Gabon : Jean Ping fait  des émules au sein de l’opposition

Gabon : Jean Ping fait des émules au sein de l’opposition

Annoncé comme un « tournant majeur » dans la course à la magistrature suprême, le ralliement de Casimir Oyé Mba et Guy Nzouba Ndama à la candidature de Jean Ping fait déjà des émules au sein de l’opposition. Appelés à rejoindre cette « alliance », de nombreux candidats, au sein de l’opposition,  estiment que cette dernière « n’est pasla bonne ».

 Loin de l’effet escompté l’accord passé entre trois ténors de l’opposition gabonaise met sérieusement  en danger cette opposition face au président sortant Ali Bongo Ondimba. Annoncés comme un tournant majeur dans la campagne présidentielle qui bat actuellement son plein, les ralliements  de Casimir Oyé Mba et Guy Nzouba Ndama à la candidature de Jean Ping fait déjà des émules au sein de l’opposition. Dans de nombreux états majors, l’on n’est pas prêt à donner une réponse favorable à l’appel de l’ancien président de l’Assemblée nationale qui convie toute l’opposition à rejoindre la candidature de Jean Ping.

Déjà candidat lors des derniers scrutins, Pierre-Claver Maganga Moussavou a refusé de se ranger derrière cette candidature. « Je ne me suis pas engagé pour me retirer au milieu du gué » a déclaré le maire de Mouila. « Il n’est nullement question que je me rallie à qui que ce soit. Je suis candidat et je le resterai jusqu’au bout. Nous sommes en campagne, je ne peux pas lâcher mes électeurs pour prendre part à ces discussions. Ce serait faire preuve de beaucoup de légèreté. Si j’avais dû m’associer aux autres, il aurait d’abord fallu que je tienne un congrès, que je dise à mon parti ce qu’il en est et qu’une décision soit prise en ce sens » a ajouté l’ancien ministre d’Omar Bongo Ondimba.  « Jean Ping n’est pas le candidat unique de l’opposition gabonaise. Il est simplement le candidat de Guy Nzouba Ndama et de Casimir Oye Mba » tempête pour sa part Bruno Ben Moubamba. «  C’est une farce de candidature » avoue Dieudonné Minlama Mintogo.

Raymond Ndong Sima ne souhaite pas non plus faire son chemin avec « cette bande de profito-situationnistes dont l’alliance consiste à un partage de postes en cas de conquête du pouvoir ». « Non je ne veux pas discuter des positions que les uns et les autres nous occuperons demain, ce qui m’intéresse ce sont les solutions de demain. Non, je ne veux pas discuter du futur de mes enfants et de mes petits-enfants sur la base des postes que je peux me voir attribuer ou qui peuvent être attribués à mes partisans » a-t-il mentionné dans une publication relayée sur les réseaux sociaux. L’ex-Premier ministre n’a pas apprécié lors des négociations que des critères soient imposés pour choisir le candidat unique.

Malgré ces divisions, les consultations continuent pour rallier d’autres candidats à la cause de Jean Ping. Les prochains jours donneront les résultats des consultations que le parti au pouvoir qualifie de « marchandages d’épiciers ».

Chantal MINKO