Cet avis est partagé par Christian Kabamba, acteur politique de l’opposition congolaise, qui estime que le Rwanda, qui nie toujours son soutien au M23, poursuit son ingérence dans la politique congolaise. Pour lui, « la politique de la RDC ne concerne pas monsieur Kagame. De près ou de loin, le Rwanda est impliqué dans le massacre qui se déroule à Rutshuru. Pour ma part, je vois cette dénonciation de monsieur Kagame comme une peur. La peur a ainsi changé de camp. »
Le M23 poursuit ses conquêtes
Cette nouvelle accusation du Rwanda pourrait aggraver les tensions entre les deux pays voisins. Mais selon l’analyste politique congolais Evariste Iragi, la réticence du M23 à respecter les résolutions de Luanda serait la principale cause de ces tiraillements politiques.
« Le M23, au lieu de cesser d’occuper de nouvelles entités, continue de conquérir d’autres cités, fonçant vers le territoire de Masisi. On apprend du jour au lendemain que des villes sont en train de tomber, ce qui n’est pas de nature à faire que les conventions conclues entre les Etats soient respectées, que ce soit dans le cadre de l’Union africaine par l’entremise du président angolais João Lourenço ou bien du facilitateur, l’ancien président du Kenya Uhuru Kenyatta », précise l’analyste politique.
Ces accusations interviennent alors que des affrontements continuent à être signalés dans la chefferie de Bwito, en territoire de Rutshuru, entre les forces armées congolaises et les rebelles du M23.