
Le capitaine Ibrahim Traoré s’est prononcé dimanche sur les transformations engagées au Burkina Faso. Sécurité, économie, souveraineté, agriculture, industrialisation et intégration au sein de l’AES, le chef de l’État a défendu une ligne politique fondée sur la reprise en main des secteurs stratégiques et la recherche d’une plus grande autonomie nationale.
À quatre ans de son arrivée au pouvoir, Ibrahim Traoré veut donner l’image d’un Burkina Faso qui avance malgré les difficultés. Devant les journalistes, le président burkinabè a assumé le bilan de son action et affiché sa confiance dans la trajectoire suivie par le pays.
« En 4 ans, le pays se porte mieux », a-t-il déclaré, mettant en avant les avancées qu’il attribue à son gouvernement dans plusieurs domaines. Selon lui, la sécurité, la gouvernance, l’économie, l’industrialisation et la reconquête du territoire constituent désormais les principaux piliers de la transformation du Burkina Faso.

La souveraineté comme ligne directrice
Ibrahim Traoré a une nouvelle fois placé la souveraineté au cœur de son projet. Pour le chef de l’État, le Burkina Faso doit être capable de produire davantage, de transformer ses matières premières et de contrôler ses secteurs stratégiques.


Cette volonté se traduit notamment par la reprise en main de certaines entreprises considérées comme essentielles pour l’économie nationale. Le président a cité la SN-Citec et la SN-SOSUCO, estimant que leur retour dans le giron de l’État avait permis d’améliorer leurs performances.

À travers cette politique, Ibrahim Traoré défend une conception dans laquelle l’État doit jouer un rôle moteur dans le développement économique, tout en laissant une place au secteur privé.
La lutte contre la fraude figure également parmi les priorités affichées. Le chef de l’État estime que l’assainissement de l’environnement économique doit permettre de renforcer les recettes publiques et de soutenir davantage la production nationale.
Produire davantage pour dépendre moins
De même, le président burkinabè a notamment défendu les initiatives destinées à favoriser la transformation locale des produits agricoles. Il a cité l’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire et la création d’unités de transformation de la tomate comme illustrations de cette nouvelle orientation économique.

Dans le domaine agricole, Ibrahim Traoré a également mis en avant les investissements dans les barrages, les retenues d’eau, l’irrigation et l’aménagement des terres. Il a annoncé dans la foulée, une nouvelle phase de l’offensive agropastorale et halieutique pour la période 2026-2028, avec l’ambition affichée de permettre aux producteurs de travailler davantage toute l’année.

Une stratégie qui traduit une même ambition, celle d’un Burkina Faso capable de renforcer progressivement son autonomie alimentaire et économique.

Une nouvelle Constitution annoncée
Sur le terrain institutionnel, Ibrahim Traoré a également annoncé une nouvelle Constitution.
« Il y aura une nouvelle Constitution, forcément », a déclaré le président, précisant que l’objectif sera de « réorganiser totalement » le système politique burkinabè.
Cette annonce constitue l’un des passages majeurs de son intervention. Le chef de l’État affirme vouloir construire un fonctionnement institutionnel correspondant à la nouvelle orientation politique du pays.
Cette réforme s’inscrit, selon le président de 38 ans dans le cadre plus large de la Révolution progressiste populaire, dont il entend poursuivre la mise en œuvre.
L’AES comme nouvel horizon régional
Sur le plan diplomatique, Ibrahim Traoré a défendu la consolidation de la Confédération des États du Sahel, réunissant le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Le président burkinabè a assuré que la mise en place des institutions communes de l’AES se poursuivait et a évoqué plusieurs chantiers, notamment la banque de l’organisation, la circulation des personnes et des biens ainsi que la future monnaie commune.
Ibrahim Traoré a par ailleurs affiché son ambition pour la coopération entre les trois pays. Il a notamment estimé qu’une candidature commune à l’organisation de la CAN 2032 était envisageable si les trois États décidaient de mobiliser leurs efforts.
Le Faso avec la France, une relation appelée à changer
Le président burkinabè a enfin abordé la question des relations avec la France.
Son message stipule que même dans l’hypothèse d’une reprise des relations, celles-ci ne peuvent plus être identiques à celles du passé. Ibrahim Traoré estime que le Burkina Faso doit d’abord renforcer ses propres capacités et déterminer lui-même les conditions de ses partenariats internationaux.
Cette position résume une nouvelle fois la doctrine diplomatique défendue depuis son arrivée au pouvoir axée sur la diversification des partenaires, l’affirmation de la souveraineté nationale et le rapprochement avec les pays de l’AES.
Un président qui assume sa trajectoire
Pendant près de deux heures, Ibrahim Traoré a défendu une vision du Burkina Faso tournée vers la souveraineté, la production locale et l’affirmation de l’État.
Sécurité, agriculture, industrialisation, infrastructures, gouvernance et diplomatie régionale constituent les principaux axes de cette transformation revendiquée par le pouvoir.
À l’approche du quatrième anniversaire de son accession au pouvoir, le capitaine Ibrahim Traoré veut surtout retenir que malgré les défis qui restent nombreux, son gouvernement considère que le Burkina Faso a changé de trajectoire et dispose désormais, selon lui, des bases nécessaires pour poursuivre sa marche vers davantage d’autonomie.
Une ambition résumée par une formule qui revient comme le fil conducteur de son discours selon lequel, le Burkina Faso doit désormais compter d’abord sur ses propres forces.■
Prosper AKPOVI

