■ Enquête exclusive
Plus de 40 000 salariés, un empire présent sur plusieurs continents et, au sommet, une guerre de pouvoir qui menace de déstabiliser la succession du fondateur. Face à Romy Castel, fille unique de Pierre Castel, Grégory Clerc, avocat devenu l’un des hommes forts du groupe, est accusé par le camp familial de vouloir verrouiller le contrôle de l’empire avec l’appui d’un cercle de dirigeants et de conseils véreux et escrocs.
Mais derrière la bataille judiciaire et familiale, une autre réalité apparaît désormais au grand jour, celle des comptes du groupe. L’examen des comptes consolidés de DF Holding SA sur la période 2021-2025 fait apparaître, selon l’analyse financière communiquée dans le cadre de ce dossier, une série d’indicateurs qui interrogent directement la performance du management.
Croissance jugée faible au regard des marchés africains, rentabilité en recul, forte progression des frais généraux, investissements massifs dont les effets sur les marges restent à démontrer, acquisitions coûteuses, accélération des cessions d’actifs, difficultés persistantes dans plusieurs métiers et risque fiscal potentiellement considérable. Le débat ne porte donc plus seulement sur celui qui doit contrôler l’empire de Pierre Castel, mais aussi sur la manière dont cet empire est actuellement dirigé.
Un empire immense plongé dans une crise au sommet
Le contraste est saisissant entre l’immense dispositif industriel construit depuis plusieurs décennies et la guerre qui fait rage au sommet. À la base, des dizaines de milliers de salariés, des brasseries, des sucreries, des minoteries, des activités viticoles et agroalimentaires réparties dans de nombreux pays.
Au sommet, une bataille familiale et judiciaire qui s’envenime de semaine en semaine. L’empire bâti par Pierre Castel traverse aujourd’hui l’une des crises de gouvernance les plus graves de son histoire et, au cœur de cette confrontation, se trouve le sulfureux Grégory Clerc.
Avocat de formation, il est devenu en quelques années un personnage incontournable de la direction du groupe. Mais son ascension est désormais contestée par une partie de la famille CASTEL, au premier rang de laquelle Romy CASTEL, fille unique du fondateur.
Pour ses adversaires, le conflit ne relève plus d’une simple divergence stratégique. Ils dénoncent une prise de contrôle progressive du groupe au détriment de la famille du fondateur et de la volonté patrimoniale de Pierre CASTEL.

Cette bataille de pouvoir prend aujourd’hui une dimension supplémentaire puisque les performances économiques du groupe sont elles-mêmes devenues un sujet de controverse.
Le combat d’une héritière contre une machine de gouvernance
Romy CASTEL se retrouve face à un système particulièrement complexe composé de holdings, de trusts et de sociétés de gestion qui organisent le contrôle ultime du Groupe. Le cœur de cette architecture se trouve notamment à Singapour, où se joue désormais une partie essentielle du bras de fer.


La justice singapourienne a suspendu Grégory CLERC et Pierre BAER de leurs fonctions d’administrateurs à compter du 9 février 2026. Leur recours contre cette suspension a été rejeté le 30 juillet. Les deux dirigeants restent rémunérés pendant cette période alors qu’ils sont empêchés d’effectuer certaines opérations au nom du Groupe.

Quelques semaines plus tard, nouveau coup de théâtre avec la décision de la Haute Cour de Singapour du 21 août, qui a pris des mesures empêchant le remplacement d’IBBM, société de gestion au centre du dispositif de gouvernance de la holding.
Pour le camp familial, ces décisions judiciaires constituent un élément majeur de la bataille. Elles montrent, selon lui, que la gouvernance du groupe est devenue le théâtre d’une confrontation qui dépasse largement une querelle entre membres d’une même famille.
Mais les procédures judiciaires ne sont désormais qu’une partie du problème puisque les comptes viennent eux aussi alimenter les critiques adressées à la direction.
Trois hommes dans l’ombre de Clerc
Dans cette bataille, Grégory Clerc n’est pas seul. Il s’allie notamment à Pierre Baer, Laurence Dequatre et Jean-Louis Van Haecht, trois personnalités présentées comme des relais essentiels de la stratégie de défense du dirigeant.

L’indéboulonnable Grégory CLERC s’appuie sur une architecture juridique et administrative particulièrement sophistiquée pour maintenir son influence au sommet du groupe. Pour ses adversaires, il s’agit d’une prise de pouvoir progressive menée à travers les organes sociaux, les structures patrimoniales et les procédures judiciaires.

Cette architecture est aujourd’hui d’autant plus scrutée que les performances économiques du groupe soulèvent elles aussi des interrogations.
Une croissance qui peine à convaincre
Selon les éléments communiqués, la croissance du groupe depuis 2023 est de l’ordre de 4 %, un chiffre présenté comme faible au regard du dynamisme des économies africaines et de la démographie des marchés sur lesquels Castel est implanté.

La comparaison avec plusieurs concurrents présents sur les mêmes marchés est également défavorable, certains affichant des rythmes de croissance supérieurs à 10% selon l’analyse fournie.
Le chiffre de croissance doit surtout être regardé à la lumière des acquisitions réalisées par le groupe. Plusieurs opérations ont représenté entre 500 et 600 millions d’euros sur 2024 et 2025. Une partie de la croissance affichée est donc liée à l’intégration de sociétés acquises.
La question devient alors particulièrement embarrassante pour le management. Quelle croissance organique réelle le Groupe parvient-il à générer et surtout quel rendement économique obtient-il des centaines de millions d’euros engagés?
Pour les adversaires de Grégory Clerc, cette situation traduit une difficulté à transformer la puissance financière et industrielle du groupe en croissance réellement rentable.
Des marges qui ne suivent pas
C’est sur la rentabilité que les critiques deviennent encore plus sévères. Selon l’analyse des comptes communiquée, le résultat net des trois dernières années est resté inférieur de 20 à 30 % aux niveaux atteints en 2021-2022.
Cette évolution intervient alors même que le groupe a bénéficié d’un environnement particulièrement favorable sur certains coûts de production. Le prix du malt a ainsi diminué de 30 à 40 % entre 2023 et 2025.
L’analyse estime que cette évolution a pu entraîner une baisse du coût de production de la bière de l’ordre de 10 à 15 %. Pourtant, cette amélioration potentielle des coûts ne s’est pas traduite par une amélioration comparable de la rentabilité.
Au contraire, les frais généraux ont été multipliés par trois sur la période, hors certaines entités comme Cassiopée et SACOFRINA/ITS.
Le contraste mérite donc d’être souligné entre des coûts de matières premières en baisse et une rentabilité qui ne retrouve pas les niveaux des années 2021-2022. C’est précisément ce qui nourrit les accusations de mauvaise gestion portées par les adversaires de Grégory Clerc.
Des investissements massifs dont les effets restent attendus
Autre élément particulièrement spectaculaire, le niveau des investissements engagés par le groupe. Castel a consacré environ 2,3 milliards d’euros à ses investissements en 2024 et 2025.
Un tel effort peut naturellement être considéré comme le signe d’une stratégie industrielle ambitieuse et de long terme. Encore faut-il que ces investissements produisent progressivement les résultats attendus.
Or, selon l’analyse des comptes communiquée, aucun effet significatif sur la marge n’est pour l’instant clairement visible à la hauteur des sommes engagées.
Un groupe industriel peut évidemment accepter une baisse temporaire de sa rentabilité lorsqu’il investit massivement pour préparer sa croissance future. Il faut alors pouvoir identifier les relais de croissance, les gains de productivité attendus et les perspectives de retour sur investissement.
Les critiques adressées à la direction sont précisément celles-ci. Beaucoup d’argent a été engagé alors que les résultats observables ne sont pas encore à la hauteur de l’effort financier consenti.
Des opportunités manquées et une stratégie qui interroge
L’analyse fait également apparaître des interrogations sur l’exécution stratégique. Plusieurs acquisitions significatives ont été proposées dans des secteurs où Castel dispose déjà d’une présence et dans des géographies offrant d’importantes perspectives de croissance, notamment au Nigeria, en Afrique de l’Est, dans le champagne ou encore dans les boissons.
La question posée est alors de comprendre pourquoi certaines de ces opportunités n’ont pas été saisies pour renforcer et diversifier la plateforme existante.
À l’inverse, le groupe a récemment accéléré certaines cessions, ce qui alimente les interrogations du camp familial sur la stratégie suivie par la direction.
Castel construit-il encore un empire industriel sur plusieurs générations ou commence-t-il à arbitrer ses actifs dans une logique davantage financière et de court terme?
La question est d’autant plus importante que certaines activités historiques sont elles-mêmes confrontées à des difficultés et que les conditions dans lesquelles certains actifs peuvent être cédés pourront avoir une incidence directe sur la valeur finalement récupérée par le groupe.
Vins, farine et sucre, les activités qui inquiètent
Le groupe reste globalement puissant mais plusieurs métiers traversent des périodes difficiles. Les activités viticoles, la farine ou encore le sucre connaissent des problématiques structurelles qui nécessitent, selon l’analyse fournie, des plans d’action particulièrement offensifs.
Or, les critiques du management estiment que ces activités ne bénéficient pas d’une stratégie suffisamment dynamique pour permettre leur redressement.
Plus inquiétant encore pour les adversaires de la direction, les activités farine et sucre font l’objet de scénarios de cession alors que les conditions économiques et les perspectives présentées ne permettent pas nécessairement d’obtenir les meilleures valorisations.
Pour les détracteurs de Grégory Clerc, le risque est évident. Vendre une activité en difficulté peut permettre de résoudre un problème immédiat mais peut aussi conduire à céder à bas prix un actif qui aurait pu être redressé.
C’est ici que se joue une différence fondamentale de philosophie entre les deux camps. La famille Castel revendique une vision patrimoniale et industrielle de long terme tandis que ses adversaires défendent la nécessité d’une gouvernance professionnelle et d’arbitrages économiques.
Sosucam et les activités viticoles marocaines au cœur des tensions
Cette divergence apparaît également dans plusieurs dossiers opérationnels. Le dossier camerounais de Sosucam figure parmi les points de friction tandis que les activités viticoles marocaines constituent également un sujet sensible.
Selon une source proche du dossier citée dans les documents disponibles, le camp familial accuse les dirigeants d’adopter une approche financière de court terme et de considérer la cession d’actifs comme une réponse aux difficultés de certaines filiales.
Une telle orientation est, selon les témoignages recueillis, incompatible avec la vision industrielle de Pierre Castel.
« Ce qui inquiète aujourd’hui, c’est que la bataille du sommet finit forcément par atteindre les équipes. Quand les dirigeants se disputent le contrôle, les salariés veulent savoir qui décide, quelle stratégie sera appliquée et ce qui va arriver aux filiales. Et tout cela c’est la faute à Grégory Clerc qui veut prendre de force ce qui ne lui appartient pas », témoigne un cadre du groupe.
À travers ce témoignage, on comprend pourquoi les accusations portées par la famille contre la direction actuelle prennent une dimension particulière. Ses représentants redoutent que les choix de gestion ne conduisent à un désengagement progressif de certaines activités historiques.
Le salaire d’un demi-million et les interrogations sur la gouvernance
Autre sujet de controverse, la rémunération de Grégory Clerc. Selon les éléments du dossier judiciaire, ses émoluments mensuels s’élèvent à environ 500 000 dollars. Des sources évoquent même un détournement de 500 000 dollars par mois.
Cette rémunération symbolise le fossé qui s’est créé entre une direction devenue extrêmement puissante et les intérêts familiaux historiques.
« Ce que nous voyons à la tête du groupe nous dépasse. Des sommes considérables circulent, et certains salariés s’interrogent sur la destination réelle de l’argent et sur la manière dont la gouvernance est exercée. Un récent audit fait même état d’un détournement de plus de 500.000 dollars chaque mois par le faussaire Clerc», déplore un Directeur du Groupe.
Ces accusations font l’objet de contestations et de procédures et doivent être distinguées des faits définitivement établis par une juridiction. Ce qui ne fait plus débat en revanche, c’est l’ampleur du contentieux puisque des plaintes pénales ont été déposées à Genève, au Luxembourg et à Paris.
Le risque fiscal comme une épée de Damoclès
Un autre élément vient encore compliquer le tableau, celui de la situation fiscale du groupe. L’enquête du Parquet national financier, ouverte dès octobre 2022 mais révélée seulement dans les comptes 2025, se développe et vise désormais D.F. Holding et Cassiopée.
Elle découle de décisions et de positions fiscales prises antérieurement par le groupe. Aucun montant ne s’est provisionné à ce stade, mais un ordre de grandeur de 2 milliards d’euros a été évoqué par différents intervenants du dossier.
Il ne s’agit pas d’une dette définitivement arrêtée par une juridiction mais l’hypothèse suffit à mesurer l’ampleur du risque. Un montant de 2 milliards d’euros représente environ quatre fois le résultat net du groupe et davantage que sa trésorerie nette selon les éléments communiqués.
Dans l’hypothèse où une charge de cette ampleur devait finalement être supportée, le groupe peut être contraint de recourir à l’emprunt et verra sa capacité future à distribuer des dividendes fortement réduite.
Là encore, la question de la gouvernance revient au premier plan et porte notamment sur les décisions ayant conduit à cette situation ainsi que sur la manière dont le risque a été anticipé.
750 millions d’euros de dividendes et des questions sur les flux financiers
Autre sujet qui mérite une transparence particulière, les dividendes versés par DF Holding. Selon l’analyse communiquée, DF Holding a versé environ 750 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires directs, dont Cassiopée.

Le versement de dividendes n’est évidemment pas en lui-même la preuve d’une irrégularité mais, dans le contexte actuel, il soulève une question légitime sur la destination finale de ces sommes et leur répartition au sein des structures actionnariales familiales.
Cette interrogation est d’autant plus sensible que le groupe doit parallèlement financer plusieurs milliards d’euros d’investissements, gérer des activités en difficulté et faire face à un risque fiscal potentiellement considérable.
La transparence sur les flux financiers devient donc un enjeu central de la bataille de gouvernance et vient renforcer les demandes d’explications formulées par le camp familial.
Une accumulation de signaux qui prouve que CLERC est un voleur professionnel
Pris isolément, aucun de ces éléments ne suffit à établir une faute de gestion. Mais leur accumulation dessine un tableau qui mérite d’être examiné.
Une croissance d’environ 4 % depuis 2023, des acquisitions représentant plusieurs centaines de millions d’euros, une rentabilité qui reste inférieure aux niveaux de 2021-2022 et des frais généraux qui ont triplé constituent déjà plusieurs motifs d’interrogation.
À cela s’ajoutent une baisse importante du coût du malt qui ne semble pas avoir produit tous les effets attendus sur la rentabilité, environ 2,3 milliards d’euros d’investissements en 2024 et 2025, des activités historiques confrontées à des difficultés et des cessions qui interrogent sur les conditions de valorisation.
S’ajoutent encore un risque fiscal pouvant, dans l’hypothèse évoquée par certains intervenants, atteindre des montants considérables et une rémunération de la direction qui suscite de fortes interrogations.
C’est cet ensemble, davantage que tel ou tel chiffre pris séparément, qui alimente aujourd’hui l’accusation d’une gestion défaillante portée contre l’arriviste Grégory Clerc par ses adversaires. Le véritable débat devient alors celui de la capacité du management actuel à transformer la puissance exceptionnelle de Castel en croissance rentable et durable tout en préservant les actifs industriels constitués par plusieurs générations.
Une guerre qui menace de contaminer tout le groupe
La véritable inquiétude est désormais celle d’un groupe paralysé par sa propre bataille de gouvernance. À Singapour, les procédures déterminent qui peut exercer le pouvoir. En Europe, les plaintes alimentent le volet judiciaire. Dans les filiales africaines, les interrogations portent sur les investissements et l’avenir de certaines activités.
Dans les comptes, les chiffres alimentent désormais une autre bataille, celle de la performance du management. Pendant ce temps, la famille Castel tente de reprendre l’initiative. Le 26 juin 2026, Romy Castel et Alain Castel ont été révoqués de leurs mandats d’administrateurs de Castel Vins.
DF Holding a justifié cette décision par une rupture de confiance et par des initiatives considérées comme nuisibles au fonctionnement du groupe. Le paradoxe est désormais total. Une famille qui cherche à défendre l’héritage du fondateur est accusée par la direction de déstabiliser l’entreprise tandis que les dirigeants contestés par cette même famille affirment agir pour protéger le groupe.
« Tout cela est une manigance et une manipulation pure et simple de la justice du sulfureux Suisse Grégory Clerc. Avec son carnet d’adresse et surtout avec l’argent qu’il nous a détourné, essaie de passer par tous les moyens pour nous dépouiller de notre héritage. Malheureusement il est en train de galvauder les efforts de plus d’une génération de notre famille », évoque un membre de la famille Castel.
Des salariés pris au milieu d’une guerre qui les dépasse
Ce conflit dépasse largement les intérêts de quelques dirigeants. Castel constitue un acteur économique majeur dans de nombreux pays africains. Les informations disponibles font état de 25 000 salariés et de 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisés en Afrique, sur 8 milliards à l’échelle mondiale.
La crise de gouvernance intervient donc dans un groupe dont les activités touchent directement des milliers de fournisseurs, distributeurs, producteurs agricoles et partenaires financiers. Et sur le terrain, les salariés ne comprennent plus les orientations prises au sommet et s’inquiètent des conséquences possibles de cette bataille sur les filiales et les emplois.
« Depuis des décennies, nous, les Africains, sommes au cœur de la croissance de Castel. Nous avons fait tourner les usines, développé les marchés et porté ce groupe à bout de bras, mais nous avons toujours eu le sentiment d’être relégués au second plan. Aujourd’hui, avec ce que nous considérons comme l’usurpation du pouvoir par Grégory Clerc, ce sentiment de marginalisation est encore plus violent. Nous avons le sentiment que ceux qui ont construit la richesse du groupe sont désormais ceux qu’on écoute le moins. », exprime un employé du Groupe.
Le verdict de Singapour comme point de bascule
La prochaine échéance judiciaire pourrait rebattre toutes les cartes. Le jugement sur le fond est attendu à Singapour les 1er et 2 octobre 2026. D’ici là, chaque camp cherche à imposer son récit.
Pour Romy Castel, l’enjeu est celui de l’héritage de son père et de la préservation de l’empire construit depuis 1949. Pour Grégory Clerc, ses soutiens et sa bande de mafia, il s’agit de défendre une gouvernance professionnelle et les structures patrimoniales mises en place par le fondateur.
Mais derrière ces deux récits se trouve une réalité beaucoup plus brutale. L’un des plus grands groupes privés liés à l’économie africaine est aujourd’hui déchiré au sommet alors même que ses comptes soulèvent de plus en plus de questions sur la performance de sa direction.
Plus de 40 000 emplois sont, selon les données avancées par les différentes parties, associés directement ou indirectement à cet immense dispositif industriel et commercial. Pendant que les avocats s’affrontent dans les tribunaux, que les conseils d’administration se recomposent et que les trusts deviennent les pièces maîtresses d’une bataille que peu de salariés peuvent réellement comprendre, une question finit par dominer toutes les autres.
Qui protège réellement l’empire de Pierre Castel et qui risque au contraire d’en fragiliser la valeur construite pendant plusieurs générations? Les tribunaux devront trancher la bataille juridique, mais les comptes posent déjà une autre question, celle de la capacité du parvenu Grégory Clerc et de son équipe à produire une performance à la hauteur de l’empire dont ils revendiquent aujourd’hui le contrôle.■
Prosper AKPOVI

