Candidat à la présidence depuis les années 90, et donc depuis le président Omar Bongo Ondimba, Pierre Claver Maganga Moussavou n’a jamais vaincu le signe indien du zéro pour cent. De nouveau partant pour le scrutin majeur de 2023, le bouvier de Moutassou est déjà déclaré perdant par l’opinion publique. Une véritable tragédie.
Toute la vie politique de Pierre Claver Maganga Moussavou est jalonnée de chantage, d’enfumage et de marchandage. Son écurie politique, le Parti social démocrate (PSD), une grosse escroquerie politique, a toujours été de toutes les éditions présidentielles. Chantre d’une certaine « provincialisation », ce concept mort-né qui n’a jamais séduit personne, l’ancien édile de la commune de Mouila n’a pas conquis les Gabonais.
À la question de savoir les raisons d’un tel entêtement, cette obstination à toujours vouloir prendre part à la présidentielle, certains analystes avisés du microcosme politique gabonais ont leur petite idée. « Pierre Claver Maganga Moussavou est l’illustration parfaite du gameur. C’est d’ailleurs à raison qu’un journaliste l’a traité de chef de gang. C’est dire que l’homme a développé au cours du temps cette dépendance à la politique politicienne« , fait observer un député, qui a requis l’anonymat.
Ainsi, le fonds électoral et les alliances politiques occultes seraient le principal leitmotiv du bouvier de Moutassou. Une assertion qui se justifie par le fait que ce dernier et son épouse, Albertine Maganga Moussavou, sont les seuls à être de tous les grands rendez-vous de positionnement stratégique, où la présence d’un membre de son parti est souvent sollicitée. D’ailleurs, le cas du renouvellement du bureau du Centre Gabonais des Élections (CGE) est assez explicite.
QUAND MOUSSAVOU DÉCROCHERA-T-IL ?
« L’ancien vice-président de la République est un homme entêté. Zacharie Myboto, Paul Mba Abessolo et bien d’autres ont décroché depuis belle lurette. Mais c’est parce qu’il a toujours tiré avantage des élections passées, dont les négociations d’arrière-boutique pouvant conduire à des positions sociales inespérées, qu’il s’obstine sur cette voie« , déclare un ancien membre du gouvernement, avant de renchérir : « Pierre Claver Maganga Moussavou n’a jamais œuvré pour faire de sa formation politique un réel outil de proposition pour le bien de la République. Mais il s’est cependant battu pour les postes des siens, c’est à dire son fils, Biendi Maganga Moussavou, et son épouse, Albertine Maganga Moussavou. Aucun autre membre de son parti n’a réellement tiré avantage et ça c’est un fait ».
Tout le parcours de l’ancien maire de Mouila est parsemé de revirement, souvent au gré des intérêts. Son double langage est assurément ce qui a le plus indisposé les gabonais, qui n’ont d’ailleurs jamais cru en la sincérité de son engagement politique.
MAGANGA MOUSSAVOU : UN HOMME JALOUX ET VITUPÉRANT
Dire de Pierre Claver Maganga Moussavou qu’il est un homme jaloux et vitupérant est loin d’être anecdotique. Preuve en est de sa dernière sortie, peu après la nomination d’Alain Claude Bilie By Nze à la prestigieuse fonction de premier ministre. Profondément vociférateur, l’ancien vice-président de la République ne s’était pas gêné de déclarer devant les médias que le choix d’Ali Bongo Ondimba était un choix de pure complaisance.
Pour lui, l’actuel chef du gouvernement serait un homme sans aucuns diplômes, qui n’aurait pas achevé son cycle universitaire, et que le président de la République aurait dû choisir un docteur…comme lui. Un propos qui n’avait pas manqué de provoquer la colère des populations, excédées par son manque de tact et son arrogance impénitente.
« Il y a des comportements que l’on doit s’interdire en politique. Manifestement, ces propos de Moussavou sont un outrage à la personne du premier ministre. Le sait-il ? Oui, mais il le fait exprès et c’est bien dommage pour un homme politique dont on attend une certaine consistance« , assure un sénateur, agacé par les frasques du sulfureux politicien.
« En trente ans de politique, Pierre Claver Maganga Moussavou n’a aucune représentativité. Ni au Sénat et encore moins à l’Assemblée nationale. Le PSD est un parti vide, et même certaines écuries nées au cours de ces dernières années ont réussi l’exploit d’avoir des élus. Le cas de « Les Démocrates« , poursuit-il.
« J’AI PORTÉ LES VALISES DU PÈRE, JE NE PORTERAI PAS CELLES DU FILS »
Cet aveu de Pierre Claver Maganga Moussavou est sans aucun doute l’un des propos qui ont situé les Gabonais sur le chantage et la corruption, deux aspects troubles qui ont sous-tendu toute la carrière du Bouvier de Moutassou.
Un phrasé nauséeux, qui précise bien que l’ancien maire de Mouila a toujours été un homme corrompu, et qu’il a bien porté les valises de l’un comme de l’autre. Faut-il chercher plus loin? Absolument pas. Si en politique la transparence est le meilleur des alliés, il faut avouer que l’exemplarité quant à elle aura toujours à coup sûr une résonnance certaine.
Pour la présidentielle à venir, les populations ont vite fait de comprendre que Moussavou n’a d’objectifs que la satisfaction de ses intérêts propres, sinon rien de plus.■
Pierre BOSK.
