Le paysage institutionnel sud-sudanais connaît un nouveau soubresaut. Le président Salva Kiir a officiellement procédé au limogeage de Johnny Ohisa, gouverneur de la Banque centrale du pays. Cette décision, rendue publique par le biais d’un décret lu à la radio nationale, s’inscrit comme le dernier épisode en date d’une longue série de remaniements et de congédiements orchestrés au sein des hautes sphères du gouvernement. À noter que le décret présidentiel n’a fourni aucune justification explicite pour motiver cette éviction.
Pour succéder à M. Ohisa, le chef de l’État a jeté son dévolu sur Addis Ababa Othow. Ce dernier n’est pas un inconnu à la tête de l’institution monétaire, puisqu’il a déjà eu l’occasion d’occuper cette même fonction de gouverneur par le passé, précisément entre les mois de juin et de novembre de l’année précédente. De son côté, Johnny Ohisa — économiste chevronné et figure familière de la haute administration financière pour avoir dirigé l’institution à plusieurs reprises — avait pourtant été reconduit dans ses fonctions au début de cette même année.
Stratégie de pouvoir et instabilité politique
Cette valse des dirigeants au sommet de l’État n’est pas isolée. Ces derniers mois, le président Salva Kiir a multiplié les changements profonds au sein de son gouvernement. Pour les analystes observant la vie politique du pays, ces mouvements répétés traduisent avant tout une volonté manifeste de consolider son assise et son pouvoir, le tout sur fond d’incertitudes persistantes entourant la question de la succession politique.
Une économie nationale sous haute tension
Ce remaniement intervient dans un contexte macroéconomique particulièrement délicat pour le Soudan du Sud. L’économie nationale subit de plein fouet des pressions de plus en plus lourdes, alimentées par une série de facteurs structurels et conjoncturels majeurs :
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La baisse des recettes pétrolières, pilier des rentrées financières de l’État.
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Des pénuries de liquidités récurrentes qui paralysent les transactions.
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Une inflation galopante qui pèse lourdement sur le pouvoir d’achat.
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La dépréciation continue de la monnaie nationale face aux difficultés financières globales.
