Depuis jeudi 10 juillet, les postes-frontières de Bunagana et d’Ishasha entre l’Ouganda et la RDC on été rouverts à l’initiative de Kampala. Situés, côté congolais, dans la province du Nord-Kivu, au nord-est de Goma, ils se trouvent dans une zone sous contrôle de l’AFC/M23, ce qui avait conduit les autorités congolaises a en interdire l’accès aux opérateurs économiques ces trois dernières années.

Pour Kinshasa en effet, le groupe armé utilisait les recettes qu’il tirait du transit par ces deux points de passage transfrontaliers pour financer ses opérations militaires, ce que confirmait aussi un rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur l’est de la RDC en 2022. Affirmant que l’AFC/M23 imposait des taxes au poste de Bunagana, ce dernier estimait alors qu’il en tirait un revenu d’environ 27 000 dollars par mois pour les seuls passages piétons.

Une victoire pour l’AFC/M23

Lors de la cérémonie – très médiatisée – de réouverture des deux postes-frontières, les représentants ougandais ont toutefois tenu un tout autre discours. Défendant leur importance économique, l’un des porte-paroles de l’armée ougandaise a ainsi estimé que leur fermeture depuis plusieurs mois relevait d’une décision « criminelle et contre-productive » qui bloquait des échanges commerciaux cruciaux pour les communautés vivant de part et d’autre de la frontière entre la RDC et l’Ouganda.

Quoi qu’il en soit, cette mesure est en tout cas vécue comme une victoire pour l’AFC/M23 qui cherche à légitimer son administration et ses rapports avec ses voisins. Selon des informations recueillies par RFI, les responsables du mouvement en discutaient d’ailleurs depuis plusieurs mois avec Kampala.

Si elle agace évidemment les autorités congolaises, cette réouverture n’a en revanche encore donné lieu à aucune réaction officielle de la part de Kinshasa où certains affirment ne pas comprendre l’attitude de l’Ouganda. Surtout après la signature d’un mémorandum d’entente révisé pour poursuivre les opérations conjointe Shujaa contre les ADF entre les chefs d’état-major des deux pays, pas plus tard que le 20 juin dernier

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