« Tu devrais » : l’injonction à éviter à tout prix dans un couple !

« Tu devrais » : l’injonction à éviter à tout prix dans un couple !

« Tu devrais faire ceci », « en principe, c’est toi qui devrais… ». Combien de fois n’avez-vous pas déjà écouté ou prononcé ces phrases ? De petites phrases apparemment triviales mais qui au fond sont une gangrène qui peut ronger l’harmonie d’un couple. Mais avec quelques conseils de spécialistes, on peut revoir son lexique et éviter des problèmes dans le foyer.

Selon le psychologue américain Jeffrey Bernstein, l’injonction « tu devrais » contamine les relations amoureuses. Elle accuse, elle donne un ordre, elle infantilise, elle fait naître un sentiment de honte chez celui ou celle qui a manqué à tous ses devoirs. Loin de ne constituer qu’un « conseil », elle engendre de multiples répercussions, toxiques pour le couple. Éliminer cette tournure de phrase dans nos paroles, mais aussi dans nos pensées, contribuerait à améliorer la communication dans le couple.

 « J’ai quasiment éliminé les mots “tu devrais” de mon vocabulaire, et j’essaie d’en prendre pleinement conscience dès que ce terme entre dans mon esprit », écrit Jeffrey Bernstein dans une tribune publiée sur le site Psychology Today et reprise par Aleteia. Selon le psychologue, ils induisent « une énergie négative, qui finit par devenir toxique pour un couple ». « Tu devrais » intime un ordre à son conjoint, et lui ôte tout le contrôle de ses actions et de ses choix, allant jusqu’à provoquer un sentiment de honte, nocif à moyen-long terme.

S’exprimer autrement 

Une solution : passer à la première personne, utiliser le « je » pour exprimer ses sentiments et transformer ainsi le conflit en dialogue entre deux adultes responsables. Au lieu de dire « tu devrais », l’expert recommande l’usage de « je voudrais » ou « j’aimerais ». Ainsi, si vous pensez ou prononcez : « Tu devrais savoir ce que je ressens », essayez plutôt : « J’aimerais que tu écoutes mon point de vue ».

Exprimer ses sentiments, mettre des mots sur ses émotions, permet à l’autre, qui, rappelons-le, ne lit pas dans vos pensées, de mieux comprendre vos besoins. C’est l’objectif de la communication non violente (CNV), outil de communication verbale théorisée aux États-Unis dans les années 1960 par le docteur Marshall Rosenberg, et très en vogue actuellement. Elle aide à identifier ses besoins et à formuler une demande en vue de les satisfaire. Parce qu’exprimer ses sentiments, c’est donner les clés à l’autre pour passer au-delà du conflit, c’est dialoguer au lieu de se murer dans le silence, c’est coopérer au lieu d’agresser.