Souvent méconnues, de nombreuses femmes ont pourtant contribué à l’émancipation de l’Afrique. C’est le cas d’Andrée Blouin, d’Aline Sitoé Diatta et de Fatma N’Soumer.
Les hommes sont souvent cités comme les personnages principaux des histoires décoloniales. Difficile de parler du Burkina Faso sans évoquer le capitaine Thomas Sankara ou d’aborder l’indépendance de la République démocratique du Congo sans penser à Patrice Lumumba. Ailleurs sur le continent, les figures masculines sont encore nombreuses : Ahmed Sekou Touré en Guinée, Ahmed Ben Bella en Algérie, Barthélemy Boganda en Centrafrique, entre autres.
Pourtant, de nombreuses femmes ont occupé une place centrale dans l’indépendance de plusieurs pays africains. Voici l’histoire de trois d’entre elles.
Andrée Blouin, héroïne révolutionnaire
Il y a d’abord Andrée Blouin, une femme métisse qui a joué un rôle majeur dans l’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC) et de la Guinée. Oratrice hors pair, elle s’adresse à des foules de femmes en RDC, les encourage à demander l’égalité des sexes et l’indépendance du pays. Elle devient aussi le bras droit de Patrice Lumumba, le tout premier premier ministre du pays après l’indépendance. En Guinée, elle s’est aussi engagée aux côtés des indépendantistes. La Guinée est d’ailleurs le premier pays subsaharien à devenir indépendant de la France, en 1958.
Aline Sitoé Diatta, la « Jeanne d’Arc sénégalaise »
Dans les années 1940, en Casamance, région du sud du Sénégal, Aline Sitoé Diatta a tenté de libérer son peuple de l’administration coloniale française après avoir eu une « vision divine ». Surnommée la « Jeanne d’Arc sénégalaise », elle fait partie du peuple des Diola et a un statut de reine spirituelle, en quelque sorte. A cette période, le pays est une colonie française et se trouve donc sous l’autorité du régime de Vichy. L’Europe est plongée en pleine seconde guerre mondiale.
Fatma N’Soumer, la résistante kabyle
Plus au nord dans le continent, en Algérie, la France entame la colonisation dès 1830, année de naissance de Fatma N’Soumer. Cette dernière grandit dans un climat de résistance vis-à-vis des colons. Elle est encore adolescente quand elle décide de prendre les armes. Fatma N’Soumer a notamment dirigé une armée de combattants, principalement des paysans, en 1854, parvenant à défaire 8 000 soldats français dans les montagnes de Kabylie.
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