Le dernier bulletin du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) publié ce mardi comptabilise 4,5 millions de personnes ne pouvant pas se nourrir sans aide, 1,7 millions de Tigréens ayant quitté leur maison depuis le début de la guerre et 62 000 ayant fui leur pays vers le Soudan.

La photographie de la situation humanitaire, arrêtée au 31 mars, montre un territoire toujours meurtri par la violence et la peur. Certes, dit l’Ocha, l’accès des humanitaires s’est amélioré. Mais les habitants des campagnes et des villes de l’ouest, ainsi que de Shiraro, Zena, Endabaguna, au nord-ouest, manquent de tout : électricité, soins, eau, sanitaires, éducation. Enfin, « le conflit entrave l’accès à la protection sociale publique d’institutions telles que le système judiciaire et les services de police », ajoute l’Ocha.

Les accrochages continuent dans les montagnes entre l’armée fédérale, l’armée érythréenne et les milices supplétives contre la rébellion tigréenne, et cela un peu partout dans le Nord-Ouest, le centre, l’Est, le Sud-Est et le Sud, ajoute l’agence onusienne. En revanche, il y a moins de combats près des frontières érythréennes. Néanmoins, les communautés « continuent d’y signaler des raids porte-à-porte, des violences sexuelles et exactions contre les civils », dit-elle.

L’Ocha confirme enfin la destruction des camps de réfugiés érythréens de Hitsats et Shimelba et la disparition de plusieurs milliers de ses habitants. Et dans l’Ouest, malgré l’absence de combats, l’ONU signale des déplacements forcés de Tigréens et le « refus d’assistance » aux Tigréens « par les autorités locales et groupes armés ».

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