L’ex-président sénégalais Macky Sall a officiellement décidé de maintenir sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies afin de succéder à Antonio Guterres, et ce, malgré le refus des États membres de l’Union africaine (UA) de lui apporter un soutien unanime. Selon les précisions fournies par son service de communication, un groupe initial de 20 États membres de l’UA, dont l’identité n’a pas été formellement divulguée, s’était opposé à la démarche de celui qui a dirigé le Sénégal entre 2012 et 2024, une candidature qui ne bénéficie d’ailleurs d’aucun appui de la part des autorités actuelles de son propre pays.
Un imbroglio diplomatique au sein de l’Union africaine
Le projet de décision visant à entériner le soutien de l’UA à Macky Sall avait été soumis aux États membres via la procédure dite d’approbation tacite, un mécanisme qui impose que les objections ne dépassent pas le tiers des 55 pays de l’organisation continentale pour que la motion soit validée. Toutefois, un communiqué récent émanant de l’équipe du candidat indique que l’Égypte et le Libéria ont finalement choisi de se retirer de la liste des pays contestataires ou de ceux ayant réclamé une prolongation du délai de la procédure silencieuse. En conséquence, le décompte actuel fait état de 13 pays maintenant leurs objections fermes et de 5 autres conservant leurs demandes d’extension, ce qui porte le total à 18 pays et permet au service de communication d’affirmer que la candidature du président Sall reste retenue et officiellement en course.
Le désaveu de Dakar et le parrainage burundais
Il convient de rappeler que cette candidature de l’ancien chef de l’État sénégalais a été initialement introduite par le Burundi, qui exerce actuellement la présidence tournante de l’Union africaine. Ce parrainage extérieur intervient alors que les autorités sénégalaises issues des élections de 2024, incarnées par le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, multiplient les accusations à l’encontre de l’ancienne administration. Elles reprochent notamment à Macky Sall des agissements jugés coupables dans la gestion des affaires publiques, citant la répression violente de manifestations politiques ayant entraîné des dizaines de décès entre 2021 et 2024, ainsi que la dissimulation de données économiques majeures, telles que le montant réel de la dette publique.
Les prochaines étapes de la course à l’ONU
L’ONU a d’ores et déjà entamé son processus de transition en adressant, en novembre dernier, une correspondance à l’ensemble de ses États membres pour solliciter des propositions de candidats. Le futur secrétaire général entamera son mandat de cinq ans le 1er janvier 2027, prenant ainsi le relais du Portugais Antonio Guterres. Si chaque prétendant au poste doit impérativement être présenté par un État ou un bloc d’États, les règles onusiennes précisent qu’il n’est pas obligatoire d’obtenir l’investiture de son pays d’origine pour postuler à la direction de l’institution internationale.
