L’ancien président béninois Boni Yayi opère un virage politique marquant. Après s’être initialement opposé à la révision constitutionnelle et avoir décliné tout siège au sein du Sénat nouvellement institué, l’ancien chef d’État a officiellement annoncé, ce mercredi 22 juillet 2026, qu’il occupera finalement son siège de droit au titre des anciens présidents de la République.

Une décision appuyée sur les dispositions constitutionnelles

C’est à travers une déclaration publiée sur sa page Facebook que Boni Yayi a confirmé la nouvelle, mettant un terme aux rumeurs qui circulaient depuis plusieurs jours.

L’ancien président rappelle que sa démarche s’inscrit strictement dans le cadre des textes en vigueur :

« En vertu de l’article 113-3 de la Constitution, je compte exercer mon droit de sénateur afin d’œuvrer pour l’idéal de notre patrie commune. Je n’en suis pas demandeur, c’est la constitution. »

L’évolution du contexte politique comme motif de revirement

Pour justifier ce changement de posture, Boni Yayi met en avant les mutations de la scène sociopolitique nationale depuis la promulgation de la loi. Selon lui, la configuration institutionnelle actuelle exige la création et l’occupation d’espaces de discussion :

  • Un espace de débat réduit : Il pointe du doigt la mise en place d’un Parlement monocolore et le fait que les cadres de dialogue politique traditionnels se sont considérablement réduits.

  • Le besoin d’échanges : Face à ces réalités, l’ancien chef d’État estime que la démocratie béninoise a plus que jamais besoin de lieux de concertation.

  • Les priorités politiques : Il réaffirme son attachement au respect des droits de l’Homme, à la liberté fondamentale, au traitement de la question des prisonniers et exilés politiques, ainsi qu’à la sécurité, l’unité nationale et la paix.

Boni Yayi s’est ainsi engagé à œuvrer aux côtés de ses collègues pour faire de la haute chambre « un vase d’honneur pour les intérêts du peuple ».

La reconnaissance d’un changement de position explicite

L’ancien président a lui-même rappelé la position de principe qu’il défendait à l’origine. Lors de l’introduction du projet de révision constitutionnelle instituant le Sénat, et avant même son passage en commission parlementaire, il avait publiquement affirmé qu’il n’envisageait pas d’y siéger pour des motifs qu’il avait exposés à l’époque.

Prenant acte de la promulgation de la loi et de la situation politique qui en découle, Boni Yayi assume aujourd’hui cette réévaluation de son engagement institutionnel.

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