Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo candidat à la présidentielle de 2020 ?

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo candidat à la présidentielle de 2020 ?

A quand la libération de Laurent Gbagbo ? L’ancien président ivoirien, détenu à la Cour pénale internationale depuis 2011 pour crime de guerre et crime contre l’humanité, se projette déjà dans l’avenir. Dans un livre co-écrit avec le journaliste François Mattei, «Libre. Pour la vérité et la justice» (éditions Max Millo), l’ancien chef de l’Etat ivoirien fait quelques confidences sur sa vision de son avenir. Persuadé qu’il sera acquitté par la Cour pénale internationale d’ici début 2019, il évoque son retour au village et n’écarte pas de revenir sur le devant de la scène.

Dans ce livre-entretien, Laurent Gbagbo répond aux questions de François Mattei. « Mon ambition, c’est de revenir chez moi en Côte d’Ivoire », confie l’ancien président ivoirien, qui espère être acquitté par la CPI d’ici le début de l’année prochaine.

« J’ai réservé une maison pour m’accueillir. J’ai déjà fait acheter des matelas pour remplacer ceux que l’on m’a volés dans ma petite maison du village », dit-il en parlant sans doute de son village natal de Mama, près de Gagnoa, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire.

A la question : « A la fin de votre procès, avez-vous le projet de redevenir président en 2020 ? », Laurent Gbagbo répond : « Il n’est pas indispensable d’être président pour faire de la politique et se rendre utile. La Côte d’Ivoire, l’Afrique, c’est ma vie, et je serai toujours concerné par leur destin. Pour m’empêcher de rentrer chez moi, sont-ils prêts à l’illégalité ? »

Bref, s’il est acquitté, comme l’espèrent ouvertement ses avocats, Laurent Gbagbo entend bien rentrer en Côte d’Ivoire et n’exclut pas de se présenter à la présidentielle de 2020.

Dans ce livre-entretien, qui est en fait la version augmentée et actualisée d’un précédent ouvrage paru en 2014, l’ancien président de Côte d’Ivoire égratigne quelques figures politiques africaines qui sont, à ses yeux, trop proches de la France post-coloniale. Du Burkinabè Blaise Compaoré, il dit : « Le temps est venu de construire enfin nos indépendances dans nos pays d’Afrique francophone (…). Il y a aujourd’hui une opinion publique en Afrique. Au Burkina Faso, Blaise Compaoré a été chassé par son peuple. »

La chambre d’instruction doit se pencher demain, jeudi 13 décembre, en audience à huis clos sur le maintien en détention de l’ex-président ivoirien Laurent Gabgbo et de l’ancien leader des Jeunes patriotes Charles Blé Goudé. Ces deux responsables politiques, poursuivis pour crimes contre l’humanité, sont détenus dans la prison de Scheveningen, depuis respectivement 2011 et 2014.

Fadi el Abdallah, le porte-parole de la CPI, explique les tenants de cette audience.