santé

Parmi les pollens qui provoquent des allergies, celui de l’ambroisie est un véritable fléau. Il est en effet responsable d’allergies importantes, parfois sévères, lorsqu’il répand son pollen à la fin de l’été et en automne. Attention, cette année, les premiers pollens sont annoncés pour le 8 août.

Plante la plus allergène connue à ce jour, l’ambroisie est très présente en Auvergne-Rhône-Alpes et en Bourgogne où elle fait des ravages. Dans la région lyonnaise, les concentrations en pollens d’ambroisie peuvent ainsi dépasser 750 grains/m3 /jour dans les zones les plus infestées, alors que l’on estime que les réactions allergiques peuvent apparaître à partir de 10 grains/m3.

ALLERGIE À L’AMBROISIE : QUELS SONT LES SYMPTÔMES ?

Nez qui coule, éternuements en salve, démangeaisons au niveau du nez et du palais, sensation de sable dans l’œil, photophobie, parfois oedeme au niveau des paupières sont les symptômes que l’on retrouve chez 90% des allergiques à l’ambroisie. « Ce sont les mêmes symptômes que les autres pollens mais avec une sévérité plus importante » explique le Dr Martine Grosclaude, médecin allergologue.

L’ambroisie provoque aussi de l’asthme chez une personne allergique sur deux, « ce qui est plus fréquent que pour les autres pollens » souligne l’allergologue. Chez certains, cela va prendre la forme d’une ou deux crises par an. Mais cela peut aller jusqu’à un asthme sévère, et parfois même la réanimation.

Enfin, l’ambroisie peut provoquer des atteintes cutanées dans 10% des cas.

« Il n’y a pas d’âge pour l’allergie, et particulièrement pour l’ambroisie. Elle peut apparaître à la ménopause. Parfois plus tard encore ».

ALLERGIE À L’AMBROISIE : COMMENT ÇA SE SOIGNE ?

Les premiers traitements consistent à contrôler l’inflammation avec des corticoïdes locaux, des antihistaminiques, des collyres. « Il faut également traiter le nez pour le décongestionner car le risque de dérapage asthmatique est important » explique le Dr Grosclaude.

La désensibilisation est réservée aux personnes dont l’allergie a été prouvée à l’aide d’un bilan allergologique. Elle ne fait pas disparaître l’allergie mais elle permet d’induire une nouvelle tolérance vis-à-vis de l’allergène. « C’est le seul traitement capable de modifier l’histoire naturelle de l’allergie à l’ambroisie. On a 70 à 75% de bons résultats avec des rhinites qui n’évolueront pas en asthme. Et 20% d’échecs » souligne le médecin.

L’AMBROISIE GAGNE DU TERRAIN

Introduite en Europe à la fin du XIXème siècle, l’Ambrosia artemisiifolia peut atteindre jusqu’à 2 mètres de haut et produire quantité de petites fleurs qui diffusent du pollen à fort pouvoir allergisant. Ses pollens s’accrochent fréquemment aux poils des animaux et aux vêtements favorisant ainsi la dissémination.

Chaque été, du 15 au 30 juin, ont lieu les Journées de lutte contre les ambroisies. Durant ces 15 jours des animations sont organisées pour alerter sur les allergies générées par les ambroisies. Et des campagnes d’arrachage sont organisées avant la floraison fin juillet.

Mais l’éradication de l’ambroisie est très difficile car la plante essaime peu à peu le long des voies de chemin de fer, le long des routes, dans les parcelles agricoles (et notamment dans les champs de maïs), dans les chantiers de construction. Par ailleurs, la durée de vie dans les sols des semences d’ambroisie est de plusieurs années, il faut donc renouveler l’arrachage plusieurs années de suite pour être sûr de se débarrasser de la plante.

UNE CONCENTRATION MULTIPLIÉE PAR 4 D’ICI 2050

Sous l’effet de la hausse des températures, la plante va progressivement envahir d’autres régions. « Le changement de climat va avoir un impact sur l’expansion de l’ambroisie », déclarait à Top santé (dans le magazine de mars) Nicolas Viovy, chercheur au Laboratoire Sciences du climat et de l’environnement.

D’après les études prospectives de ce laboratoire, d’ici 2050 la concentration en pollen d’ambroisie sera multipliée par quatre, en raison du réchauffement des températures et de l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère, mais aussi du développement de la plante elle-même qui prolifère. « L’augmentation de la température favorise sa progression vers le Nord. A tel point que l’on trouve aujourd’hui des buissons d’ambroisie au pied de Notre-Dame, sur les terrains non entretenus » souligne le Dr Martine Grosclaude.

TV5MONDE

RFI

BBC

FRANCE 24

GROGNE D’AFRIQUE N°516

GROGNE D’AFRIQUE N°435

Presse 256