Gabon: Seydou Kane ou le souffre-douleur des fainéants

Gabon: Seydou Kane ou le souffre-douleur des fainéants

Son nom rime avec beaucoup de réalisations au Gabon en termes d’ouvrages publics et il fait partie des meilleurs bâtisseurs du Gabon émergent, sous l’impulsion du Président Ali Bongo. Il s’est fait lui-même et n’hésite pas à partager ses biens avec autrui. Mais il est victime de l’envie morbide et d’une xénophobie mal placées. Lui, c’est Seydou Kane. Malgré tout, il continue de se mettre au service du pays qui l’a accueilli…

Victime d’envie morbide, de xénophobie…

Au Gabon, c’est une constante, il existe beaucoup de parvenus, des gens qui autrefois, pauvres comme des rats d’église, sont devenus en l’espace de quelques mois seulement des Crésus et comptent des dizaines voire des centaines de milliards sur leurs comptes. Des richesses qui sont loin d’être le fruit de leurs labeurs. Dans le monde des affaires notamment, la plupart prennent des raccourcis pour se faire. Mais s’il existe un entrepreneur de source étrangère, qui s’est fait à la sueur de son front, sans avoir eu recours à des passe-droits, c’est bien Seydou Kane. Il mérite son statut de self-made man qu’on lui reconnait.

Il a, certes, entre-temps  flirté avec le milieu politique – il était candidat aux élections municipales de décembre 2013 à Libreville. Mais depuis, il se tient bien loin de ce cercle vicieux fertile aux conflits, mène ses affaires loin des yeux et des oreilles indiscrets. Malgré tout, il est constamment dans le viseur, victime d’un acharnement, d’une envie morbide qui semble virer carrément à la sorcellerie, de xénophobie. Aux yeux de certains, il n’a même pas le droit d’aller au Mali, son pays natal. « Ah tiens, c’est ce qu’on disait, il est allé distribuer à ses compatriotes l’argent du Gabon », telle est la chanson de ces envieux.   

Il faut le dire sans détour, Seydou Kane est simplement victime de l’envie des fainéants, de xénophobie, cette déviance en vogue depuis un moment. Le plus curieux dans cette histoire, les gens sont capables d’éprouver de la sympathie à l’égard des pilleurs de la République, détourneurs et prévaricateurs de toutes sortes qui ont mis en coupes réglées l’économie du Gabon, sevrant ainsi l’Etat de ressources adéquates pour financer les besoins des populations.

Un homme de cœur

Les affaires et l’humanisme ne font pas souvent bon ménage. Les hommes d’affaires sont par essence des capitalistes, qui courent de façon effrénée derrière l’argent, le profit et ne savent pas partager. Ce sont souvent des gens égoïstes, sans cœur. Mais Seydou Kane constitue manifestement l’exception qui confirme la règle. Il incarne la générosité même, n’hésite pas à partager avec les autres, notamment les nécessiteux, pendant que ceux qui se réclament à cor et à cri gabonais de souche ne font absolument rien à leurs frères dans le besoin…

A cause de sa générosité sans borne, sa maison sise dans le 2e arrondissement de Libreville ne désemplit jamais, constamment envahie par des gens de tous horizons, Gabonais ou étrangers… « Malien de corps, Gabonais de cœur », se plait-il à se caricaturer. « Qu’on me cite un seul entrepreneur gabonais de souche qui a fait autant pour le Gabon que Seydou Kane. Vous n’en trouverez pas. Les rares nationaux qui percent, préfèrent se mettre dans des réseaux et des combines pour faire fortune (…) Je suis un vrai partisan du Gabon aux Gabonais d’abord, mais je serai malhonnête à ne pas reconnaitre que Monsieur Seydou Kane est plus qu’un Gabonais de souche», confie une enseignante. Que celui qui fait du bien, continue à en faire, enseigne la parole biblique. Cette prescription, Seydou Kane en fait une ligne de conduite.

Au vu de ses actions, il est permis de voir de l’ingratitude envers un homme qui donne tant au Gabon et à ses citoyens. Mais Seydou Kane, sobre comme à son naturel, n’en fait pas un drame.  « Je continuerai à donner tant que je vis », dit-il.

Lutter contre ces mentalités passéistes, c’est le grand défi des gouvernants gabonais. Il urge, pour les autorités, de faire un véritable travail de conscientisation. Le monde est à l’heure des brassages culturels et les vieilles démocraties au monde nous donnent des exemples. Barack Obama, d’origine africaine et kényane n’est-il pas devenu Président des Etats-Unis d’Amérique ? Nicolas Sarkozy, Hongrois d’origine, est devenu entre-temps Président de la France. Leurs origines allogènes ne les ont jamais empêchés de se mettre au service des populations. A bon entendeur…

Prosper AKPOVI