Togo : Qui pourra sauver l’hôtel Sarakawa ?

Togo : Qui pourra sauver l’hôtel Sarakawa ?

L’hôtel Sarakawa de Lomé, pendant longtemps premier établissement hôtelier du Togo, passé par les mains du groupe français Accor avant d’être récupéré par l’Etat togolais, est en baisse de fréquentation depuis quelques mois et pour cause, la gestion confiée à l’Etat a sûrement des répercussions sur le fonctionnement global du groupe. De l’avis de plusieurs spécialistes du secteur, il urge de céder rapidement ce grand hôtel à un groupe spécialisé dans le domaine pour lui insuffler une nouvelle dynamique.  Le gouvernement va-t-il céder à cette suggestion ?

Un passé glorieux

Lomé, boulevard du Mono, entre le siège du Groupe bancaire Ecobank et le Port autonome de Lomé, se trouve une imposante bâtisse située en bordure de mer avec ses sables fins, qui abrite l’hôtel Sarakawa. Construit dans les années 1970 pour combler à l’époque le vide hôtelier et attirer  davantage les touristes, cet hôtel  avec une architecture moderne et décoré par le meilleur artiste peintre de tous les temps au Togo, feu Paul AHYI, a été jusque dans un passé récent, le meilleur  établissement hôtelier dans notre pays, surtout  après la fermeture du 2 février (actuel Radisson Blu). L’hôtel Sarakawa a accueilli des grands évènements internationaux et a permis de loger plusieurs personnalités étrangères présentes dans notre pays. On se rappelle que l’ex guide libyen Mohammar KHADAFI y avait érigé sa fameuse tente lors du sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), actuelle  Union Africaine (UA). A l’avènement de la démocratie et suivant les propositions des  institutions de Breeton Woods, les autorités de notre pays ont décidé de le privatiser. C’est ainsi que le Sarakawa tomba sous le giron du groupe français Accor tout comme l’ex hôtel du Bénin (actuel Ibis Lomé) et le 2 février (actuel Radison Blu). Après une vingtaine d’années de gestion, le gouvernement togolais a décidé de retirer  l’établissement hôtelier au groupe français qui n’honorait plus ses engagements vis-à-vis de l’Etat togolais. C’est ainsi que l’hôtel Sarakawa fut confié à une administration provisoire mise sur pieds par le gouvernement et que dirige le français Patrick SOURDEAU depuis lors. Mais après environ trois (3) ans de gestion jugée « approximative », il apparait clairement  que l’hôtel est en baisse de fréquentation et de rayonnement. De l’avis  de plusieurs spécialistes du domaine, il urge de confier ce grand hôtel à un groupe spécialisé pour lui insuffler une nouvelle dynamique comme c’est le cas avec le 2 février  qui a été totalement métamorphosé par le groupe Kalyan qui l’exploite sous la bannière du Radison Blu.

 

De la nécessité de relooker l’hôtel Sarakawa

Lorsqu’il avait été repris par le groupe français Accor,  l’hôtel sarakawa de Lomé avait suivi quelques travaux de réfection qui ont changé un temps soit peu sa brillance. Mais en raison de sa situation en bordure de Mer, la bâtisse s’est sérieusement dégradé au fur des années, la façade extérieure s’est détériorée. Pour permettre à l’établissement d’accueillir les invités au sommet sur la sécurité maritime prévu en octobre prochain, le gouvernement a entamé les travaux de réfection de l’hôtel. Un tour à l’hôtel ces derniers temps, et l’on peut se rendre compte  aisément de cette réalité.  Mais nombreux sont les clients qui se plaignent par exemple du service sur place.  L’accueil laisse à désirer au point que la majorité des clients fidèles choisissent de délaisser cet établissement pourtant bien situé en bordure de mer (à moins de 50 m) de l’océan, au profit d’autres hôtels plus modernes avec un cadre luxueux.

Après la réouverture du Radisson Blu 2 février en avril dernier, le gouvernement a annoncé qu’il va confier sous s peu la gestion de l’hôtel Sarakawa à une société internationale pour en faire un hôtel de luxe, un quatre étoiles apprend-on. Il s’avère plus que jamais important que la procédure soit enclenchée et aboutisse très vite. « Le Togo est à féliciter pour la réfection de l’hôtel 2 février. Je vous dis qu’on se croirait dans un palace de Dubaï. Tellement le cadre est luxueux et attrayant, le service  de qualité avec une sécurité assurée. Je suis comblé. J’envie votre pays » nous lança un client croisé  au bar du Radisson Blu le weekend dernier. Il poursuit en déplorant le service à l’hôtel sarakawa : « Je suis béninois, mais je vis à Abuja. Je suis arrivé avec des amis, et nous  étions descendus au Sarakawa. Mais après une nuitée passée là bas, mes collègues ont décidé de quitter l’hôtel dénonçant le manque de professionnalisme de l’équipe sur place.»  conclut notre interlocuteur.

A côté du Sarakawa, est en train de pousser  depuis quelques années, un hôtel 4 étoiles à l’initiative du groupe PEFACO dirigé par l’espagnol Francis PEREZ, très actif sur le terrain du jeu de hasard et du casino. Le groupe est aussi connu pour ses activités hôtelières dans plusieurs pays d’Europe, aux Emirats Arabe Unis et aussi en Afrique. On a en souvenance ce palace que le groupe vient de construire à Brazzaville (L’hôtel Maya Maya), un paradis sur terre. Des échanges de courriers que nous avons consultés fortuitement récemment, signalent la sollicitation de monsieur Francis PEREZ, PDG  du Groupe PEFACO par le Bénin pour  reprendre la gestion de l’hôtel Novotel en y créant de grandes salles de casino pour drainer les hommes riches des pays voisins et surtout les touristes.

Au début du chantier de l’hôtel du Groupe Péfaco à côté de Sarakawa, certains observateurs avaient proposé qu’une seule structure gère les deux établissements. Autrement dit, l’hôtel du Groupe Péfaco viendrait en appui au Sarakawa vu leur position contigüe. Ce qui permettra aux gestionnaires de poursuivre les travaux de réfection entamé récemment de  l’actuel hôtel Sarakawa. Pourquoi l’Etat ne sollicite t-il pas le patron du groupe Péfaco en ce sens, à défaut de lancer un appel d’offres  en bonne et due forme? De toutes les façons, la réfection du Sarakawa s’impose aujourd’hui, et cela va dans l’intérêt de notre pays qui revient au sein des destinations prisées par les touristes et qui retrouve sa place de carrefour de conférence internationale.

Prosper A.