre de force.

– Tu ne vas pas oser non, Marc, tu ne vas pas me violer n’est-ce pas ?

– Tais-toi petite effrontée. Tu pensais pouvoir t’en sortir ainsi. Je t’ai tout donné. Mon amour, mon argent le luxe absolu, tu n’as manqué de rien, tu as volé mon cœur tout entier et tu l’as piétiné, tu m’as trahi, tu t’es servi de moi, alors je vais te faire payer. C’est d’ailleurs bien que tu ne veuilles plus de mon fils parce que tôt ou tard ce mariage n’allait pas tenir tu n’en vaux pas la peine.

– Marc non, ne fais pas ça stp Marc, non, regarde, regarde-moi, Marc je t’en supplie ne fais pas ça.

Il n’écoutait traite-mot de ce que je lui disais, et je me rendis compte qu’il avait bu.  il essayait de m’arracher ma petite culotte. Je pouvais crier mais Gérard avait fait insonoriser sa maison, personne n’aurait pu m’entendre et de l’intérieur également on ne pouvait pas entendre les bruits extérieurs. Marc n’a donc pas entendu Gérard garer le véhicule. Voyant le véhicule de son père, il ne compris pas pourquoi ce dernier était passé chez lui au bureau et lui avait demandé expressément si il rentrerait tard ce soir-là. Il a donc décidé d’écourter son travail et de passer la soirée avec moi mais la scène horrible à laquelle il allait faire face était hors de tout entendement. D’abord, il trouva le véhicule de son père stationné devant la maison. Ensuite il ne le vit pas assis sur la terrasse comme à son habitude, il ouvrit la baie et tomba sur Marc en train d’essayer de me violer.

Il m’avait tellement brutalisé que tout le long de mes bras et cuisses était couvert de bleus. Je m’étais blessé le pied avec un morceau de verre que j’avais fait tomber dans la bagarre. Je saignais et j’avais tâché les fauteuils cendre. J’avais griffé Marc au visage et il saignait également. Lorsque je vis Gérard, je ressentis un vrai soulagement. Le temps de réaliser tout ce qui se passait, il poussa son père sur le canapé voisin.

– Mon Dieu que diable se passe-t-il ici ?

J’étais recroquevillée sur moi-même, en larmes et en sang. Marc essayait de reprendre ses esprits. Il basculait d’un fauteuil à l’autre. Il essayait de parler à son fils.

– Cette fille Gérard tu ne pourras pas l’épouser. C’est ma petite-amie depuis deux années tu m’entends ?

– Qu’est-ce que tu racontes là papa ? C’est quoi cette folie ?

– Dis-lui, toi dis-lui Joyce pourquoi tu es tombée à la maison ce jour-là et le temps que ça nous fait ensemble.

Gérard se retourna vers moi.

– Tu es sorti avec mon père ? Pendant deux ans ? Sérieux ? C’est une blague là.

– Elle m’a plaqué lorsqu’elle t’a rencontré. Elle a mis fin à toute la relation. Fiston, depuis la mort de votre mère jamais je n’ai aimé une autre femme, mais cette fille je l’aimais, je l’adorais et là mon cœur saigne. Je suis ton père mais j’aime cette fille tu vois ?

C’était plus que je ne pouvais supporter. Je descendis du canapé sans faire attention, j’avais carrément oublié les bris de verres et je m’en pris plein dans la paume des pieds. Je titubais et laissais des traces de sang sur le carreau. Mais je me trainai ainsi jusqu’à notre chambre, pris ma valise et mon sac à main et toujours sans chaussure, je sortis au salon. Je n’avais rien à dire. Tout était à l’eau et j’aurais mieux fait de partir à l’instant.

– Joyce, c’est vrai ce que me dit mon père ? Tu sortais avec lui ?

Je levai les yeux et le regardai droit dedans. Mon regard était signe de confirmation, de longues minutes de silence pendant lesquelles aucun de nous trois ne sut placer mot. Je baissai la tête et repris ma route. Gérard n’essaya pas de me retenir. Je partais la mort dans l’âme. Je n’aurais pas souhaité une telle fin mais voilà tout était perdu. Marc qui criait à présent à quel point il m’aimait, son fils qui découvrait que je sortais avec son père et moi au beau milieu…

J’avais réussi à tout perdre en un instant. Et je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même. Par contre ce qui me faisait mal, c’était la douleur du père et celle du fils. Je venais de leur briser le cœur à tous deux. J’étais impardonnable.

Je gardai mon téléphone éteint pendant un mois. Je ne voulais parler à personne. J’avais besoin d’être seule. Ma vie se résumait à aller au bureau et rentrer dans mon appartement que je venais de me louer. J’avais coupé tous les ponts avec Marc et Gérard. Et au final je changeai de numéro. La transition fut rude car j’étais toujours folle amoureuse de Gérard mais je l’avais perdu en faisant l’idiote et je ne pouvais plus rien faire. Je pris la résolution de ne plus jamais sortir avec le genre d’homme comme Marc mais surtout que j’allais me donner le temps de panser mes blessures.

Une nuit, je venais de m’engager sur le parking de nos appartements lorsqu’une voiture me fit des jeux de far. Je n’y prêtai pas attention et parti stationner plus loin. Je descendis et me précipitant pour rentrer chez moi j’entendis une voix que je pouvais reconnaître parmi mille.

– Joyce attends c’est moi, Gérard.

Je restai figée sur place. Tout mon corps couvert de frissons. Je n’osai pas lui faire face. Peut-être était-il venu m’humilier…

– Regarde-moi Joyce. Stp, regarde-moi.

Il me prit dans ses bras et me serra contre son torse.

– Je te pardonne bébé, je te pardonne parce que je t’aime. Tu es aussi mon rayon de soleil et je n’imagine pas ma vie sans toi. Je te demande pardon, pardon pour tout, pardon pour le mal que papa t’a fait, pardon de t’avoir laissé partir en sang sans même avoir essayé de t’aider, je suis si désolé mon amour. Je suis sincèrement désolé.

Je ne disais mot, j’avais à la fois ce sentiment de soulagement et de peine. J’étais heureuse de retrouver l’homme que j’aimais plus que tout, mais j’avais si mal d’avoir blessé son cœur. Et je ne savais pas ce que serait la suite ni comment son père réagirait. Je pleurais à chaudes larmes. Il me garda ainsi dans ses bras. J’entendis quelqu’un descendre du véhicule. Je ne l’identifiai pas de suite à cause de l’obscurité. Il se rapprocha d’avantage et je le vis, Marc, marchant vers nous, il avait l’air fatigué. Prise de panique je voulus une fois encore m’enfuir mais Gérard me retint contre lui et me parla tout bas.

– Je suis venu avec Papa. Il regrette de t’avoir traité ainsi. Certes tout s’est très mal passé, mais je suis follement amoureux de toi et je désire toujours t’épouser. Je m’en fous d’avec qui tu étais avant moi, fut-il mon père ? Ton passé est passé et je veux construire ton présent et notre futur avec toi. Papa souhaite s’excuser, écoute –le stp.

Bonsoir Joyce. Je sais que je suis impardonnable. Je t’ai fait énormément de mal. Je n’ai pas essayé de te comprendre et je suis bien en tort. Lorsque j’ai perdu la mère de mes enfants j’ai cru que ma vie allait s’arrêter. Il me fut difficile de reprendre les choses en Main, surtout ma vie sentimentale. Mais je me refusais d’aimer de peur de perdre une fois encore. Lorsque je t’ai connu je ne m’attendais pas à t’aimer autant. Tu es une fille bien douce et consciente de ce que tu veux. Mais te perdre fut pour moi comme perdre une seconde fois ma femme.

Et je n’ai pas pu supporter cela du tout. Grâce à Gérard, j’ai compris mon mal. Tu es si jeune belle et tu mérites un homme bien. Jamais tu ne m’as été déloyale et je sais que tu ferais une épouse de rêve pour mon fils. Je l’ai accompagné ce soir pour te dire officiellement que je te demande pardon du fond du cœur et que je t’accorde ce mariage. Rends-le heureux. Il t’aime à mourir et je sais que toi également. Alors soyez heureux. Je vous aime tous les deux.

Bien sûr, jamais je ne dirai à qui que ce soit ce qui s’était passé entre nous. Ce serait notre secret à nous trois mais dès cette nuit, cela n’aurait jamais existé. Plus jamais nous n’en parlerons. Tu es ma belle-fille et je t’aime ainsi.

Je pleurais de bonheur absolu. Marc avait fini par accepter que j’épouse son fils. Je suis chanceuse j’aurais pu les perdre tous les deux mais ce n’était pas le plan divin.

Notre mariage fut célébré en présence de tous. Me belles sœurs  et mon beau-frère étaient heureux. Marc vint au mariage accompagné d’une jeune dame de la quarantaine. Une super belle femme, Gérard et moi échangèrent un clin d’œil. Tout le monde était enfin heureux et c’était notre prière.

PS: Cette histoire s’est terminée tragiquement à l’origine mais j’ai promis à mon témoin de lui redonner le sourire avec une belle fin.

L’amour est pur et beau. Mon rêve est que tous soyons capables de pardon et d’amour.  Le vrai, le  juste. Qu’il en soit ainsi !

Amé Océane CODJIA