Depuis le coup d’État à Ouagadougou, le président renversé Roch Marc Christian Kaboré n’a pas réapparu et ne s’est pas exprimé en public. La situation reste confuse, même si plusieurs sources indiquent qu’il est détenu par les militaires, mais en bonne santé.

Beaucoup de bruits, beaucoup de rumeurs ont circulé comme souvent dans les heures qui précèdent et suivent un coup d’État, cependant aucune certitude sur le sort de Roch Marc Christian Kaboré. On sait simplement que les militaires ayant pris la parole à la télévision nationale, lundi 24 janvier au soir, ont annoncé avoir décidé de mettre fin au pouvoir du président de la République.

Selon une personnalité de son entourage, Roch Marc Christian Kaboré serait sous la garde des militaires dans un lieu non précisé, mais détenu dans de bonnes conditions, dans une villa. Il n’aurait pas le désir de sortir du pays. Dans la matinée, une source diplomatique affirmait que l’intégrité physique du président burkinabè n’avait jamais été menacée et n’était pas menacée.

« Je souhaite que ce soit ça qui soit garanti dans les prochaines heures », a de son côté déclaré le président Emmanuel Macron au micro de RFI en marge d’un déplacement en France. « Nous veillons collectivement, a-t-il poursuivi, à ce qu’il soit placé en sécurité, lui et sa famille. »

Lettre de démission pas authentifiée

Les putschistes du MPSR avaient affirmé hier que leur coup de force s’était passé « sans effusion de sang et sans aucune violence physique sur les personnes arrêtées, détenues dans un lieu sûr ». Mais les doutes subsistaient après les coups de feu entendus autour de la résidence présidentielle dans la nuit de dimanche à lundi et les images de sièges de voitures maculées de sang qui avaient circulé sur les réseaux sociaux.

L’incertitude demeure encore sur la démission de Roch Marc Christian Kaboré. La lettre manuscrite qui porte sa signature et qui a été diffusée sur la page Facebook de la Radiotélévision burkinabè n’a pas encore été authentifiée.

Rassemblement à Ouagadougou

Dans le même temps, à Ouagadougou est organisée une manifestation de soutien aux putschistes. Le rendez-vous est donné sur la place de la Nation dans le centre de la capitale où la foule continue d’arriver. Elle a répondu à l’appel du mouvement Sauvons le Burkina Faso. Pour les organisateurs de ce rassemblement, il s’agit de montrer à la communauté internationale que « nous nous assumons en tant que peuple souverain et libre ».

« Nous sommes venus apporter notre soutien à l’armée, confie un homme, la soixantaine. Depuis sept ans, nous avons eu affaire à un régime incompétent, inactif et corrompu. L’armée a pris ses responsabilités. Nous devons la soutenir pour changer le Burkina Faso. »

Il faut soutenir les militaires, ils ont bien fait. Le pays était pourri.

Paroles de Ouagalais rassemblés dans le centre-ville au lendemain du coup d’État

Peter Dogbe


• Déception au MPP, le parti présidentiel

Si le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), le parti de l’ex-président, avait, un peu plus tôt, lundi, évoqué une « tentative avortée d’assassinat du président Roch Marc Christian Kaboré » et déploré des destructions de biens publics, le coup d’État est un coup de massue. Il n’y a pas de réaction officielle, pour le moment, de la part du parti, mais un cadre, du MPP, Lassina Ouattara, dit sa déception.

C’est quand même un coup de massue pour le militant que je suis et pour notre parti, pour les démocrates que nous sommes, c’est un coup de massue. On vient quand même de perdre le pouvoir, ce n’est pas tout sourire, ce n’est pas de toute gaieté. C’est un coup d’arrêt aux institutions démocratiques de la République que nous constatons comme tout le monde. Donc, c’est quelque chose qui est douloureux. Dire aussi que nous ne l’avons pas vu venir, c’est faire quand même preuve de myopie politique, parce que quand même, il y avait des signes annonciateurs, il y avait vraiment du remous dans la société suite à tout ce que le Burkina connaît depuis la survenue du terrorisme dans notre pays. En tout cas, on a toujours frôlé vraiment des mouvements populaires.

Lassina Ouattara, cadre du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), le parti de l’ex-président

Bineta Diagne

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