Quand les populations tissent la trame d’une relation durable

« Les liens entre les peuples demeurent une richesse qu’il nous appartient de préserver. » C’est sur cette conviction forte, formulée par Thibaut Fourrière, chargé d’affaires permanent de France au Mali, que s’est articulée la célébration du 14 juillet à Bamako. Dans un contexte diplomatique complexe, le représentant français a choisi de placer son allocution sous le signe de la continuité, en braquant les projecteurs sur les relations humaines qui unissent quotidiennement les sociétés malienne et française.

Au premier rang de ces dynamiques figure la diaspora malienne établie en France, dont l’effectif est estimé à environ 400 000 personnes. Un pont humain indéfectible auquel s’ajoutent les Franco-Maliens effectuant de réguliers allers-retours pour entretenir leurs attaches familiales ou professionnelles, ainsi que les ressortissants français résidant sur le sol malien. Cette circulation constante insuffle une vitalité unique aux échanges : transferts financiers, essor de la création d’entreprise, voyages réguliers et projets conjoints continuent ainsi de lier intimement les deux territoires en marge des aléas institutionnels.

Des flux économiques privés solidement ancrés

Au-delà des cercles familiaux, les relations commerciales persistent à travers des flux financiers représentant plusieurs centaines de millions d’euros par an entre opérateurs privés. Les chiffres des douanes françaises pour l’exercice 2024 attestent de cet engagement mutuel, matérialisé par 340 millions d’euros d’échanges de marchandises. Si le solde demeure largement orienté vers les exportations françaises — qui s’élèvent à 327 millions d’euros contre 13 millions d’importations en provenance du Mali —, l’activité des entreprises se poursuit sans relâche. Les secteurs des équipements, des produits pharmaceutiques, de l’agroalimentaire et des services continuent ainsi d’alimenter cette passerelle économique.

L’éducation et la culture : des espaces de dialogue préservés

La vitalité de la relation bilatérale trouve également un écho vibrant dans les sphères culturelle et académique. L’Institut français du Mali maintient le cap en proposant une programmation riche d’expositions, de rencontres et de manifestations artistiques, s’affirmant comme un carrefour incontournable pour le public et les créateurs.

Sur le plan éducatif, le paysage se structure autour de sept établissements maliens dispensant des programmes français. Une exigence d’excellence soulignée par les remarquables taux de réussite de 100 % enregistrés au baccalauréat par les lycées Liberté et Les Angelots. L’attractivité de l’enseignement supérieur français ne se dément pas non plus auprès de la jeunesse malienne : les services de Campus France Mali ont enregistré une hausse notable de 26 % des dossiers pour la campagne 2025-2026, s’inscrivant dans le sillage de la progression spectaculaire de 106 % observée lors de la campagne précédente.

Le fleuve Niger en héritage : métaphore d’une relation pérenne

Pour synthétiser la réalité de ces échanges, Thibaut Fourrière a convoqué la puissante image du fleuve Niger, avec son lot de rapides, de méandres et de courants plus apaisés. À travers cette allégorie, les familles, les entrepreneurs, les artistes, les enseignants et les étudiants forment autant de ponts infranchissables reliant les deux rives. Une célébration placée sous le signe de la constance, incarnée par un chargé d’affaires permanent en poste à Bamako depuis 2025, bien décidé à honorer la pérennité des liens unissant les deux peuples.

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