Point de vue : Cedeao, après quarante neufs ans, rien n’a changé !

Point de vue : Cedeao, après quarante neufs ans, rien n’a changé !

La 49ème session ordinaire de la conférence des chefs d’États et de gouvernement de la Cedeao s’est tenu le week-end dernier à Dakar. A cette grande messe sous régionale, il a été question de la crise politique en Guinée-Bissau, les relations tendues entre le Sénégal et la Gambie, la succession de Macky Sall à la tête de la Cedeao et la lutte contre le terrorisme toujours d’actualité.

 Comme à chaque fois et comme il a été le cas durant les 48 précédents sommets, les plus grandes décisions prises à ce sommet de Dakar se sont limitées à des condamnations et à des appels. Lors de ce sommet, outre le président sénégalais Macky Sall, qui n’a pas fait dans le demi mot pour demander à ses collègues de s’acquitter de leurs contributions, les différentes délégations sont reparties de Dakar sans réel engagement pour l’amélioration des conditions de vie et de travail de leurs différentes populations. Dans le communiqué final, il a surtout été question d' » indignation « , de  » condamnation  » et  » de demande « . Comme on peut le constater, visiblement, pour nos chefs d’États, l’heure n’est pas aux prises d’initiatives qui puissent permettre aux populations de se responsabiliser. Et c’est depuis quarante neuf ans que cela dure. Les héritiers du pouvoir dans les pays ouest africain semblent avoir opté aussi, comme leurs prédécesseurs, pour l’inaction.

 Après quarante huit années de discours stériles, de condamnations sans effet, d’indignation sans prise de décision si ce n’est que quelques unes, l’heure de l’action et du concret semble avoir sonné pour la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Le concret, c’est le travail pour la jeunesse qui, parce que fatiguée d’espérer, trouve son salut dans l’émigration clandestine qui s’avère très suicidaire. Au pire des cas, une partie de cette jeunesse part gonfler les effectifs des groupes terroristes pour semer le chaos au sein de leur propre communauté. Les attentats terroristes du Mali, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Tchad… sont là pour nous édifier sur cette situation. Cette situation chaotique que connait la sous région est la résultante de cette inaction de son organisation sous régionale. Le principe de la libre circulation des biens et des personnes bat du plomb dans l’aile, l’intégration régionale en matière économique est une utopie, la transparence, que dis-je, l’alternance démocratique est un idéal qui s’observe chez quelques voisins, l’insécurité est le compagnon de route des populations, la pauvreté, le chômage et le sous emploi sont des vécus quotidiens de la jeunesse. Voilà les réalités auxquelles la sous-région est confrontée. Et comme réponse, les dirigeants africains ne se contentent qu’à faire des discours. A quand les véritables actions ? Il faut être génie pour répondre.

Chantal MINKO