Gabon : Ali Bongo a quitté le pays, le Général Clotaire Oligui Nguema aux commandes à Libreville

Gabon : Ali Bongo a quitté le pays, le Général Clotaire Oligui Nguema aux commandes à Libreville

Le commandant de la Garde républicaine a pris le contrôle du pouvoir quelques heures après l’annonce de l’annonce de la mise sur pied d’un Comité pour la transition et la restauration des institutions.

Depuis dimanche, 27 août 2023, au lendemain des élections générales qui ont donné vainqueur Ali Bongo Ondimba à plus de 64%, selon le Centre gabonais des élections, contre 30% pour son challenger le Pr Albert Ondo Ossa, le président Ali Bongo a quitté le Gabon. Selon un de nos correspondants à Libreville, le désormais ex-chef de l’État s’est rendu à Londres au lendemain du triple scrutin présidentiel, législatif et municipal.

Ce qui s’apparente à un exil fait suite à l’ultimatum donné par le candidat unique de l’opposition à la présidentielle. Le Pr Albert Ondo Ossa, après avoir indiqué le jour de l’élection être au courant des fraudes massives auxquelles se préparaient le parti au pouvoir à Libreville, avait donné quelques heures à Ali Bongo pour négocier son départ du pouvoir. « Si Ali Bongo croit qu’il a l’armée avec lui, il se trompe; la seule négociation qui vaille c’est qu’il quitte le pouvoir. Parce que 50 ans de Bongo, c’est trop », avait lancé le candidat qui se donnait vainqueur avec plus de 71% des voix le lendemain de l’élection.

Depuis lors, c’est le général Clotaire Oligui Nguema, commandant de la Garde républicaine qui a pris le pouvoir à Libreville. Fait significatif, pendant la lecture du message des militaires à la télévision, un homme en civil était à leurs côtés. Ce dernier c’est l’aide de camp du chef de l’État déchu.

En attendant la déclaration du candidat de l’opposition sur le renversement du régime, pour l’heure, le nouvel homme fort le général Brice Clotaire Oligui Nguema trône à la tête du pays.

Installé à la tête de la Garde Républicaine du Gabon – la puissante garde prétorienne du régime – en avril 2020, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema fait partie des personnalités les plus influentes du Gabon.

Actuel commandant en chef depuis trois ans de la Garde Républicaine, ce militaire a su s’imposer comme la clé de voûte de l’appareil sécuritaire du régime et plus encore.

Fils d’un Officier Général gabonais, Brice Clothaire Oligui Nguema choisit lui aussi le métier des armes très tôt en intégrant l’actuelle Garde Républicaine du Gabon. Formé à l’académie royale militaire de Meknès au Maroc et ayant suivi le stage commando du Centre d’entraînement commando en forêt équatoriale du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema est vite remarqué par la hiérarchie militaire de la garde prétorienne et devient l’un des aides de camp d’Omar Bongo et le restera jusqu’à sa disparition en juin 2009.

À l’arrivée d’Ali Bongo au pouvoir, Brice Clothaire Oligui Nguema est envoyé en diplomatie pendant une dizaine d’années. Ainsi, il est attaché militaire à l’ambassade du Gabon au Maroc puis au Sénégal et selon certaines sources, il le vit comme un exil.

Un an après l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) d’Ali Bongo survenu à Ryad en Arabie Saoudite en octobre 2018, le colonel Brice Clotaire Oligui Nguema est rappelé au Gabon où il remplace un autre colonel – Frédéric Bongo – à la tête du service de renseignement de la Garde Républicaine : la Direction Générale des Services Spéciaux (DGSS).

Six mois après, Brice Clothaire Oligui Nguema est encore promu, mais cette fois-ci à la tête de la Garde Républicaine où il remplace le général Grégoire Kouna. À la tête de la « G.R. », il impulse des réformes en vue de la rendre plus efficace dans sa mission fondamentale : le maintien du régime.

Pour cela, il renforce le dispositif de protection d’Ali Bongo, mais sa réforme la plus marquante est sans doute le développement de la Section des Interventions Spéciales (S.I.S – une unité spéciale placée sous l’autorité directe d’Ali Bongo, ndlr.) qu’il fait passer d’une trentaine à plus de 300 éléments (avec près de 100 tireurs de précision !), qu’il dote d’équipements de pointe et dont il compose même le chant ! Un chant qui dit entre autres : « Je défendrais mon président avec honneur et fidélité », tout un programme !

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