Polémique sur l’état civil d’Ali Bongo : Quand l’opposition gabonaise laisse l’utile pour l’inutile

Polémique sur l’état civil d’Ali Bongo : Quand l’opposition gabonaise laisse l’utile pour l’inutile

Depuis bientôt deux ans, la polémique sur l’état civil du président Ali Bongo était au cœur des tiraillements entre opposition et parti au pouvoir. A moins d’un mois de la présidentielle, rien n’a changé de cette situation. Pire l’opposition gabonaise en fait son « chou gras » fermant ainsi le débat sur ses projets pour la population gabonaise. Au même moment et tranquille dans son coin, le parti au pouvoir avance et conquiert le terrain.

Le président sortant du Gabon Ali est-il oui ou non le fils d’Omar Bongo Ondimba? C’est la grande question qui anime le débat précampagne au Gabon. Et selon qu’on soit de la mouvance présidentielle ou de l’opposition, les réponses sont diverses de même que l’intérêt  pour ce débat. Si dans le camp présidentiel, on semble avoir déjà donné sa position et passer à autre chose, l’opposition quand à elle a du mal à comprendre que la réponse à cette question n’est pas la grande préoccupation de la population.

Cette polémique lancée depuis l’automne 2014 par le journaliste français Pierre Péan, vigoureusement démentie par le pouvoir qui a porté plainte, est aujourd’hui le principal argument pour l’opposition gabonaise pour prétendre l’éligibilité d’Ali Bongo sur la base de la Constitution, selon laquelle « il faut être né Gabonais pour pouvoir briguer la magistrature suprême ».

Perte de temps

Cette polémique est une véritable perte de temps dans la mesure où l’acte de naissance, archivé au service central d’état civil du ministère français des Affaires étrangères, basé à Nantes, dans l’ouest de la France, confirme la version officielle, à savoir qu’Ali Bongo est né le 9 février 1959 à Brazzaville, capitale de l’ancienne Afrique équatoriale française (AEF). Le débat actuel n’est rien autre qu’une divagation de l’opposition gabonaise qui a du mal à se mettre en ordre de bataille pour la présidentielle du 27 Aout prochain.  Trop nombreux, elle (l’opposition) est aussi en proie à une guerre de leadership. En effet, parmi toutes les candidatures déclarées en son sein, aucune n’est en mesure de battre Ali Bongo pour qui le bilan du premier mandat plaide. Sous un autre angle, la majorité de ces candidats déclarés dans les rangs de l’opposition  n’ont pas de véritable projet pour le Gabon si ce n’est de se venger d’un camp, mieux d’une « personne » dont ils se sont servit pour bâtir leurs richesses.

Pire encore, Jean Ping, Casimir Oye Mba, Guy Nzouba Ndama, Pierre-Claver Maganga Moussavou et Bruno Ben Moubamba…de prêt ou de loin sont impliqués dans les plus grands scandales de détournement de fonds au Gabon. En choisissant d’attaquer Ali Bongo sur son état civil, ces faussaires détournent le débat. Incapables de présenter aux gabonais un véritable projet de société, ils le sont aussi pour produire les preuves de leurs affabulations au sujet de l’état civil de Ali Bongo. « Leur stratégie est d’associer la présidente de la Cour constitutionnelle à leur coup d’Etat constitutionnel en préparation. C’est la raison pour laquelle ils sont allés la rencontrer le 4 juillet dernier pour donner une démarche officielle à leur plan machiavélique » nous renseigne une source proche de la juge Marie Madeleine Mborantsuo.

Au moment de prononcer la recevabilité ou non des différentes candidatures déposées, on verra bien si cette dernière va entériner ce coup d’Etat annoncé. Pour l’heure, les différents candidats déclarés sont en précampagne. Et le terrain semble bien occupé par le parti au pouvoir qui souhaite qu’un second mandat soit accordé à leur champion qui en a besoin pour poursuivre les œuvres entreprises.

Chantal MINKO