Vent de contestation populaire : Après l’Algérie, le Soudan ?

Vent de contestation populaire : Après l’Algérie, le Soudan ?

Omar el-Bechir est assis sur une chaîne éjectable. Le président soudanais est confronté en ce moment à un vaste mouvement de défiance à Khartoum. Des milliers de manifestants manifestent à Khartoum, la capitale, pour exiger le départ de celui qui est au pouvoir depuis trente-quatre ans. Comme en Algérie, ces Soudanais, hommes, femmes et jeunes, peuvent compter sur le soutien de l’armée pour mettre fin au règne d’Omar el-Béchir.

Jour et nuit, les manifestants venus aussi de différentes régions du pays, élisent domicile devant le quartier général de l’armée à Khartoum. Il s’agit d’occuper symboliquement ce lieu pour maintenir la pression sur l’armée et sur le régime. En tout cas, pour la première fois depuis samedi, cette nuit a été calme. Les forces des services de renseignement, qui ont mené la répression jusqu’à présent, n’ont pas tenté de disperser les manifestants comme cela a été le cas les nuits précédentes.

Selon les médias locaux, les manifestants ont notamment installé des check-points autour des rues occupées pour fouiller les gens qui arrivent et s’assurer qu’il n’y a pas d’arme. Ils ont également installé des points de ravitaillement en eau, car il fait très chaud pendant la journée. Il y a aussi des cliniques ambulantes pour ceux qui sont blessés.

Ces derniers jours, on a assisté à des scènes de fraternisation entre certains soldats et manifestants, mais il est difficile de savoir si ce sont des cas isolés. Ce qui est sûr, c’est que l’armée n’a pas participé à la répression depuis le début de la contestation. Elle aurait même aidé, protégé les manifestants la nuit. Mardi, les agences rapportaient que le chef de la police avait demandé à ses forces de ne pas intervenir contre les manifestants.

Dans le même temps, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Norvège, via leur ambassade à Khartoum, ont fait part de leur inquiétude et appelé à un « transfert pacifique du pouvoir ».

Récemment, le gouvernement soudanais a décidé de tripler le prix du pain. De quoi provoquer la colère de la population qui s’est jetée dans les rues de la capitale pour demander le départ pur et simple du président qui avait pris d’autres mesures sociales plus draconiennes. Si Omar el-Béchir finit par céder à la pression de la rue, ce sera le deuxième chef d’Etat africain à être chassé du pouvoir par la rue, après l’Algérien Abdelaziz Bouteflika contraint à la démission par la rue.