Santé : A la découverte de l’hépatite virale

Santé : A la découverte de l’hépatite virale

L’hépatite virale est une inflammation du foie causée par un virus. Il existe au moins cinq types d’hépatites virales qui sont bien connus à savoir : l’Hépatite A, l’Hépatite B ou VHB, l’Hépatite C ou VHC ou Hep C, l’Hépatite D et l’Hépatite E. Leurs symptômes se ressemblent, mais leur mode de transmission et leur évolution dans l’organisme varient considérablement.

Quels sont les symptômes de l’hépatite virale?

Hépatite A

La plupart des personnes qui sont infectées par le virus de l’hépatite A ont des symptômes de la grippe (fatigue, fièvre et maux de tête) alors que d’autres ont des maux de ventre, de la diarrhée et une jaunisse (la peau ou les yeux jaunes) environ 1 mois après que le virus ait pénétré l’organisme. L’infection suit son cours et guérit complètement, puis une immunité se développe pour la vie (le système immunitaire développe des anticorps spécifiques à l’hépatite A qui protègent contre une réinfection). En plus de la jaunisse (aussi appelée « ictère »), l’urine peut devenir très foncée et les selles très pâles (comme de l’argile). Habituellement, l’hépatite A se résorbe complètement en 2 mois. Alors que les résultats sont généralement favorables, parfois un patient peut mourir durant la phase aiguë de l’infection. Les personnes sont considérées contagieuses jusqu’à une semaine après qu’on ait observé la jaunisse.

Hépatites B et C

Contrairement aux personnes infectées par le virus de l’hépatite A, plusieurs personnes infectées par les virus des hépatites B (VHB) et C (VHC) ne se sentent jamais malades et guérissent complètement. Ceux qui sont symptomatiques ont des symptômes similaires à ceux de l’hépatite A qui commencent normalement entre 1 et 3 mois après l’entrée du virus dans l’organisme. 10 % des adultes atteints de l’hépatite B aiguë et 80 % de ceux atteints de l’hépatite C développent une infection chronique qui peut entraîner la cirrhose et/ou le cancer du foie plus tard dans leur vie. Ces patients n’arrivent pas à éliminer le virus de leur organisme et demeurent porteurs de cette infection. Ceci veut dire qu’ils ont toujours une petite quantité de virus dans leur sang et leurs liquides biologiques. Ces porteurs peuvent transmettre l’infection même s’ils n’ont pas de symptômes.

Hépatite D

Le virus de l’hépatite D ne peut se développer qu’en présence du virus de l’hépatite B et se manifeste de façon similaire.

Hépatite E

Le virus de l’hépatite E provoque une infection similaire à celle de l’hépatite A (mode de transmission entérique, c’est-à-dire via le système digestif, à travers l’eau et la nourriture contaminée), mais il se retrouve principalement dans les pays en voie de développement (Asie, Inde, Pakistan, etc.) — l’hépatite E est très rare en Amérique du Nord. L’hépatite E est particulièrement dangereuse pour les femmes enceintes, et peut même leur être fatale.

Comment se transmet le virus qui cause l’hépatite virale?

Hépatites A et E

Les virus des hépatites A et E se transmettent surtout par voie orale ou fécale (de l’anus à la bouche, par exemple, si on ne se lave pas les mains après la selle), par contact humain, par des aliments crus ou insuffisamment cuits (crustacés, fruits et légumes), et par de l’eau contaminée. C’est pour cette raison que le risque de contracter les hépatites A et E est plus grand dans les pays sous-développés, où l’eau est contaminée par des matières fécales et les égouts, contaminant ainsi tout ce avec quoi elle entre en contact. Le virus de l’hépatite A est aussi responsable des épidémies dans les communautés homosexuelles ou chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH), et qui ont des contacts sexuels oro-anaux.

Hépatites B et D

Les virus des hépatites B et D se transmettent principalement par les relations sexuelles non protégées (sexe oral et pénétration vaginale ou anale), le partage de seringues souillées, le sang ou les liquides biologiques. Rappelez-vous que votre partenaire sexuel peut ne pas savoir qu’il est atteint (il peut ne pas se sentir malade et avoir tout de même contracté le virus). L’hépatite B peut aussi se transmettre de la mère à l’enfant au moment de l’accouchement. Cette situation est plus répandue dans les pays où l’hépatite B est endémique (où les taux sont plus élevés, en Asie, Afrique, etc.).

Hépatite C

Enfin, le virus de l’hépatite C se transmet essentiellement par le sang (partage de seringues, transfusions sanguines, tatouage, piercing). Le risque d’attraper l’hépatite C lors de relations sexuelles est très rare, à l’exception des gais et bisexuels. À la naissance, les mères infectées peuvent transmettre l’hépatite C à leur enfant dans 5 % des cas. Le risque augmente à 25-30 % si la mère est aussi infectée par le VIH.

Les hépatites B et C ne sont pas transmises par l’eau, les aliments ou les contacts à l’école ou au travail.

Qui est à risque de développer une hépatite fatale?

  • Les personnes souffrant déjà d’un type d’hépatite et qui contractent un deuxième virus (il est important de prévenir une seconde infection par la vaccination, lorsqu’elle est appropriée);
  • Les personnes qui ont une maladie du foie causée par l’alcool – hépatite, cirrhose ou cancer du foie (hépatome);
  • Les personnes âgées.

Comment éviter de contracter une hépatite virale?

Hépatites A et E :

  • Évitez les contacts sexuels oro-anaux;
  • Si vous séjournez dans une région endémique où les conditions d’hygiène sont mauvaises (Asie, Afrique, Amérique du Sud, Mexique, Antilles), évitez de consommer l’eau du robinet, les glaçons, salades, fruits sans pelure, fruits de mer insuffisamment cuits, aliments vendus sur la rue;
  • Il existe un vaccin efficace contre l’hépatite A qui se donne en 2 doses et qui confère une excellente immunité. La dose initiale confère une protection quelques semaines après son administration, et dure jusqu’à 1 an. La deuxième vaccination confère une immunité qui persiste entre 10 et 20 ans — ce qui en vaut la peine! L’hépatite A peut être prévenue complètement.

Hépatites B, C et D :

  • Ayez des relations sexuelles protégées;
  • Ne partagez pas des aiguilles ou des dispositifs associés aux drogues;
  • Ne partagez pas votre brosse à dents, rasoir, lime ou tout autre article personnel portant des traces de sang;
  • En vous immunisant contre l’hépatite B. Il existe actuellement un programme de vaccination gratuit pour les enfants en Amérique du Nord (plusieurs adultes ne sont pas vaccinés). Trois injections sur une période de 6 mois procurent une protection prolongée chez la majorité des gens;
  • En recevant une immunoglobuline si vous avez été exposé depuis 7 jours ou moins à du sang ou des liquides biologiques infectés. S’ils sont reçus au moment approprié, ces anticorps peuvent vous protéger immédiatement contre une infection par l’hépatite B.

Consultez votre médecin!

  • Si vous êtes enceinte, en faisant un dépistage afin de vacciner le nouveau-né contre l’hépatite B. Si le test est positif, votre médecin s’assurera que votre bébé soit traité immédiatement après la naissance. La prévention de l’hépatite chez votre nouveau-né est essentielle!

Y a-t-il un traitement contre l’hépatite virale?

Hépatites A et E

Les hépatites A et E guérissent d’elles-mêmes sans aucun traitement. Un traitement d’appui peut être prescrit pour soulager les symptômes pendant que le système immunitaire élimine le virus. Après une exposition connue au virus de l’hépatite A, l’administration d’une dose d’immunoglobulines durant les 14 premiers jours peut aider à prévenir ou à tout le moins à atténuer la maladie.

Hépatite B (VHB)

L’avenir s’annonce prometteur pour les personnes atteintes d’une infection chronique à l’hépatite B. Il y a dix ans à peine, aucun traitement n’était disponible pour lutter contre cette maladie. Bien qu’on soit toujours à la recherche d’un traitement offrant une guérison complète de l’hépatite B, on dispose maintenant de 6 médicaments approuvés pour les adultes (2 pour les enfants) et plusieurs médicaments prometteurs sont en développement. Les traitements actuels semblent plus efficaces chez les personnes ne démontrant aucun signe de maladie du foie active.

Le traitement n’est pas nécessairement indiqué pour toutes les personnes souffrant d’hépatite B chronique. Vous devez d’abord demander à votre médecin si vous êtes susceptible de bénéficier d’un traitement de l’hépatite B ou d’une étude clinique. Assurez-vous de bien comprendre les avantages et les inconvénients de chaque option.

Qu’il soit décidé d’entreprendre un traitement ou non, il est très important d’être suivi par un hépatologue (un spécialiste du foie) ou un médecin qui connaît l’hépatite B, et ce, sur une base régulière.

Le traitement de l’hépatite B est en constante évolution. Plusieurs médicaments sont présentement disponibles pour lutter contre l’hépatite B au Canada :

  • 3TC (lamivudine, Heptovir)
  • Adéfovir (Hepsera)
  • Entécavir (Baraclude)
  • Emtricitabine (FTC, Emtriva)
  • Interféron-alpha (Pegasys ou Pegetron)
  • Ténofovir (Viread)
  • Ténofovir et FTC en un seul comprimé (Truvada)

Plusieurs de ces médicaments (excepté entécavir, adéfovir et interféron-alpha) sont également utilisés pour lutter contre l’infection au VIH, en raison de leur importante activité antirétrovirale. Si vous souffrez à la fois d’hépatite B et du VIH, ces médicaments pourraient vous convenir. Parlez-en à votre médecin.

De la recherche à l’approbation finale, les médicaments sont soumis à une rigoureuse inspection par Santé Canada. Une fois approuvés par Santé Canada, les provinces et les territoires les soumettent à une autre révision, avant de les inscrire à leur formulaire respectif des médicaments remboursés. Ceci explique la variabilité de la disponibilité de ces médicaments entre les provinces/territoires. Votre médecin et votre pharmacien vous tiendront au courant des derniers développements.

Combinaisons de médicaments

Jusqu’à tout récemment, il n’existait que très peu de médicaments contre l’hépatite B, c’est pourquoi le traitement consistait généralement en un seul médicament (monothérapie), habituellement la lamivudine (3TC). Mais un traitement à la lamivudine seule ne peut pas demeurer efficace très longtemps, en raison de la capacité du virus de l’hépatite B de développer de la résistance au 3TC. Avec l’arrivée de nouveaux médicaments, la question de traiter ou non l’hépatite B avec une combinaison de médicaments s’est posée, tout comme elle s’était posée avec les nouveaux médicaments anti-VIH il y a quelques années.

La combinaison de médicaments nous permet d’espérer que le développement de résistance sera retardé. Mais en attendant plus d’études cliniques, il n’est pas évident de faire le meilleur choix parmi les médicaments disponibles. Il est nécessaire d’effectuer plus de recherches, pour améliorer le taux de tolérance et les résultats des médicaments.

Bien que tous ces médicaments soient approuvés pour lutter contre l’hépatite B chronique, ils ne parviennent pas à guérir complètement l’infection, sauf dans de rares cas. Généralement, on parle de « guérison » lorsqu’une personne parvient à se débarrasser complètement du virus de l’hépatite B, et développe des anticorps de surface protecteurs.

Même en absence de guérison, les médicaments diminuent significativement les risques de dommages au foie causés par le virus de l’hépatite B en ralentissant ou en interrompant la réplication du virus. Comme dans le cas du VIH, il semble qu’une combinaison de médicaments soit probablement la meilleure façon de lutter contre l’infection chronique à l’hépatite B.

Hépatite C (VHC ou Hep C)

En ce qui concerne l’hépatite C, une combinaison de deux médicaments antiviraux (interféron plus ribavirine) prescrite sur une période de 6 mois à 1 an semble être assez efficace. La durée du traitement dépend du type d’hépatite C, du dommage déjà causé au foie et de la réponse initiale à la thérapie. Les régimes thérapeutiques actuels peuvent guérir jusqu’à 50 % des patients.

Votre médecin peut vous aider à déterminer quel est le meilleur traitement pour vous.

Source : Clinique L’actuel