Vingt et une personnes, parmi lesquels 19 enfants âgés d’à peine 10 ans et deux enseignants ont été tués lors d’une fusillade dans une école du Texas mardi 24 mai. Le président américain Joe Biden a appelé à « affronter le lobby des armes ».

La liste des écoles endeuillées par les armes à feu aux États-Unis s’allonge. Un adolescent de 18 ans a ouvert le feu mardi 24 mai dans une école primaire au Texas, tuant 19 jeunes élèves et au moins deux enseignants, un drame qui a replongé l’Amérique dans un cauchemar chronique, Joe Biden exhortant à un sursaut pour réguler les armes à feu.

« Il est temps de transformer la douleur en action », a insisté le président américain, visiblement ému, dans une allocution solennelle à la Maison-Blanche. « Quand, pour l’amour de Dieu, allons-nous affronter le lobby des armes ? », a lancé Joe Biden, se disant « écœuré et fatigué » face à la litanie des fusillades en milieu scolaire. « Perdre un enfant, c’est comme si l’on vous arrachait une partie de votre âme », a-t-il déclaré avec émotion le président américain, lui-même père deux fois endeuillé.

Une des pires attaques depuis plusieurs années

Le tireur a tué ses victimes « d’une façon atroce et insensée » dans la ville d’Uvalde, a déclaré le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott. Identifié comme Salvador Ramos, il est lui aussi décédé dans cette tuerie qui a touché la commune située à environ 130 kilomètres à l’ouest de San Antonio.

Salvador Ramos, de nationalité américaine, aurait d’abord visé sa grand-mère, dont l’état de santé restait à préciser, avant de se rendre à l’école en voiture pour y perpétrer son massacre. Les mobiles de cette attaque, l’une des pires dans une école depuis des années, étaient pour l’instant inconnus.

Drapeaux en berne

Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montraient des enfants évacués en urgence, se donnant la main ou courant par petits groupes vers des bus scolaires jaunes, devant cet établissement aux bâtiments bas et plats, typiques du sud des États-Unis.

« Trop, c’est trop », s’est emportée de son côté la vice-présidente Kamala Harris, appelant à « agir » sur le sujet des violences par armes à feu, un fléau national. « Nos cœurs continuent d’être brisés », a-t-elle déclaré. « Nous devons trouver le courage d’agir », a-t-elle ajouté à l’adresse du Congrès.

« Le mot tragédie ne suffit pas à décrire ce qui s’est passé, a réagi l’archevêque de San Antonio Mgr Gustavo Garcia-Siller. (…) Ces fusillades de masse sont une question de vie des plus urgentes sur laquelle tous les membres de la société doivent agir – les dirigeants élus comme les citoyens. »

Un phénomène endémique

Cette attaque a replongé le pays dans les affres des fusillades en milieu scolaire, qui se répètent fréquemment avec des images choquantes d’élèves traumatisés, obligés de se confiner dans leur classe avant d’être évacués par les forces de l’ordre et de parents paniqués cherchant désespérément à avoir des nouvelles de leurs enfants.

Le drame rappelle celui de l’école primaire de Sandy Hook, dans le Connecticut, où un déséquilibré âgé de 20 ans avait tué 26 personnes, dont vingt enfants âgés de 6 et 7 ans, avant de se suicider. « Cela n’arrive que dans ce pays, et nulle part ailleurs. Dans aucun autre pays, les enfants vont à l’école en pensant qu’ils pourraient se faire tirer dessus », a déploré le sénateur démocrate de cet État du nord-est, Chris Murphy.

L’Amérique avait aussi été particulièrement marquée par une fusillade dans un lycée de Parkland, en Floride, qui avait fait 17 morts, dont une majorité d’adolescents, en 2018.

Cette nouvelle tuerie, d’autant plus choquante que les victimes sont des enfants, relance ainsi les critiques sur la prolifération des armes à feu aux États-Unis. Un débat qui tourne pratiquement à vide étant donné l’absence d’espoir d’une adoption par le Congrès d’une loi nationale ambitieuse sur la question.

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