Le Ghana veut surveiller ses finances publiques

Le Ghana veut surveiller ses finances publiques

Alors que la dette crevait le plafond, le Ghana n’a eu d’autre choix, en 2015, de se tourner vers le FMI pour redresser la barre, avec un programme qui a pris fin le 20 mars dernier et que Nana Akufo-Addo n’a pas souhaité renouveler. Si les indicateurs macroéconomiques sont presque revenus à la normale, il reste du chemin à parcourir, alors que l’approche de l’élection présidentielle laisse présager d’importantes dépenses.

« On revient de loin », souffle Peter Quartey, professeur à l’institut de recherches statistiques, économiques et sociales de l’Université du Ghana. « Et même si beaucoup de travail a été accompli, on ne pourra juger du programme du FMI qu’à la fin de l’année 2020. »

Vu l’histoire récente du Ghana, l’économiste préfère rester prudent : « FMI ou pas, chaque année électorale, nous dépensons trop, sans penser aux conséquences. Le Ghana est un pays où il y a deux partis majeurs (le Nouveau parti patriotique, NPP, au pouvoir, et le Parti national démocrate, NDP, opposition, ndlr). Alors la tentation est grande, pour l’équipe au pouvoir, de dépenser pour gagner des votes. » Les Ghanéens éliront le successeur de Nana Akufo Addo en décembre 2020…

Le 20 mars dernier, le Fonds monétaire international (FMI) annonçait la fin de son programme de facilité de crédit prolongé (FEC) au Ghana, après le succès de ses 7e et 8e révisions, conduites en février 2019, qui ont permis de débloquer les 185 millions de dollars d’aides restant.