Portrait: Patience Dabany Femme artiste aguerrie à donner de la joie aux coeurs

Portrait: Patience Dabany Femme artiste aguerrie à donner de la joie aux coeurs

Patience Dabany, Joséphine Kama Dabany à l’état civil, est une chanteuse gabonaise, née le 22 janvier1944 à Brazzaville, de Jérôme Dabany et Véronique Nabibiga. Elle est aussi la mère du président Ali Bongo, mais surtout une dame de cœur qui sème la joie autour d’elle. Portrait !                     

 

Née pour faire de la musique, sa rencontre avec Omar Bongo

Patience Dabany n’est pas arrivée à la musique par hasard. Elle est issue d’une famille de musiciens originaire de la province du Haut-Ogooué au Gabon et aimait chanter depuis le bas âge. « Dans ma famille, tout le monde chante. A commencer par mes parents. Mon père était accordéoniste, et lorsqu’il jouait, nous, on chantait. Tout est parti de là. Je ne peux pas travailler sans chanter. Tout le monde, y compris mes enfants, chante (…) Mais je ne pensais pas alors à faire de la musique », confie-t-elle à un journal panafricain. C’est pourtant ce qu’elle va faire ; et elle ne s’est pas trompée de vocation.

Joséphine Kama Dabany rencontre en 1958 Omar Bongo, qu’elle épouse quelques années plutard. Lorsque ce dernier monta au pouvoir en 1967 au Gabon, elle devient la première dame du pays. On l’a appelé « Madame la présidente » dix-huit ans durant, avant qu’elle ne divorce pour entamer une carrière artistique entre l’Afrique et les États-Unis. L’appel du destin, diront les superstitieux, puisque sa carrière bien remplie débutera à partir de cet instant. D’ailleurs pendant tout ce temps passé au foyer d’Omar Bongo, malgré les charges et les contraintes protocolaires de première dame, elle n’a jamais coupé les racines avec sa passion. « Quand j’étais Première dame du Gabon, je composais pour un groupe. Quand j’avais des réunions politiques avec les femmes, je leur apprenais des chansons puisque je dirigeais les groupes d’animation politique. Mais je ne pensais pas alors à faire de la musique », a déclaré « Madame la présidente » qui réussit à créer un groupe d’animation socioculturelle, Akébé-ville devenu Kounabeli, et un orchestre, les Superstars.

 

Une carrière assez remplie

Assez courte, à sa place beaucoup de femmes auraient été complexées. Mais cette petite taille n’a jamais constitué un handicap pour elle ; mais peut-être plutôt une source d’inspiration pour percer dans le domaine de la musique. Patience Dabany a en tout cas fait des choses gigantesques, à l’opposée même de sa taille.

Elle compte une bonne dizaine d’albums : Associé II (1987), Dis-moi Your love (1990), Lévékisha (1994), Chéri ton disque est rayé (1995), La vie a changé, Nouvelle attitude (1998), Article 106 (2001), Associé (2002), Obomiya (2004), No Comment ( 2007), La Locomotive (2010) et La Locomotive II (2011). On parle aussi de Mama sorti en 2010, un projet global comprenant un best-of de plusieurs de ses chansons revues et réenregistrées et un DVD qui résume l’histoire de l’artiste, avec pour titre phare « On vous connaît » très apprécié au-delà des frontières gabonaises.

Dans ses chansons, elle mélange rythmes tékés, chœurs pygmées, guitares. Elle fait dela variété musicale, mêlant rythmes locaux et sonorités pop, mais aussi le zouk africain, la rumba. Dans l’univers de la chanson féminine gabonaise, Patience Dabany est indiscutablement au-dessus du lot, surtout par la richesse de ses œuvres. Elle est à la fois auteur, compositeur, percussionniste et chanteuse, chose rare au Gabon et en Afrique.

Au Gabon, elle est la seule artiste jusqu’à ce jour à avoir eu des rencontres aux Etats-Unis avec les plus grandes stars américaines parmi lesquelles la famille Jackson ; les frères Debarges, James Brown, Thelma et Whitney Houston etc… Le 2 novembre 2012, elle a rempli le Zénith de Paris. Une consécration.

La musique, elle ne la fait pas seulement, elle la vit, et il y a comme un pacte qui les lie. « La musique me donne tellement ! La paix du cœur, de l’âme. C’est ma passion. Je peux me mettre en colère de temps en temps ou me montrer dure, le fait de chanter me calme instantanément. C’est comme une sorte de remède, de médicament contre beaucoup de choses », dit-elle dans une interview accordée en 2012 au mensuel « Afrique Magazine ». Patience Dabany est aussi scénariste de cinéma et a joué dans des longs métrages dont Collier du Makoko, Ayouma, entre autres.

 

Une maman simplement

Ce qui fait d’elle une femme géante, c’est moins sa carrière (certes énorme) que son côté humain. Ancienne épouse, puis mère de président depuis 2010, on pourrait s’attendre à une dame de carapace, jouant à la dure à cuire, sans sentiment. C’est avoir tout faux que de penser ainsi. Patience Dabany est restée tout simplement maman.

« C’est une mère attentionnée, qui donne tout son amour à ses enfants et s’occupe d’eux avec toute la chaleur requise, comme s’ils sont encore des mômes », confie une proche. C’est sans doute ce qui transparaît dans son morceau « L’amour d’une mère » où elle chante : « Même si tu es allé vers d’autres amours /Tu as toujours ta place dans mon cours / On trouvera la force pour franchir les obstacles /Et si jamais tu trébuches, je ferai des miracles / Et depuis tout ce temps, où tu as pris ton envol / Je prie toujours pour que jamais tu n’tombes / Et si tu as du chagrin, n’hésite pas à rouvrir ma porte /Tu sais très bien, mon cœur sera toujours ouvert pour toi (…) L’amour d’une maman ne s’éteint jamais / Je t’ai élevé avec amour /Depuis le jour où tu es né /Je t’en donnerai toujours / T’aimer comme seule une mère peut aimer / L’amour d’une mère ne s’éteint jamais (…) Même si tu voles de tes propres ailes /Même si tes obligations t’appellent /Ta place sera toujours dans mon cœur / Car maman t’aimera toujours ». No comment.

 

Une dame de cœur, flegmatique

Patience Dabany, c’est la maman de tous, une femme de cœur qui fait rejaillir sa bonté au-delà de ses enfants. Elle est un mécène qui a aidé beaucoup d’artistes de la nouvelle génération à démarrer, à l’instar d’Oliver N’Goma, Aziz Inanga ou Angèle Assélé (sa nièce), qui est devenue une star dans son pays, entre beaucoup d’autres. D’où (en partie) l’origine de son nom affectueux, « Maman ».

Tous ceux qui l’ont côtoyée la décrivent comme une femme qui aime partager et répandre de la joie autour d’elle ; bien loin des clichés véhiculés sur elle en tant qu’ex-première dame et actuelle mère de président. Selon les informations de bonnes sources, elle projette même créer une fondation qui devra s’occuper des personnes du 3e âge. Une action rare sur le continent ; à saluer donc.

Maman Dabany, c’est aussi une dame assez posée, qui sait être au-dessus de la mêlée, qui sait simplement gérer ses émotions. Bien que très protectrice de ses enfants, touchée dans son amour propre dans la polémique créée par Pierre Péan sur la paternité et la nationalité de son fils Ali Bongo, elle a su appréhender la chose avec beaucoup de flegme. Pour elle, l’accusation du Français n’est que l’effet de la jalousie de ses adversaires politiques qui veulent le déstabiliser psychologiquement et politiquement. Les sources parlent même d’un chantage de M. Péan qui aurait exigé une bonne demi-dizaine de milliards de FCFA pour la…boucler. Patience Dabany est simplement unique !

 

Grogne d’Afrique