Bénin: Patrice Talon, le plus grand scandale qui secoue la République

Bénin: Patrice Talon, le plus grand scandale qui secoue la République

Abus de pouvoir, conflits d’intérêts,
Détournements de fonds tous azimuts,
Corruption en bande organisée,
Association de malfaiteurs,
Tentatives de déstabilisation

Le « très vertueux » Patrice Talon pris la main dans le sac

Il s’est toujours peint comme un parangon de vertu, l’apôtre de la bonne gouvernance, se payant même le luxe de s’en prendre aux honnêtes citoyens qui l’avaient aidé à parvenir au pouvoir. Mais il n’est pas aussi clean qu’il en donne l’air. Lui, c’est Patrice Athanase Talon, Chef de l’Etat du Bénin. Alors qu’il a juré de respecter la Constitution et les autres lois de la République, Patrice Talon verse dans le conflit d’intérêt, l’abus de pouvoir, le trafic d’influence, le détournement de fonds publics…Illustrations patentes avec les dossiers SDI et CCB.

Chef de l’Etat et DG de sociétés
Société de distribution intercontinentale (SDI), Compagnie cotonnière du Bénin (CCB), voilà deux des nombreuses sociétés appartenant à Patrice Talon. La première est spécialisée dans la distribution d’intrants agricoles (engrais, herbicides, pesticides), la seconde fait dans l’achat et l’engrenage du coton graine, la vente et l’exportation des sous-produits.

Même s’il a réussi à se donner une image d’opérateur économique clean, les vrais connaisseurs de l’homme avaient toujours souri face à ce tableau propre peint de lui, au fait de sa réelle nature, son goût prononcé pour les loucheries. Qu’à cela ne tienne, devenu Président de la République par un heureux concours de circonstances, un test de sincérité se présentait à lui. Il lui fallait se conformer à la Constitution qui proscrit le cumul de fonction et relève des cas d’incompatibilité avec la fonction présidentielle.

Dans les faits, comme la fonction de Président de la République l’obsédait, Patrice Talon devrait se défaire de ses anciens titres de directeur de sociétés. Mais deux ans après son entrée au Palais de la Marina, son nom figure encore sur les papiers comme Directeur Général de sociétés. Il a certes pris soin, après son débarquement au pouvoir en avril 2016, de changer la forme juridique de ces deux sociétés, de Société à responsabilité limitée (SARL) à Société anonyme (SA). Mais il n’a pas cru devoir s’en retirer. Sur les papiers, Patrice Talonreste toujours Directeur Général de ces sociétés. Comme sur l’extrait du registre de commerce affiché sur le site web de l’Agence de Promotion des Investissements et des Exportations (APIEX). En clair, Talon, Président de la République du Bénin et Chef du Gouvernement, est toujours, à ce jour, légalement promoteur/propriétaire des sociétés SDI et CCB.

« C’est déplorable. Ce serait un adversaire politique qu’il mettrait la justice à ses trousses sous prétexte de violation de la Constitution ou des lois de la République, on l’arrêterait et l’humilierait. Quand je pense à ce qu’il a fait à son bienfaiteur Sébastien Ajavonqu’il a remercié en monnaie de singe, je suis choqué d’apprendre que c’est lui qui se prend pour l’inventeur de la vertu, qui se comporte ainsi », déplore un instituteur à la retraite.

Flagrant délit de mensonge

L’APIEX n’actualise pas ses informations, voilà la ligne de défense de Patrice Talon et ses affidés. Une argumentation qui souffre de consistance. Si l’on pourrait l’accepter s’il s’agissait du commun des opérateurs économiques, le bon sens recommande de la rejeter car cette agence est créée par Patrice Talon, Président de la République, donc sous sa tutelle, et est en charge de la création des entreprises au Bénin ainsi que de toute modification intervenant dans leur vie. Comment comprendre une telle erreur (sic) ?

Ce prétexte relève manifestement du mensonge. Car il nous revient que depuis au moins septembre 2015, trois (03) ans donc, l’APIEX actualise quotidiennement toutes les modifications relatives à la vie des entreprises créées au Bénin. Preuves palpables, la publication quotidienne de toutes les annonces légales (création, modifications et fermeture d’entreprise).

Autre preuve, la publication sur le site de la modification de la forme juridique de la SDI de SARL en SA. Troisième illustration, l’actualisation par l’APIEX, toujours sur son site, des informations relatives à Bénin Control, la toute dernière société créée par Patrice Talon en 2011, en charge de la conduite de la réforme du programme de vérification des importations (PVI).

« Moi personnellement je ne suis pas étonné d’apprendre ces comportements. Talon ne m’a jamais inspiré confiance. Je connais un peu le personnage, son côté opérateur économique. C’est un monsieur qui est tout sauf propre. Les Béninois découvriront le véritable personnage avant la fin de son mandat », charge un cadre de la Justice.

Pour revenir au sujet, comment comprendre que l’APIEX actualise la forme juridique de la SDI, mais ne le ferait pas pendant plus de 26 mois pour le nom d’un hypothétique nouveau promoteur de la société ? Pourquoi cette agence actualiserait le retrait de Patrice Talon de Bénin Control et oublierait de le faire pour la SDI ou la CCB ? Autant de questions légitimes qui mettent en exergue le mensonge XXL.

Abus de fonction, conflit d’intérêts, détournement de fonds publics…

On n’est mieux servi que par soi-même. Cet adage populaire, Patrice Talon l’a visiblement fait sien. Il ne cumule pas simplement les postes de Président de la République et de Directeur de sociétés ; il profite allègrement de cette position dominante.

Certains organes avaient dénoncé la rapine caricaturée d’opération « renflouement des caisses des sociétés proches de Talon », mais leur voix était noyée. En à peine trois (03) mois présidence, c’était une bonne quarantaine de milliards de FCFA qui était décaissée par l’Etat au profit des sociétés de l’homme qui dit incarner la Rupture (sic), ou proches de lui.

A l’époque, le ministre des Finances Romuald Wadagni avait pris trois arrêtés ministériels dans ce sens. Urgence de la campagne cotonnière 2016-2017, réparation des préjudices causés par l’Etat dans le cadre de la réquisition en 2012 de la Société de développement du coton (SODECO) – appartenant à Talon -, des intrants appartenant à la SDI puis à la société Denrées et fournitures agricoles (DFA) ; ce sont les deux prétextes avancés par le ministre Wadagni et le Chef de l’Etat lui-même.
Le 19 avril 2016, c’est un décaissement d’un montant de 12 490 280 980 FCFA qui a été autorisé pour un prétendu apurement de la dette de la SONAPRAvis-à-vis de la SODECO.

Le 30 mai, un autre arrêté du même ministre avalise le paiement de 1 174 913 263 FCFA à la société Denrées et Fournitures Agricoles (DFA) appartenant à un proche, en règlement de supposées créances suite à la réquisition en 2012 de ses intrants coton. Le 22 juillet de la même année, un décaissement de 4 304 492 416 FCFA a été autorisé, là aussi pour le règlement de prétendues créances de SDI. On retiendra essentiellement qu’à la date du 22 juillet 2016, SDI était encore une SARL, avec pour propriétaire un certain…Patrice Athanase Talon, Président de la République.
Conflit d’intérêt, trafic d’influence, abus de fonction, détournement de fonds publics…voilà autant de fléaux économiques qui sont illustrés dans ce dossier…

« N’est-ce pas qu’on nous a chanté une certaine loi portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin dans ce pays ? La loi ne s’applique-t-elle pas au Président de la République ? Ou bien lui, il est au-dessus de cette loi ? Si c’est le cas, qu’on nous le dise ouvertement. Quand c’est un simple citoyen ou un adversaire politique, il fait tout un cinéma autour de l’affaire, pour se donner l’air du plus vertueux de la planète (…) Il faut que les contre-pouvoirs s’activent pour arrêter l’hémorragie, les caisses de l’Etat risquent d’être vidées s’il doit continuer sur cette lancée », peste de son côté un cadre de banque. « Le Bénin mérite mieux comme Président », lâche, non moins dépité, un ancien de ses admirateurs, mais qui aujourd’hui l’a pris presqu’en aversion, à raison sans doute…

                                                       Prosper A