La Banque Ouest Africaine pour le Développement (BOAD) et la Banque mondiale ont signé un mémorandum d’entente pour mieux prévenir, détecter et combattre la fraude et la corruption. Un rapprochement qui vise à renforcer les mécanismes d’intégrité dans le financement du développement en Afrique de l’Ouest.
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et le Groupe de la Banque mondiale resserrent les rangs face à la fraude et à la corruption. Les deux institutions ont signé, le 2 septembre 2026 à Washington, un mémorandum d’entente destiné à renforcer leur coopération en matière de prévention et d’investigation des pratiques contraires à l’intégrité.
L’accord a été signé par Adama Papa Sacko, inspecteur général de la BOAD, et Maria Thestrup, vice-présidente de l’Integrity Vice Presidency (INT) du Groupe de la Banque mondiale, selon des informations rapportées par plusieurs médias.
Mutualiser les moyens pour mieux détecter les irrégularités
Au cœur de ce rapprochement se trouve une meilleure coordination entre les structures chargées de veiller à l’intégrité au sein des deux institutions. L’objectif est notamment de faciliter les échanges d’informations, de partager les méthodes d’investigation et de développer des initiatives conjointes sur les questions d’intérêt commun.
L’Inspection générale de la BOAD et l’Integrity Vice Presidency de la Banque mondiale disposent chacune de prérogatives en matière de prévention, de contrôle et d’investigation. Le mémorandum doit permettre de renforcer leur collaboration, tout en respectant les mandats et les procédures propres à chaque institution.
Cette coopération intervient dans un contexte où la transparence dans l’utilisation des ressources financières demeure un enjeu majeur pour les pays en développement. Les financements destinés aux infrastructures, à l’agriculture, à l’énergie ou encore aux services sociaux nécessitent des mécanismes de contrôle capables de prévenir les détournements et les pratiques frauduleuses.
Un enjeu pour le financement du développement en Afrique de l’Ouest
Institution commune de financement du développement des États de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la BOAD intervient dans plusieurs secteurs stratégiques pour les économies de la sous-région.
Pour la Banque, la protection des ressources mobilisées et la crédibilité de ses opérations constituent des enjeux essentiels. La coopération avec le Groupe de la Banque mondiale ouvre ainsi la voie à un partage accru d’expertise dans la lutte contre les pratiques susceptibles de compromettre la bonne exécution des projets financés.
Mais au-delà de la signature de cet accord, la question centrale reste celle de sa mise en œuvre. L’efficacité du dispositif dépendra notamment de la capacité des deux institutions à transformer leurs engagements en mécanismes opérationnels, à renforcer la détection des irrégularités et à donner des suites appropriées aux faits établis.
La signature de ce mémorandum marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre les deux institutions sur les questions d’intégrité. Elle ne constitue toutefois pas, à elle seule, une garantie d’éradication de la corruption.
Le suivi des enquêtes, le respect des procédures et la mise en œuvre des mesures correctives seront déterminants pour apprécier les résultats de cette coopération. Pour les économies ouest-africaines, l’enjeu est de faire en sorte que les ressources consacrées au développement produisent les effets attendus au bénéfice des populations.
