Fait divers: Mon petit ami trouvait normal quand il pétait à table, dans la voiture, au lit, en public…

Fait divers: Mon petit ami trouvait normal quand il pétait à table, dans la voiture, au lit, en public…

Je ne sais pas s’il me faut parler de défaut de bonnes manières ou de manque de savoir-vivre mais je peux vous dire que c’était horrible. Lorsque je l’ai connu, il était vraiment très beau. Beau comme dans les magazines de mode. Grand, métis, musclé, avec un magnifique sourire, tout était en place. Il vivait au Maroc où il continuait ses études et moi à Abidjan. Après une année, nous organisâmes notre première rencontre. Et pour la première fois de ma vie, je devais le voir en chair et en os; alors comprenez à quel point j’étais excitée.

Un beau matin glacé m’accueillit là-bas. Je vis parmi la foule, mon homme parfait secouant la main dans ma direction. Comme je l’ai toujours imaginé, il était meilleur encore. Moi qui appréhendais de le voir différent, J’étais vraiment fière car j’avais trop longtemps fait son éloge auprès de mes copines, mes amis, mes sœurs, ma mère… Surtout que nous prévoyions de nous marier à la fin des vacances. Tous étaient impatients de connaître l’homme si parfait dont je parlais tant, puisque après mon séjour, nous devions revenir ensemble à Abidjan.
Au Maroc, le premier jour tout fut si parfait. Je restai avec lui dans son appartement. Je ne remarquai rien d’anormal car nous étions plutôt occupés à nous découvrir davantage, à parler de tout et de rien et je crois aussi que ce soir-là, il a dû me faire une cérémonie de bienvenue car je n’avais rien ressenti d’anormal chez lui.

Le lendemain matin, il entreprit de me faire visiter la ville. Il emprunta la voiture d’un de ses amis dans laquelle il m’embarqua. En cours de route, une odeur hyper désagréable s’élevait et s’éparpillait dans l’air sans que je ne puisse déceler la provenance. Je jetai un coup d’œil dans les coins et recoins de la voiture, croyant que son ami avait oublié une nourriture avariée à l’intérieur, mais la voiture était propre. Puis à un moment, je me mise à soupçonner que c’était sa bouche qui dégageait cette odeur insupportable, la provenance coïncidant bien avec l’instant où il parlait. J’étais si choquée que…

Pourtant je l’avais vu se brosser les dents pendant plus de cinq minutes. Comment expliquer une pareille chose? Je tournai la tête vers la vitre. Je décidai de la descendre mais il m’en dissuada, car il faisait froid et qu’en plus il avait mis en marche l’air conditionné. Je faillis mourir d’asphyxie car à chaque fois que l’odeur se propageait, j’arrêtais de respirer.

Dès le premier arrêt, je sortis en premier. En colère, j’eus juste envie de reprendre mes valises et de rentrer chez moi mais je ne le pouvais pas car, hormis cette partie désagréable du film, les autres épisodes étaient parfaits. Je demandai à aller dans une pharmacie pour me procurer un désodorisant plus fort encore que ce que j’utilisais d’ordinaire. L’idée était d’en mettre dans la voiture à son insu. Je pensais gagner un peu de temps.

Mais la vraie question était, d’où venait cette odeur ? De sa bouche ? N’était-ce pas là une maladie respiratoire grave ? Un peu comme la sinusite ? Je me posais dix milles questions et surtout je cherchais la stratégie pour aborder le sujet avec mon amoureux mais il me facilitera la tâche.
De retour à la voiture, je montai la première et passai le désodorisant partout. A ma grande surprise, il ne s’en douta même pas. Il démarra comme si de rien n’était; et quelques quinze minutes après, je l’entendis me dire :

– Chérie, je crois que j’ai un problème. Il faut que je te parle d’un truc.
– Je t’écoute.
– Connais-tu la respiration fessière ?
– La quoi ?
– Respiration fessière ? De temps en temps, on le fait tous. Tu ne le fais pas, toi ?
– Mais, qu’est-ce que tu me racontes ? De quoi tu parles ?
– Beh je te parle de te soulager, de péter de temps en temps pour te mettre à l’aide quoi. Tu captes ?
Là je captais clairement OUI. Ce jeune homme, depuis le début, me pétait dessus allègrement. Sans gêne ni respect pour ma présence, il se mettait à l’aise, vitres fermées sans s’en importuner. J’eus envie de vomir.

Quelle horreur! Comment ne pouvait-il pas juste être plus charmant et bien élevé ? Un si bel homme pourtant ? Mon Dieu, j’étais tellement choquée!
– Tu me pétais dessus tout ce temps ? Tu es normal ? Tu ne pouvais juste pas t’arrêter et aller te soulager ?
– Mais comment ? Ça ne se contrôle pas, ça non ? On a envie de péter, on pète et c’est tout. Pourquoi faire toute une cérémonie pour quelque chose de si basique ?
– Donc, si on sort en boite, tu ferras pareil ?
– Beh oui. Quoi, ça va gêner qui que je me mette à l’aise ? C’est ne pas le faire qui me rendrait malade, oui.
Et pendant qu’il me parlait, il se mettait à l’aide, et cette fois-ci à grands coups.
– Tu vas m’arrêter ça tout de suite ? C’est idiot ce que tu fais là!
– Comment ça idiot ? Toi tu ne pètes pas ? Rhooooo, laisse-moi péter.
Il se défendait d’un air enjoué et bien badin. Pour lui, c’était totalement normal de péter en présence d’étrangers sans se gêner.
– Donc, tu fais ça en classe aussi ?
– Partout, moi je me mets à l’aise. Bon, chérie laisse ça, on ne va pas perdre notre temps sur ça. Regarde, si ça peut te faire plaisir, je vais me contrôler; promis. Allez, souris, mon bébé; je viens de te promettre une chose. Tu pourrais juste être un peu contente non ?
Durant le reste du séjour, je constatai qu’il avait fait l’effort de me plus péter en ma présence. Il sortait sur la terrasse et pouvait y rester aussi longtemps qu’il le souhaitait. Je trouvais en ce geste une marque de respect ce qui me fit l’aimer plus encore.

Sur le vol qui nous ramenait à Abidjan, je ne me rappelai pas un seul instant du problème que lui et moi avions jusqu’à ce qu’il ne s’oublia et ne pète encore dans l’avion.

Un pet dégoûtant qui puait la mort et qui mettait en horreur tous les passagers autour de nous. J’eus si honte que j’eus envie de sortir par le hublot. Mais il était zen de chez zen, il lisait son bouquin comme de rien et son aisance posa le discrédit sur moi. Tous pensaient qu’il n’y avait que moi la fille noire pour péter dans un avion, non lui un métis il a de bonnes manières. Les regards sévères se posaient sur moi et j’étais si mal à l’aise…

Je ne lui adressai plus la parole jusque dans le taxi qui nous ramenait à Marcory (Côte-d’Ivoire)
– Mais chérie, qu’est-ce que tu as encore ? Tu n’as pas dit un seul mot pendant tout le vol.
– Fous-moi la paix, tu es dégueulasse. Comment peux-tu faire une chose aussi sale ? Tu avais promis ne plus jamais péter en public mais il a suffi d’un peu de manque de vigilance de ma part pour que tu reprennes ? Tu t’en vas rencontrer ma famille, si tu me fous cette honte je te jure je vais rompre notre relation.
– OHHHHHHH Bébé mais pourquoi tu fais tout un plat pour ce rien ? Oublies, c’était juste un oubli et en plus le besoin était si pressant alors je n’ai pas pu me retenir.

Je n’entendis plus la fin de sa phrase, j’ouvris le portail et me dirigeai vers le salon où nous attendaient amis, copines, parents… Les parents étaient vraiment heureux de le rencontrer. Ils l’accueillirent comme un prince car mon père connaissait son père. Ils avaient travaillé ensemble, raison pour laquelle, on le reçut comme un fils de la maison. Nous avions décidé de partir à Assinie le weekend suivant mais sincèrement j’étais vraiment dégoûtée par le comportement de mon chéri. Je me demandais si ce n’étais pas une malformation, car il pétait partout vraiment.

À un moment donné, il ne cherchait même plus à se contrôler. Le premier dîner que nous avions fait avec mes parents, il n’avait fait que péter à table. Naturellement il le faisait en douce et l’odeur faisait tourner les têtes mais j’étais la seule à part lui à connaître la provenance de cette odeur. Lorsque nos amis nous invitaient, pareil il ne faisait que péter sans arrêt. A l’église, il pétait, au restaurant il pétait, alors je refusai de voyager avec lui pour Assinie car j’avais conscience qu’il ne ferait que ça en route. J’étais dégoûtée. Or certains de nos amis avaient déjà commencé à le soupçonner de faire cela.
Une amie m’aborda même par rapport à cela. Imaginez ma grosse honte. Que pouvais-je dire ? La rumeur se répandait partout que je sortais avec un péteur diplômé et que nous allions même nous marier.

Certaines de mes copines faisaient des blagues du genre : « Nous assisterons au mariage du pet ».

J’avais la honte et la haine. Alors je décidai de l’amener voir un docteur. Le médecin ne trouva rien d’anormal. Tout ce qu’il lui dit fut :
– Évitez juste les boissons gazeuses et ne manger pas trop de haricot ou toute autre chose susceptibles de vous ballonner. Vous éviterez le gaz. Puis buvez beaucoup d’eau. Et allez aussi tous les matins à la selle vous vous sentirez mieux.

Mais à peine sorti t-il de la salle de consultation qu’il reprit sa sale besogne. Je décidai alors d’en parler à mes parents. Mon père le savait déjà, j’étais verte de honte. Tout le monde était au courant de ce problème autour de moi.

Mais comment lui en parler ? Papa me donna les mêmes astuces que le docteur. Mais c’était ne pas le connaître. Il pouvait sortir manger n’importe quoi et revenir passer la soirée chez moi, mais imaginez l’orchestre…

Pendant plus de deux mois, rien ne changea. Nous étions à deux pas de célébrer nos noces et je me tapais la honte interplanétaire. Sur les réseaux sociaux je lisais certains commentaires qui clairement étaient des moqueries à mon endroit. Moi la fille soignée, chic qui traînait avec un péteur…
J’essayai encore et encore de lui en parler mais c’était à croire qu’il n’avait pas envie de se corriger du tout. Tout y passait, moutarde, mayonnaise, boisson gazeuse, il raffolait des sandwichs, donc pas moyens de lui prendre cette mauvaise habitude.

Sincèrement je l’aimais énormément mais je n’arrivais plus du tout à suivre son rythme. Je supportais de moins en moins les moqueries et je ne voulais qu’une chose, le voir repartir au Maroc pour retrouver ma petite vie tranquille sans mauvaise odeur. Je l’informai de mon souhait de reporter notre date de mariage parce que je n’étais pas encore prête pour cela. Je lui dis que j’avais besoin de temps, alors qu’il fallait qu’il m’en donne.

Il fut frustré mais finit par accepter. Une semaine après, il retourna au Maroc. La veille de son départ, on aurait du être mari et femme mais oh la la! que je n’étais pas prête du tout. Je ne savais pas comment gérer ce problème.
Là encore je réfléchis. Je ne sais pas quoi faire pour lui. Il me relance et trouve ma période de réflexion trop longue mais hum je ne sais quoi lui dire.
Ne dites pas que je ne l’aime pas. Je l’adore. Mais cette chose était plus que moi et me foutait la honte, à moi spécialement.

Si seulement il la prenait lui-même au sérieux j’aurais pu en être heureuse, mais il trouve que péter partout comme on veut quand on veut est une œuvre divine.

Amé Océane CODJIA