Okili Boyer: « La filiation biologique de M. Ali Bongo ne peut souffrir d’aucune contestation… »

Okili Boyer: « La filiation biologique de M. Ali Bongo ne peut souffrir d’aucune contestation… »

Ces dernières semaines les réactions ne cessent de se multiplier, depuis la publication du livre « Les nouvelles africaines », du journaliste français, Pierre Péan, qui remet en cause, la gestion du Gabon, et les origines du Chef d’Etat gabonais, Ali Bongo. Les mauvaises langues ne cessent de tout mettre en mettre pour décrédibiliser le chef de l’Etat gabonais et de le livrer à la vindicte populaire. Paul Okili Boyer, cité dans ledit ouvrage, pour avoir ramené Ali Bongo au Gabon dans les événements de la guerre du Biafra, conteste vivement les propos de l’auteur dans cette interview accordée à notre rédaction. A quelques semaine des présidentielles, la question revient encore sur le devant de la scène. Une dernière tentative de l’opposition de déstabiliser le Gabon. Lecture!

Monsieur Okili BOYER, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Il est sûr que certains de vos lecteurs doivent me connaître, mais quand aux autres, il est certainement obligatoire de faire de moi, une mini présentation.

Né le 17 Juillet 1950 à Libreville (République Gabonaise), d’un père français et d’une mère native de Libreville et d’ethnie Mpongwé, j’ai passé une partie de mon enfance dans ma ville natale, puis à  Paris et Dreux (28…France). Initié dans nos traditions Gabonaises aux différents rites traditionnels  Mpongwé, j’ai passé, comme tous mes cousins, les classes d’âges, inhérentes à la formation tradi-religieuse, qu’il est obligé de recevoir dans notre ethnie Mpongwé.

Me destinant à une carrière militaire, je suis retourné, avec l’idée de rester définitivement à Libreville en fin 1974 avec le grade de sous – lieutenant. Monsieur Albert Bernard Bongo (Ali Bongo, ndlr) m’a reçu avec beaucoup d’égard dès mon arrivée. Mais, dans une affaire où la République Française n’a pas été innocente, je fus arrêté le 11 Avril 1975 et incarcéré en début mai 1975 au quartier de la prison politique (Annexe), à Gros Bouquet Libreville. Sur la base d’une soi-disante atteinte à la sureté de l’Etat presque imaginée par un expatrié français du Nom de Georges Conan, qui occupait les fonctions de Colonel de Police et Chef de la Police Politique Gabonaise.

J’ai eu à accomplir 8 années de prison Politique à Libreville, étant condamné à 15 années de travaux forcés. Condamné par la cour de sureté de l’Etat Gabonais, présidée par Jean Pierre Ndong en Juin 1976, le président Bongo, m’a octroyé, par deux fois, des remises de peine, une première de 5 ans en 1976 et une seconde de 4 ans en 1978.

En février 1982, Mme Mbanza Bagny m’octroyait un non-lieu, et cela me fit recouvrer la liberté sans aucune indemnisation, quelle qu’elle soit.

Libéré définitivement en 1982, c’est le président François Mitterrand (Président Français) qui m’a fait retourner en France.

Depuis, j’ai milité au Morena (Mouvement de Redressement National), le Forum des Démocrates  et des Républicains, et à la Renaissance du Bloc Démocratique Gabonais. Je suis vice-président avec le Président Antoine Meyo me Ndoutoume pour le Gabon  , et de par ma double nationalité, je suis membre  du mouvement, Union des Démocrates et des Indépendants en France. Voila ce que je peux dire de moi.

Vous êtes cité dans le fameux livre « Nouvelles Affaires africaines » du journaliste français Pierre Péan. Les regards se tournent vers vous.  Comment avez-vous connu le feu président Omar Bongo Ondimba, et quelles ont été  vos relations avec sa famille?

Comme je vous l’ai expliqué, je suis né d’une mère Gabonaise qui était la fille de la sœur de Georges Damas Aleka, le compositeur de l’Hymne national gabonais et  aussi, Ambassadeur du Gabon en Allemagne. Il a été ensuite Président de l’Assemblée Nationale du Gabon pendant de longues années.

Dans ce cadre, voyez-vous, au cours des années qui ont suivi l’indépendance de la République Gabonaise, tous les enfants des différentes familles qui constituaient les cadres de Libreville, de la Nation, ainsi que les notables politiques et traditionnels de notre Gabon, se côtoyaient. Ainsi donc, tous les enfants, nous nous connaissions. Ce qui a fait que quand j’entends dire que Monsieur Alain (Ali) Bernard Bongo serait venu du Biafra, cela pourrait amener à en rire. Cela est du domaine du fantasme de certains qui croient qu’en faisant ce genre d’anathème, on dirige les opinions du peuple.

Cela est très grave, car pour de  tels déraisonnements on met la République en danger. C’est pourquoi, je suis aussi d’accord sur le refus de Monsieur Billy bi Nzé, porte parole de la Présidence de la République Gabonaise, à une obligation de test d’ADN pour le Président de la République Gabonaise.

Il n’y a aucune obligation à ce que le Chef de l’Etat se soumette a un tel test, car il n’y a aucune possibilité que Monsieur Alain (Ali) Bernard Bongo soit issu d’une autre famille biologique que celle du Président Albert Bernard Bongo et de Madame Marie Joséphine Kama Dabany.

Certains arguent sur un fait inhérent à l’âge très jeune de Madame Marie Josephine Kama Dabany. Mais je crois que la beauté  de cette jeune Dame est plutôt un critère de qualité pour l’ancien Président de la République Gabonaise. Et d’ailleurs, nos traditions gabonaises ancestrales autorisaient un mariage traditionnel du fait que Monsieur Bongo Albert était un militaire servant à cette époque, sous le drapeau français. Les parents ont été très heureux plutôt de cette union.

Pour donc en revenir sur votre question, j’ai connu Monsieur Albert Bernard Bongo à cette époque, et tous les Gabonais se rappellent du courage de ce monsieur en 1964, durant la tentative de coup d’Etat faite par Monsieur Hilaire Aubame.

Avant votre de départ du Gabon, vous avez vécu un certain nombre d’événements politiques sur le continent. Quel a été votre rôle dans la guerre du Biafra ?

Mon Dieu ! J’avais 18 ans, et je n’étais parti que pour aider  des populations en souffrance, des jeunes des enfants qui nous avaient été présentés par  Monseigneur Raponda Walker. Je vais vous redire ce que me disait Monseigneur Raponda Walker : “Paul, Dieu aime les faibles, et pour les sauver, il envoie ses enfants….car Dieu aime ceux qui aident à ce que les violences faites à ses enfants soient le départ d’une vie qui mérite …..Dieu vous donnes la vie, et  Dieu veut que l’on aime la vie…”.

Voilà ce qui a motivé entre autre, mon acceptation pour  aller aider ces personnes en détresse.  Certains nommaient “mercenaires”, nous autres qui faisions ce travail d’aide aux enfants biafrais. Et moi, je n’ai pas été payé. J’y suis allé pour l’honneur de la vie.

Peut être  qu’un jour on me donnera une médaille, qui sait ?

Ali Bongo, comment l’avez-vous connu?

En 1968 ? Il y avait déjà bien longtemps que nous connaissions le fils d’Albert Bernard Bongo à Libreville,  à moins que ce  jeune garçon ait eu une vie  à plusieurs  composantes. Il aurait été difficile de ramener du Biafra, un jeune garçon qui était déjà à Libreville. Et tous ceux qui étaient de cette époque le voyaient à Avenue de Cointet avec sa maman madame Marie Joséphine  Kama Dabany, quand nous allions chez  ma tante madame Lapebie qui avait une structure de loisirs à coté du centre social « Soeur Hiacynte Antini »,  au bout de la rue de Cointet. Nous le voyions souvent, et même  quand Monsieur Robert Doumengoye, qui était un ami de la famille et notable de Moanda (Haut Ogooué)  venait avec nous  chez les Blancpain (un autre oncle). Combien de fois n’avions-nous pas rencontrés le petit Alain Bernard, quand il était à Libreville.  Je crois avoir entendu Monsieur Doumengoye dire que  le fils du Directeur de Cabinet du président Léon Mba (Albert Bernard Bongo) était  le plus souvent  dans la famille  de Monsieur Rawiri en France.

Qu’est-ce qui explique alors le fait que Pierre Péan raconte, dans son livre, que vous avez ramené Ali Bongo du Biafra ?

Monsieur Péan me fait beaucoup d’honneur, en me citant dans un livre, car dans ma vie, j’aime et je décide plutôt de mon propre chef, des actions qui sont les originalités de ma vie, comme tout un chacun.

A dix huit ans, j’ai été dans un but humanitaire, aider à exfiltrer des enfants qui, dans un contexte dangereux, risquaient d’être les premières victimes d’un Etat de guerre civile ; n’importe qui aurait fait le même geste, c’est-a-dire aller avec des équipes de personnes très respectées pour “sauver” des vies humaines, surtout celles des enfants.

Alors je me permets de vous dire que je suis fier de ce que j’ai eu à faire et de plus, je dirais que le courage se porte sans ostentation, mais avec le respect de la vie des autres. Et Monsieur Péan doit avoir du respect pour la vie des autres.

Aviez-vous déjà rencontré Pierre Péan, avant la sortie de son ouvrage?

Absolument pas! J’aime mon Gabon. Je ne suis pas de ceux qui se permettent de le salir, pour se faire mousser.

Selon vous, qu’est-ce qui pourrait motiver M. Péan à écrire une telle œuvre ?

Pour ma part, je ne me mêlerais nullement d’une tentative de déstabilisation du Gabon, qui mettrait en cause une quelconque “élucubration” de certaines personnes mettant les institutions de la République en danger.

La filiation biologique de Monsieur Alain Bernard Bongo ne peut souffrir d’aucune contestation par rapport à ses parents. Nous avons  connus la vie de cette famille en 1964 à mon retour au Gabon, venant de chez les frères des écoles chrétiennes où je fréquentais.
Quelle disposition pensez-vous alors prendre face à cette situation?

 Je vais y réfléchir, car  entre cette opposition qui  prend des options factuelles qui mettent en péril la paix civile, et un écrivain qui confond aisément  “Racontars et Vérités”, j’ai honte pour mon pays le Gabon.
Votre dernier mot…

Aimer mon pays, jusqu’à la déraison, c’est cela qui fait qu’un opposant comme je le suis puisse continuer à dire : que vive et que  continue, notre Gabon , dans l’Union , le Travail , et la Justice.

Propos recueillis par Prosper A. depuis Toulouse, France