Selon le Programme alimentaire mondial, en près de deux ans, le nombre de personnes en situation de détresse alimentaire a presque doublé dans la Corne de l’Afrique. Cette pénurie s’explique par la sécheresse qui touche la pointe est du continent africain depuis plusieurs mois.
Dans cette région où la population vit majoritairement de l’élevage et de l’agriculture, près de six millions de personnes se trouvent aujourd’hui en situation d’insécurité alimentaire aiguë en Somalie. C’est le double en Ethiopie tandis que plus de quatre millions de Kényans sont dans la même urgence, toujours selon l’Onu.
« En raison de la sécheresse, mon enfant n’a pas reçu de soins médicaux appropriés. Nous étions trop occupés à faire face à la sécheresse, à sauver le bétail et à penser à la survie de la famille. Tous ces problèmes ont détérioré l’état de santé de mon enfant », se lamente Dhool Ali Duale, une Somalienne, témoigne de la gravité de la situation.
« Lorsque la mère est dénutrie, elle peut avoir un enfant souffrant aussi de malnutrition. Lorsqu’elle est enceinte, elle peut souffrir de malnutrition, elle peut donner naissance à un enfant souffrant de malnutrition. Ses seins n’ont pas assez de lait. Quand il y a une sécheresse, la diarrhée peut survenir et après la diarrhée, ce sera le tour de la malnutrition », ajoute Abdulahi Muhammud, le directeur médical de l’hôpital de Gode, dans le sud-est de l’Ethiopie.
Des mesures urgentes
Pour l’instant, les seuils nécessaires pour déclarer une famine n’ont pas été officiellement atteints, notamment grâce à une mobilisation financière survenue à la fin de l’année dernière.
Mais sans une amplification de la réponse humanitaire, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, Ocha, a prévenu que, je cite : « une famine devrait se produire entre avril et juin 2023 dans le sud de la Somalie parmi les populations agropastorales des districts de Baidoa et Burhakaba, et parmi les populations déplacées dans la ville de Baidoa et à Mogadiscio ».